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Il faut démanteler la DPJ, croit l’ex-juge Andrée Ruffo

Andrée Ruffo
Photo d'archives Agence QMI L'ex-juge à la retraite Andrée Ruffo

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L’ex-juge Andrée Ruffo estime que le temps est venu de démanteler la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).  

«Bien sûr qu’il faut démanteler la DPJ. Pour moi, il n’y a aucun doute», a-t-elle confié jeudi en entrevue à QUB radio.   

Maintenant à la retraite, Mme Ruffo réagissait à un jugement du Tribunal de la jeunesse qui a dévoilé mardi les sévices subis par le frère de la fillette martyre de Granby. Elle est d’avis qu’il en revient à la famille élargie et à la communauté de prendre la responsabilité de l’enfant, non pas à la DPJ.  

«La responsabilité des enfants, ça appartient aux parents», a-t-elle fait savoir en entrevue avec l’animateur Richard Martineau dans l'émission «Politiquement incorrect».  

«Ce n’est pas à l’État de s’occuper des enfants en premier lieu, a-t-elle ajouté. Premièrement les parents, deuxièmement la communauté, et ensuite (l’État) ultimement, mais ça, ce sera 10 %, ce ne sera pas des centaines de milliers d’enfants.»  

Est-ce qu’il est temps de lancer une commission d’enquête sur la DPJ? «C’est plus que temps», a indiqué Mme Ruffo. Si, à son avis, la commission Laurent a ses mérites, il faut d’ailleurs faire attention au choix des personnes qui y témoignent, puisque trop d’entre elles sont en fonction à la DPJ.  

Andrée Ruffo croit qu’«il est grand temps qu’on se penche sur la situation des enfants au Québec, c’est-à-dire qu’on nomme un commissaire aux droits des enfants» et qu’on doit aussi donner l’aide nécessaire aux parents.  

Une trop grande confidentialité  

«J’aimerais bien qu’on repense la fameuse confidentialité, la confidentialité qui protège la DPJ. [...] Pourquoi c’est si sacré? Parce qu’on protège la DPJ», a également souligné Andrée Ruffo.  

L’ex-juge s’est dite extrêmement inquiète du manque de transparence de la DPJ, même envers les familles d’accueil qui reçoivent les enfants sans connaître les difficultés qu’ils ont traversées.  

«Prenez l’exemple dans une famille d’accueil où on a deux grands garçons de 12-13 ans qui ont été abusés et qui sont des abuseurs, a-t-elle souligné. La travailleuse sociale place deux enfants de 8-9 ans dans cette famille-là, eh bien une demi-heure après ces enfants-là sont abusés par les grands garçons, mais personne n’a dit que ces enfants-là, les plus grands, avaient été des abuseurs.»  

La formation, un problème  

Toujours en entretien à QUB radio, Andrée Ruffo a pointé du doigt les problèmes reliés à la formation des intervenants sociaux.  

«Aujourd’hui, vous voulez travailler comme un intervenant à la DPJ, vous êtes diplômé de l’université, on vous défend d’utiliser votre titre pour ne pas mettre de l’ombrage sur ceux qui n’ont pas de formation», a-t-elle dit.  

Selon elle, l’écart de scolarité peut s’avérer très marqué dans certains centres d’accueil où, sous condition de poursuivre leurs études, certains intervenants sociaux n’ont jamais fini leur secondaire.  

- Avec la collaboration de Myriam Lefebvre

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