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Que fait-on avec Kovalchuk?

Le Russe est l’un des meilleurs appâts de Bergevin pour une éventuelle transaction

Flames c. Canadiens
Photo Martin Chevalier Ilya Kovalchuk compte sept points en autant de matchs depuis son arrivée avec le Canadien.

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Sachant de quelle façon l’association entre Ilya Kovalchuk et les Kings de Los Angeles s’était terminée et s’attendant à recevoir une pluie de critiques pour son embauche, Marc Bergevin s’était présenté sur la pointe des pieds pour expliquer la mise sous contrat du Russe. Deux semaines plus tard, force est d’admettre que Kovalchuk surprend.

Personne n’aurait osé prédire que l’attaquant allait récolter sept points à ses sept premiers matchs avec le CH et qu’à 36 ans, il allait être capable de fouler la glace pendant pratiquement 20 minutes par rencontre. 

En raison de son plaidoyer du 3 janvier, on peut affirmer que même le directeur général ne s’attendait pas à une contribution semblable. Au cours de ce point de presse, il avait insisté sur le fait que Kovalchuk se voulait une solution à court terme en attendant les retours des Jonathan Drouin, Paul Byron, Brendan Gallagher et Joel Armia. 

La situation demeure nébuleuse dans le cas de Gallagher. Toutefois, Armia est déjà revenu au jeu et on attend Drouin et Byron pour le retour du week-end des étoiles. Bref, à moins d’avis contraire, on devrait les revoir le 27 janvier, lors de la visite des Capitals de Washington.

À vendre

Ce qui amène à la question suivante : que fait-on de Kovalchuk ? Achetez quand la valeur est basse et vendez quand elle est haute, soutiennent à tout coup les
investisseurs en bourse.

En suivant ce principe, Kovalchuk pourrait être, avec Tomas Tatar, les deux actifs les plus intéressants du directeur général du Canadien. Avec son contrat de 700 000 $, dont les grenailles de la portion restante peuvent s’insérer facilement sous le plafond salarial de n’importe quelle équipe, Kovalchuk devient un joueur de location des plus intéressants.

Une menace en supériorité numérique, un ascendant positif sur tous les joueurs et une motivation renouvelée qui lui procure intensité et détermination, ce n’est pas à dédaigner pour une formation qui se trouve tout près de résoudre l’énigme qui lui ouvrira le coffre de la coupe Stanley.

D’ailleurs, ses coéquipiers ne cessent de le couvrir d’éloges depuis son arrivée. Ç’a été une fois de plus le cas à Philadelphie, au terme de la victoire au cours de laquelle il a marqué deux fois.

« Il a plus de 800 points (866 en 904 matchs) dans la LNH. Je ne peux pas être surpris de le voir marquer et produire à un bon rythme. Il se sent bien au sein du Canadien, il est heureux. Ce n’est pas un accident s’il obtient autant de points. Il travaille fort et il mérite ses chances », avait alors déclaré Tomas Tatar.

Quelques comparatifs

Que pourrait valoir un joueur de 36 ans qui deviendra joueur autonome à la fin de la présente saison, sur qui une équipe a déjà jeté l’éponge en cours de saison ? Un choix de deuxième ou de troisième tour ?

Un survol de l’histoire récente nous amène à l’an dernier. Embauché au cours de l’été précédent par les Devils du New Jersey, Brian Boyle fut échangé aux Predators de Nashville à la date limite des transactions. En retour de l’attaquant alors âgé de 34 ans, les Devils ont obtenu un choix de deuxième tour.

Or, on parle ici d’un centre de quatrième trio, assurément utile dans certaines sphères du jeu, mais certainement pas aussi menaçant que Kovalchuk.

En 2017, les Red Wings avaient envoyé Thomas Vanek, alors âgé de 33 ans, aux Panthers de la Floride en retour d’un choix de troisième tour et de Dylan McIlrath, un arrière de 24 ans. Vanek avait signé une entente d’un an au mois de juillet précédent, après que le Wild eut racheté la dernière année de son contrat.

La même année, Jarome Iginla, 39 ans, était passé de l’Avalanche du Colorado aux Kings de Los Angeles contre un choix conditionnel de quatrième tour. Dans ce cas, la condition était qu’Iginla signe un nouveau contrat avec les Kings. Ça ne s’est finalement pas produit.

Aveuglé par l’espoir

Cela dit, on ignore si Bergevin et Kovalchuk ont passé un accord tacite promettant à ce dernier qu’il allait terminer la saison à Montréal.

De plus, le problème, c’est la situation du Canadien. Le fait que l’équipe n’ait participé qu’à une seule ronde éliminatoire à ses quatre dernières années rend aveugle la direction de l’équipe dans l’actuelle course au tournoi printanier.

Le Tricolore accuse sept points de retard sur le dernier rang y donnant accès. Ce n’est pas beaucoup, diront plusieurs. En apparence, c’est vrai. Par contre, quatre équipes séparent la troupe de Claude Julien du huitième rang dans l’Est. Et avec 49 matchs au compteur, les Montréalais ont disputé un, deux, voire trois, matchs de plus que tous leurs rivaux.

En plus, le Canadien peine à gagner des matchs à domicile. Ce qui est mortel dans une pareille course.

Malgré tout, connaissant les deux hommes, Bergevin et Julien risquent d’y croire, ou à tout le moins d’espérer, jusqu’à la toute fin. Si tel est le cas, ils risquent de se retrouver
Gros-Jean comme devant au matin du 5 avril avec un joueur qui célébrera ses 37 ans 10 jours plus tard.

À moins qu’on lui offre une autre année de contrat. Mais si on n’a pas voulu le faire pour Andrei Markov...