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Ex-policier destitué pour avoir volé un iPhone à un étudiant

Amir El Alfy
Photo Le journal de Montréal, Chantal Poirier Amir El Alfy

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Pour une rare fois, le Comité de déontologie policière a ordonné vendredi la destitution d’un policier qui avait volé un iPhone à un étudiant lors d’une manifestation en 2012.

« Le comportement adopté par l’ex-agent à l’occasion de l’intervention policière démontre clairement qu’il n’avait aucun respect pour ces citoyens et qu’il les méprisait », peut-on lire dans la décision rendue publique vendredi.

Amir El Alfy, qui a été un employé de la police de Montréal de 2002 à 2014, peut désormais oublier toute chance de réintégrer les forces de l’ordre, en raison du crime qu’il a commis au printemps 2012, alors que les manifestations étudiantes contre la hausse des frais de scolarité battaient leur plein.

« Pauvre idiot »

Alors qu’il était en service, le policier avait volé un iPhone 4S à un étudiant qu’il avait plus tard qualifié de « pauvre idiot de manifestant ».

« On a bûché, j’ai jamais fessé aussi fort sur du monde, et c’est là que j’ai vu le iPhone, avait dit El Alfy à un ami, peu après. Ça me paye la moitié d’un voyage dans le sud, ce téléphone-là. »

Sauf que son crime n’est pas passé inaperçu puisqu’à son insu, El Alfy faisait l’objet d’une enquête pour une autre affaire et qu’il était sans le savoir sous écoute électronique.

Le Comité a qualifié les propos entendus lors de l’audience de « peu édifiants et choquants, tout particulièrement de la part d’un agent de la paix ». 

Cialis et Viagra

El Alfy avait plaidé coupable de vol en 2016, ainsi que d’importation illégale de Cialis et de Viagra trouvés dans son domicile, mais il s’en était sorti avec une absolution conditionnelle moyennant un don de 1500 $, lui évitant ainsi un casier judiciaire. 

Les quelque 250 comprimés de drogue étaient pour son usage personnel, avait-il été révélé à la cour.

Et même s’il avait quitté le corps policier pour devenir vendeur de voitures, il espérait un jour pouvoir réintégrer les forces de l’ordre.

Le comité de déontologie policière a toutefois sonné le glas de ce mince espoir, vendredi.

« Le vol est un crime mettant en cause la moralité, la crédibilité, l’intégrité et l’honnêteté de l’ex-agent, ont conclu les commissaires. Un citoyen informé des faits de l’affaire ne pourrait pas lui faire confiance. »

Notons que la destitution d’un policier au terme d’une audience en déontologie est très rare. Il s’agit d’ailleurs de la mesure la plus sévère, la plus légère étant l’avertissement, suivi de la réprimande, du blâme, de la suspension et de la rétrogradation.