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Une juge s’inquiète d’un meurtrier

Il a utilisé un cellulaire pour développer une relation avec une femme vulnérable depuis sa cellule, en prison

MAX AUBIN MYLÈNE LALIBERTÉ
Photo tirée de Facebook Des photos récentes de Max Aubin ont été publiées sur son profil Facebook depuis qu’il est incarcéré pour le meurtre de Mylène Laliberté, dont celle-ci qui semble avoir été prise entre les murs d’une cellule du centre de détention où il est emprisonné en attendant sa sentence, qui devrait être connue ce printemps.

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JOLIETTE  |  Une juge a été troublée d’apprendre dans les médias qu’un meurtrier détenu pour avoir tué sa conjointe utilisait un cellulaire pour entretenir une relation avec une jeune femme vulnérable depuis la prison. Une révélation dont elle tiendra compte lors de la sentence.

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« Je suis là aussi pour la protection du public. Je l’ai entendu [le reportage de TVA Nouvelles] et je vous demande de me présenter une preuve. Je trouve ça troublant, inquiétant et... je m’arrête là », a laissé tomber la juge de la Cour supérieure Hélène Di Salvo, hier, au palais de justice de Joliette.

La magistrate devait entendre les arguments des avocats afin de déterminer le nombre d’années que Max Aubin devra passer derrière les barreaux avant d’être admissible à une libération conditionnelle.

Le dossier a été reporté au printemps, vu la demande soudaine de la juge, qui nécessitera une enquête des autorités. 

L’homme de 24 ans a plaidé coupable à un chef réduit de meurtre non prémédité avant les Fêtes, ce qui entraîne automatiquement une peine de détention à vie.

62 coups de couteau

Le 13 janvier 2017, Aubin a poignardé sa conjointe Mylène Laliberté à 62 reprises avec deux couteaux, dans sa résidence de Saint-Lin-Laurentides, dans Lanaudière.

Il était sous l’influence d’une drogue.

Aubin n’acceptait pas les fréquentes pauses dans sa relation, requises par la victime de 24 ans qui ne tolérait pas sa consommation de cocaïne.

Le soir du drame, Mme Laliberté a refusé de lui ouvrir la porte, vu son état d’intoxication, mais Aubin l’a défoncée pour commettre l’irréparable.

Le tueur a ensuite tenté de se suicider.

Dans les derniers jours, TVA Nouvelles a révélé que le jeune homme, incarcéré depuis son arrestation il y a trois ans, possédait un cellulaire en détention.

Or, non seulement est-il interdit d’avoir un téléphone mobile en prison, mais c’est l’utilisation qu’en ferait Aubin qui a fait sursauter la magistrate, hier.

Pas pour Candy Crush

« Pour moi, ça va au-delà de la simple possession. Je comprends que le cellulaire servait à autre chose qu’à jouer à Candy Crush ou à regarder les nouvelles », a illustré la juge Di Salvo.

C’est que le tueur se servirait notamment de l’appareil depuis des mois pour entretenir une relation amoureuse avec une femme de 23 ans atteinte d’une déficience intellectuelle.

Mercredi, TVA Nouvelles a fait une entrevue avec cette dernière, dans laquelle elle évoquait son désir d’avoir un enfant avec Max Aubin, dont elle est amoureuse.

Pendant l’enregistrement du reportage, le téléphone de la jeune femme a sonné et un homme, qui est identifié comme le meurtrier, a laissé un message vocal.

« Réponds, tabarnac »

« Vous avez un appel à frais virés de... Bé, là, sérieux, réponds, tabarnac, là ! Tu gosses ! » entend-on.

« C’est plus que pertinent, considérant les circonstances dans lesquelles le crime a été commis. La confiance du public en la justice commande que les événements soient présentés à la cour à ce stade de la sentence », a insisté la juge Di Salvo, hier.

La magistrate a aussi demandé la confection d’un rapport présentenciel. 

« Les éléments nouveaux sont assez troublants pour que le tribunal ressente le besoin d’en savoir plus. Je ne peux surtout pas faire semblant que ça n’existe pas », a-t-elle conclu.

Ce qu’ils ont dit

« Quand on prend une substance pour se donner la force de faire un geste aussi écœurant, ce n’est pas une excuse, mais bien un facteur aggravant. Il est temps que la violence conjugale cesse ! » –Marc-André Pouliot, un ami de la victime

« Chaque jour, quand je pense à ma fille, c’est de la tristesse que je ressens. Mylène était devenue une belle femme, en dehors comme en dedans. » –Colette Corbin, mère de la victime

« Ma sœur va rester dans mes pensées chaque jour de ma vie, mais c’est aujourd’hui que je me détache de ce processus de justice pour un meurtrier. Le karma va faire son œuvre un jour. » –Vicky Laliberté, sœur de la victime