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«Leur approche n’est pas la bonne»

La réglementation sur le vapotage qualifiée d’excessive

Vapotage
Photo Jean-Francois Desgagnés Notre journaliste a réussi à acheter une bouteille de e-liquide de vapotage d’un revendeur qui lui a donné rendez-vous dans le stationnement d’un centre commercial.

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La réglementation actuelle sur les produits du vapotage, autant au fédéral qu’au provincial, est qualifiée d’excessive et nuit à l’objectif de la santé publique, qui est de cesser de fumer, estiment des joueurs de l’industrie.

C’est ce qu’avance Éric Gagnon, directeur principal des affaires corporatives et réglementaires pour Imperial Tobacco Canada, qui a commercialisé la Vype ePod.

Bannir les saveurs ou encore contrôler les taux de nicotine permis par la loi sont des contraintes qui risquent bien, à long terme, de mousser le marché noir ou de nuire à l’objectif des fumeurs qui souhaitent cesser définitivement de fumer.  

« Les saveurs sont populaires chez les fumeurs qui souhaitent arrêter. Si on les bannit, ces gens-là risquent d’échouer », fait valoir M. Gagnon.

Marché noir

La ministre québécoise de la Santé, Danielle McCann, a récemment indiqué vouloir s’attaquer au taux de nicotine permis dans les e-liquides et limiter les saveurs, un autre faux pas, estime M. Gagnon.

« Le fumeur qui souhaite arrêter, s’il ne trouve pas son taux, [il] retournera aux cigarettes », poursuit-il.

Par ailleurs, si le fumeur ne retourne pas aux cigarettes, il pourrait bien se tourner vers le marché noir, ce qui est aussi dommageable, sinon plus, croit M. Gagnon.

Récemment, Le Journal révélait que l’achat des produits de vapotage sur le marché noir est un jeu d’enfant. Ce type de vente est proscrit par la loi québécoise sur la lutte contre le tabac. De plus, à la grandeur du pays, plusieurs centaines de boutiques de Vape autorisées ont été jugées non conformes, entre juillet et octobre dernier, selon l’évaluation d’inspecteurs de Santé Canada.

M. Gagnon déplore que les gouvernements souhaitent encadrer davantage l’industrie, alors que plusieurs mesures déjà en place ne sont pas respectées.

Un nouveau joueur

Par ailleurs, la compagnie américaine Airgraft, qui propose des produits de vapotage dits plus sécuritaires – tous les e-liquides sont fabriqués à partir d’huile de plantes – devrait faire son entrée en sol canadien vers la fin de l’année 2020.

Le président et directeur général de l’entreprise, Mladen Barbaric, indique lui aussi composer difficilement avec la réglementation canadienne et avec celles des provinces, et estime que la législation actuelle peut nuire à la mission première de l’industrie du vapotage.

« Leur approche n’est pas la bonne », laisse-t-il tomber, évoquant notamment l’interdiction des saveurs, qui peut décourager un consommateur et le pousser à recommencer à fumer.