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Le Canada poids plume

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Photo d'archives, AFP Pena Nieto accompagné de Donald Trump ainsi que de Justin Trudeau.

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Leçon des récentes années, qui se confirme en ce début 2020 : le Canada ne pèse pas lourd dans le monde. Il fut une époque où les Canadiens s’enorgueillissaient de vivre dans un pays à l’influence planétaire considérable, malgré sa petite population. Ce n’est plus le cas... et la chose n’ira pas en s’améliorant. 

La crise avec l’Iran nous l’a encore durement rappelé en ce début d’année. Les autorités canadiennes lèvent le ton face à ce pays qui a commis un acte abject, tuant 176 civils, dont 57 Canadiens. On n’a pas senti l’Iran trembler. Hier, le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne s’associait avec ses homologues de cinq autres pays. Une bonne façon de donner du poids à la voix canadienne. 

Canada piégé 

Cela n’est pas sans nous rappeler à quel point nous nous sommes sentis tout petits l’an dernier lorsque les doigts du Canada se sont retrouvés coincés dans la penture de porte entre la Chine et les États-Unis. L’arrestation de Meng Wanzhou a mis le Canada dans l’eau chaude. Nous avons même compris à un certain point que les dirigeants de la Chine, vexés, ne prenaient plus les appels téléphoniques... de notre premier ministre ! 

Hier, le Congrès américain a adopté le texte de l’ACEUM. Soupir de soulagement au Canada. Pourtant, cet accord est moins avantageux que l’ALENA qui l’a précédé. Le Canada s’est fait secouer comme un prunier par son gros voisin. À la fin, on a donné du crédit à madame Freeland et monsieur Trudeau pour avoir sauvé les meubles. Le Canada n’a pas gagné. Il a juste évité l’humiliation totale. 

ÉCOUTEZ le commentaire de Mario Dumont, sur QUB radio:

Sur notre continent 

Puisqu’on parle d’Amérique du Nord, examinons l’évolution de la situation. Lorsque l’ALENA fut négocié, au début des années 1990, la situation était celle-ci : deux économies fortes, les États-Unis et le Canada, étendaient une zone de libre-échange existante à un pays émergeant bien plus pauvre, le Mexique. 

Déjà aujourd’hui, le Mexique est devenu un joueur nettement plus sérieux. Le Mexique représente la 15e économie mondiale derrière le Canada, qui se situe au 10e rang. En pareille matière, il faut regarder vers l’avenir : dans dix ans, le Mexique aura dépassé le Canada. En 2030, le Mexique sera devenu la 9e économie mondiale, selon les pronostics, alors que le Canada aura glissé au 18e rang.  

Un peu plus de futurologie ? Les modèles prédisent qu’en 2050, le Mexique sera devenu la 7e économie du monde, alors que le Canada se retrouvera... au 22e rang. L’économie mexicaine représentera alors plus du double de celle du Canada. En résumé, le jour n’est pas si loin où ce nouvel accord commercial, l’ACEUM, sera un accord entre deux puissances, les États-Unis et le Mexique, qui laissent une place à un plus petit pays, le Canada. 

En début de mandat, le Canada a rêvé que la personnalité flamboyante et l’image séduisante de Justin Trudeau viennent rétablir l’influence canadienne. C’était une illusion.