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LA SÉGRÉGATION ALIMENTAIRE

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Dans l’Histoire, l’humanité s’est divisée notamment pour des questions de religion, de couleur de peau, de sexe, d’argent et de langue. Là, c’est rendu qu’on se divise pour des enjeux de régimes alimentaires.  

Dans le temps des Fêtes, avez-vous réussi à manger un repas en groupe, en famille ou entre amis? Pas un «potluck» où chacun amène un plat à partager. Non! Tous assis à la même table à manger le même repas?   

Dans ma vie, c’est devenu difficile, voire impossible avec certains.   

J’ai autour de moi des carnivores purs qui apprécient essentiellement la viande. Si c’est de la viande de bois, c’est encore mieux. Il y a aussi des végétariens, des végétaliens, des sans gluten, car «mieux pour la santé». D’autres ne mangent que la nourriture apprêtée selon leurs convictions religieuses.   

Je mets dans une classe à part tous ceux et toutes celles qui suivent des régimes alimentaires pour des raisons de santé.   

Recevoir: plus stressant que jamais  

Si recevoir un groupe a toujours été un peu stressant, cuisiner un repas qui fera l’affaire de tous est devenu, pour moi, un questionnement insoluble. C’est la quadrature du cercle!   

Et je ne semble pas être la seule.   

Une amie me confiait qu’à Noël, la chicane s’est sournoisement invitée à la table, car un membre de la famille s’est refusé à manger le repas du réveillon, en partie composé de viande. L’invité s’est présenté à la fête avec son petit repas végé sous le bras.   

Mon régime alimentaire, mon identité  

Plus que jamais, les régimes alimentaires font partie intégrante de l’identité de certains. Ils sont un vecteur de valeurs.   

Pour un pourcentage de la population de plus en plus important, s’asseoir à la même table que le groupe et partager le repas qui a été préparé sans tenir compte que leur régime alimentaire, c’est s’attaquer à l’ensemble de leur identité. Rien de moins.   

Je sais bien que, depuis toujours, des religions ont des préceptes alimentaires précis. À l’heure actuelle, toutefois, on a l’impression que c’est la bouffe elle-même qui est devenue une nouvelle religion. On vit à une ère de ségrégation et d’individualisme alimentaire.   

Je comprends et je respecte tous les régimes alimentaires. Toutefois, je trouve cela dommage que la nourriture qui, autrefois, nous rassemblait divise désormais autant.   

Pour ma part, je n’aime pas la viande, mais quand on m’en prépare, je la mange, car la valeur qui prime pour moi est le respect des gens qui m’invitent à leur table, l’appréciation des efforts qu’ils ont mis pour me recevoir et le sentiment de réellement partager un repas, un moment ensemble.