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Jean Charest demande à l’UPAC d’arrêter son enquête

L’avocat de l’ancien premier ministre dénonce un lynchage médiatique

Jean Charest participe au sommet de l'aérospatiale canadienne au
Photo Agence QMI, Marc Desrosiers Jean Charest, ciblé par une enquête de l’UPAC depuis 2014, réfléchit actuellement à la possibilité d’être candidat à la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

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L’Unité permanente anticorruption (UPAC) doit mettre un terme à son enquête Mâchurer qui cible Jean Charest, a réclamé hier l’avocat de l’ex-premier ministre.  

Michel Massicotte a lancé cet appel au terme d’une semaine fertile en actualité concernant cette enquête sur le financement du Parti libéral du Québec et l’octroi de contrats publics.  

Dans une entrevue à Radio-Canada, M. Massicotte a soutenu que le travail dans Mâchurer n’a pas encore permis « de trouver quoi que ce soit » à reprocher à son client.  

Plaidant que les policiers n’ont toujours pas rencontré son client, même s’il s’est montré ouvert à cela, M. Massicotte s’est adressé publiquement à l’UPAC.  

« Cessez cette enquête. Nous avons coopéré, arrêtez de dire qu’on se cache », a-t-il dit à la télévision.  

Selon l’avocat, les fuites, dans les médias, d’éléments sur l’enquête témoignent d’une certaine frustration au sein de la police.  

« Devant l’évidence qu’on ne peut pas l’accuser parce qu’il n’y a pas de preuve, on a un lynchage médiatique (trial by media) », a-t-il soutenu.  

En début de semaine, notre Bureau d’enquête a rapporté que M. Charest était toujours parmi les cibles de l’enquête Mâchurer.  

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ALLÉGATIONS PUBLIÉES  

Jeudi, la Cour suprême a rejeté une demande d’appel de l’ex-collecteur de fonds Marc Bibeau, visé également par l’enquête. M. Bibeau souhaitait empêcher la publication de documents contenant des allégations de trafic d’influence à son sujet.  

Ces développements se sont enchaînés alors que M. Charest réfléchit toujours à la possibilité d’être candidat à la direction du Parti conservateur. En mandatant son avocat pour aller le défendre sur la place publique, hier, M. Charest a réagi d’une manière sans précédent, depuis le début de Mâchurer, il y a six ans.  

M. Massicotte a souligné que son client a eu une connaissance limitée des pratiques de financement de M. Bibeau. « Pour cautionner une pratique, encore faut-il être au courant de ladite pratique », a-t-il dit.  

M. Massicotte a soutenu que son client a accepté deux fois, à la fin de 2013 puis en février 2014, de rencontrer les policiers, en vain. L’avocat n’a pas précisé s’il avait prévu de l’accompagner.  

Au moment de son arrestation, en 2016, l’ex-ministre Nathalie Normandeau s’était plainte que l’UPAC ne l’ait pas rencontrée, même si elle en avait fait la demande. L’enquêteur de l’UPAC qui l’interrogeait lui avait expliqué qu’elle avait demandé à être accompagnée de son avocat, ce qui rendait la rencontre impossible.  

PAS DE COMMENTAIRE  

L’UPAC n’a pas commenté la sortie médiatique de M. Massicotte. « Tant que l’enquête ne sera pas terminée, on ne pourra pas commenter », a déclaré la porte-parole--- Lissia De Bellefeuille. Québec solidaire a jugé « insultante » la demande de l’avocat de M. Charest.
« Ça prend vraiment du front tout le tour de la tête pour demander la fin d’une enquête dont on est soi-même un des suspects », a dit le député Gabriel Nadeau-Dubois.  

Le leader parlementaire du Parti québécois, Martin Ouellet, croit que « l’UPAC n’a pas à abandonner son enquête parce que le principal suspect voudrait devenir premier ministre du Canada ».  

Michel Massicotte a refusé de répondre à nos questions hier.   

- Avec la collaboration de Marc-André Gagnon et Émilie Bergeron, Bureau parlementaire