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Oh, Henry!

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Photo d'archives, AFP

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KANSAS CITY  |  Les Chiefs tentent de poursuivre leur route vers la prochaine et dernière station, le Super Bowl. Devant eux, toutefois, fonce à vive allure un train que personne n’est parvenu à freiner depuis des semaines. La locomotive des Titans, le porteur Derrick Henry, pourrait tout faire dérailler.

Henry n’a rien du porteur de ballon classique. À 6 pi 3 po et 247 lb, il impose le respect et se trouve actuellement dans une séquence dominante comme il s’en est rarement vu dans l’histoire de la NFL. À ses huit derniers matchs, il a galopé sauvagement pour une récolte de 1273 verges.

Dans les présentes séries, Henry a gagné une moyenne formidable de 188,5 verges au sol par match. Il est devenu samedi dernier le premier porteur dans l’histoire des séries à récolter plus de 175 verges par la course dans deux parties de suite.

Il y a deux semaines, face aux Patriots, il est aussi devenu le seul porteur qui a franchi les 200 verges de gains de la ligne de mêlée contre une défensive de Bill Belichick en séries. 

Bref, depuis deux mois, Henry a le ballon tout le temps. Tout le monde sait qu’il aura le ballon. Et personne ne peut l’arrêter.

« Même quand ils tirent de l’arrière, ils continuent de lui donner le ballon. Sa confiance ne cesse de grandir parce qu’il sait que son équipe croit en lui. C’est la formule qui fonctionne bien pour eux. Quelqu’un devra ralentir le numéro 22 si on veut aller à Miami », a résumé le maraudeur des Chiefs, Tyrann Mathieu, en faisant allusion au Super Bowl 54.

Tuer le moteur

La semaine dernière, le vétéran des Ravens Earl Thomas avait laissé entendre que son équipe avait la mentalité parfaite pour attaquer Henry. Résultat, le gros porteur les a enterrés sous sa récolte de 195 verges.

Cette fois, c’est le secondeur des Chiefs Anthony Hitchens qui a tenté de lancer une piste de solution.

« Il faut l’éliminer en le plaquant dans les jambes, pour tuer le moteur. Nous en avons parlé toute la semaine. C’est la seule façon de l’abattre. Si tu le plaques trop haut, il va te transporter sur cinq verges. On doit le frapper bas, de manière légale, mais attaquer ses jambes », s’est-il exprimé au sujet du porteur qui revendique pas moins de 71 % des gains offensifs des Titans en séries.

Il reste que les Chiefs, peu importe où et comment ils ont tenté de plaquer Henry, ont jusqu’ici échoué. En deux matchs en carrière face à Kansas City, le monstre a couru pour 243 verges et, surtout, pour une moyenne ahurissante de 7,7 verges par portée. Il devient plus difficile à freiner plus le match progresse, lui qui a gagné 58,6 % de ses verges en deuxième demie, quand les défensives s’épuisent de ses violentes charges.

« On sait tous qu’il aura le ballon 30 à 35 fois dimanche. Maintenant, il faut le stopper. Il faut se dire qu’il est un gros bonhomme comme les autres. J’ai hâte de le plaquer. Mais il ne faut pas oublier qu’ils vont se servir du fait qu’il gagne autant de verges pour faire des feintes [play action] afin d’ouvrir le jeu aérien. Et je veux des sacs du quart aussi ! », a lancé l’ailier défensif Frank Clark, le sourire aux lèvres.

Ligne offensive solide

La domination de Henry ne tient de toute évidence pas qu’à lui seul. Le fait de courir derrière les Taylor Lewan, Rodger Saffold et Jack Conklin procure au demi de 26 ans un avantage appréciable.

« On parle beaucoup de Henry, mais leur ligne offensive gagne ses batailles. Si on ne les place pas en situation de troisièmes essais et plusieurs verges à franchir, on ne réussira pas à redonner le ballon à Pat [Mahomes] et à coach Reid. Il faut qu’ils aient le ballon souvent pour qu’on gagne ce match », a affirmé le coordonnateur défensif Steve Spagnuolo.

Pour les amateurs de statistiques, le record pour les gains au sol en une année en séries est de 610, établi par John Riggins, avec les Redskins en 1982. Actuellement, Henry compte 377 verges dans les présentes séries.

Domination rare

Voici les porteurs qui ont connu les meilleures séquences de huit matchs dans l’histoire de la NFL.

  • Adrian Peterson  (Vikings, 2012) 1322 verges
  • Derrick Henry (Titans, 2019) 1273 verges
  • Eric Dickerson (Rams, 1984) 1249 verges
  • Earl Campbell (Oilers, 1980) 1245 verges
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