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Le pianiste à la note parfaite

Marjorie Lajoie et Zachary Lagha créent déjà un effet

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Photo USA TODAY Sports Marjorie Lajoie et Zachary Lagha occupent le deuxième rang en danse à l’issue du programme court de vendredi aux championnats canadiens, à Mississauga.

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MISSISSAUGA | On les voyait tellement arriver qu’ils sont déjà là. Marjorie Lajoie et Zachary Lagha ont démontré vendredi pourquoi ils pourraient devenir les prochains enfants chéris du patinage artistique au Québec.

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À peine promu de la catégorie junior, le duo de la Rive-Sud de Montréal a pris une option sur le podium à l’épreuve en danse des championnats canadiens, à l’issue du programme rythmique, en vertu d’un pointage de 77,26 qui lui a valu le deuxième rang. Les Ontariens Piper Gilles et Paul Poirier ont justifié leur statut de favoris avec la meilleure note (88,86), alors que les Québécois Carolane Soucisse et Shane Firus arrivent troisièmes (75,83).

La prestation des jeunes Lajoie et Lagha, devant quelque 2000 spectateurs au Paramount Fine Foods Centre de Mississauga, leur permet de rêver à se produire, cette fois, dans un Centre Bell empli jusqu’au bouchon lors des championnats du monde, en mars prochain.

« Il ne faut vraiment pas y penser, sinon on va se mettre à capoter ! » a réagi spontanément à cette possibilité la patineuse de Boucherville.

Encore d’âge junior 

Les résultats à ces nationaux ne fixeront pas l’identité des trois paires en danse que le Canada assignera aux mondiaux, mais ce que les deux recrues de l’équipe sénior ont livré vendredi atteste qu’ils représentent l’avenir du pays dans leur discipline. Encore d’âge junior, le couple aurait pu continuer à causer des ravages dans cette catégorie, cette saison, mais après avoir remporté le titre mondial en 2019 et trois championnats canadiens de suite, le temps était venu pour eux d’entrer dans la cour des grands.

« C’était la meilleure manière de partir. Évidemment, on n’est pas parti de peur de ne pas gagner l’année suivante. Le junior, c’est un peu comme un piège. Quand tu y restes trop longtemps, tu t’éloignes de la philosophie du patinage », explique sagement Lagha, né de parents algériens et qui habite à Saint-Hubert.

Un pianiste et une comédienne 

Déjà, du moins, ces deux complices se distinguent autant pour leur potentiel sur la glace que par leur personnalité. Zachary, virtuose en piano classique avec une préférence pour les compositeurs russes, et Marjorie, qui suit une formation pour devenir comédienne, apportent du jamais-vu dans l’industrie du patin.

« On a une façon de patiner et quelque chose qu’on dégage qui est unique à nous. On est très différents l’un de l’autre et on se complète bien en même temps. On veut créer notre propre style pour que le monde le remarque et qu’on ne devienne pas des patineurs habituels », donne-t-elle à entendre.

Un faux-pas de Lagha dans leur routine de vendredi a laissé un goût amer à son auteur. On sent qu’il prône la précision, le jeune homme, ce à quoi le conditionne sa formation musicale.

« Ça aiguise l’oreille », dit-il pour expliquer les bienfaits de son art sur son sport. « Je suis plus attentif aux notes de la musique pendant que je patine. Je m’intéresse aussi à l’histoire de la musique et ça aide à comprendre sa richesse dans nos programmes. »

Le pianiste et sa partenaire tenteront d’obtenir la note parfaite au programme long d’aujourd’hui.

Alicia Pineault en tête

Première suite au programme court de vendredi, Alicia Pineault pourrait devenir la première Québécoise depuis 2012 à remporter le titre national chez les femmes.
Photo USA TODAY Sports
Première suite au programme court de vendredi, Alicia Pineault pourrait devenir la première Québécoise depuis 2012 à remporter le titre national chez les femmes.

MISSISSAUGA | Jusque dans sa réaction à l’annonce de son pointage, Alicia Pineault a éclipsé la concurrence, vendredi, et elle devient la première aspirante au titre de championne canadienne.

La patineuse de Varennes a obtenu 63,15 points durant le programme court pour s’adjuger une belle avance sur les Ontariennes Madeline Schizas (60,66) et Gabrielle Daleman (59,51). Véronik Mallet (57,94) occupe le cinquième rang.

Une autre performance de Pineault dans les mêmes registres de l’excellence, lors du programme long de samedi après-midi, et elle deviendra la première championne canadienne issue du Québec depuis la Montréalaise Amélie Lacoste en 2012. Elle a fixé la barre haut, malgré que ça ne semble pas l’embêter.

« Il faut s’adapter parce qu’il va y avoir peut-être plus de pression, mais en fonction des objectifs que je me fixe dans la vie, la pression vient avec. Il faut que j’apprenne à la gérer. Comme mon entraîneur me le dit : on se place avec un bon programme court, mais on gagne avec un programme long. Là, je suis contente, je suis bien partie pour le long. Ça me donne juste un petit bonheur de plus pour demain (samedi) », a commenté l’athlète de 20 ans.

Bilodeau en bonne position 

Plus tard en soirée, Charlie Bilodeau et Lubov Ilyushechkina ont laissé une bonne impression en prenant le deuxième rang du programme court en couple, eux qui forment un duo depuis seulement neuf mois.

Leur marque de 71,23, la meilleure pour cet exercice depuis le début de leur saison, les dépose tout juste derrière les favoris du concours, Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro (73,73), mais devant les Ontariens Evelyn Walsh et Trent Michaud (70,34).

« Les dernières semaines à l’entraînement ont été difficiles. Après les Grands Prix, on a essayé de retravailler sur des détails pour avoir une meilleure finition, mais on s’est perdu dans ce travail. Donc, quelques semaines avant de venir ici, il a fallu tout remettre bien en place », a exprimé Bilodeau, qui a qualifié de scénario idéal le résultat d’hier pour cette première expérience aux nationaux avec sa nouvelle partenaire.

« C’est une compétition toujours plus stressante que les autres et, en plus, on n’était pas comme on le voulait. Avoir réussi à performer comme on vient de le faire malgré tout ça, c’est au-delà de notre objectif. »

Un « ami pour la vie » de Duvernay-Tardif

Laurent Duvernay-Tardif soigne ses fréquentations, même celles qui se créent en dehors des terrains de la NFL. Une amitié est née entre lui et Charlie Bilodeau depuis leur rencontre aux Jeux olympiques de Pyeongchang, où le garde partant des Chiefs de Kansas City a œuvré pour Radio-Canada. C’est même par son entremise que le patineur québécois a ensuite rencontré Charlotte Boudreau-Drouin, qu’il a épousée l’été dernier. Depuis les JO, Bilodeau et le médecin de la ligne offensive échangent régulièrement des messages. Dans un livre destiné à la jeunesse racontant son parcours, qui est paru l’automne dernier, Bilodeau se plaît à souligner les propos de son ami quand il aborde son expérience aux Jeux olympiques : « Charlie Bilodeau et Mikaël Kingsbury sont rendus mes amis pour la vie ». On devine son choix pour la finale de conférence de dimanche entre les Titans et les Chiefs...

Priorité aux JO

C’est avec des béquilles à ses côtés que Nikolaj Sorensen a assisté à l’épreuve de danse de vendredi, en compagnie de sa partenaire Laurence Fournier-Beaudry. Le couple aurait normalement dû chauffer Piper Gilles et Paul Poirier pour le titre canadien, mais une opération visant à réparer le ménisque du genou droit de Sorensen, le 16 décembre, lui impose une rééducation de six à huit semaines.

Cette blessure jette un doute sur leur participation aux Championnats du monde à Montréal, à la mi-mars. Ils seront donc privés d’une chance de mériter leur place en terminant parmi les trois premiers à ces championnats canadiens. Leur présence au Centre Bell dépend de la clémence de Patinage Canada, qui tiendra compte de leurs résultats des deux dernières saisons pour prendre sa décision. Ils ont notamment terminé troisièmes aux Grands Prix des États-Unis et de Chine, plus tôt cette saison.

« C’est sûr qu’on aimerait participer aux mondiaux à Montréal, mais pas à n’importe quel prix », affirme Sorensen, qui dit ne pas vouloir précipiter son retour.

« On ne voudrait pas arriver durant l’année olympique et avoir gâché les moyens pris pour bien soigner son genou », renchérit sa complice. 

Vive la reine !

Le Paramount Fine Foods Centre, où se déroulent ces championnats canadiens, comprend quatre patinoires, dont la principale a une capacité de 5000 spectateurs. Elle sert de domicile aux Steelheads de Mississauga, de la Ligue de hockey junior de l’Ontario, ainsi qu’aux Raptors 905, club-école des champions en titre de la NBA.

Inauguré en 1998, le complexe occupe la Place Rose Cherry, créée en mémoire de l’ex-propriétaire de l’équipe junior précédente et également — oui ! oui ! – ex-épouse de l’unique Don Cherry.

L’attachement à la monarchie ne se limite pas qu’au folklore, ici. Entre les drapeaux canadien et américain, une photo géante de la reine Elizabeth II veille sur nous...