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Aux portes de Montréal

Marjorie Lajoie et Zachary Lagha sauvent la journée du Québec et se rapprochent des championnats du monde

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Photo USA TODAY Sports Marjorie Lajoie et Zachary Lagha ont augmenté leurs chances de participer aux championnats mondiaux à Montréal en terminant deuxièmes à l’épreuve en danse des championnats canadiens, samedi.

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MISSISSAUGA | Au lendemain d’une série de déceptions autour d’eux, il reste Marjorie Lajoie et Zachary Lagha pour permettre aux organisateurs des championnats du monde de patinage artistique à Montréal de rêver à des patineurs québécois. 

Avec la promesse de leurs 20 ans, les champions du monde juniors de 2019 ont ratifié leur passage à la catégorie supérieure en remportant la médaille d’argent de l’épreuve de danse des championnats canadiens, qui se sont terminés samedi à Mississauga. Les deux recrues de l’équipe canadienne n’ont pas poussé l’audace de jouer dans les mêmes plates-bandes que le duo de Piper Gilles et Paul Poirier, impériaux avec un nouveau record national de 225,62 points, mais leur marque de 198,92, à l’issue de leur programme libre sans fautes de samedi, devrait joyeusement mêler les décisions de Patinage Canada. 

La sélection des trois couples que le pays enverra aux mondiaux dans cette épreuve devrait se faire avec le podium de samedi, complété par les Québécois Carolane Soucisse et Shane Firus (190,29 points), auquel il faut ajouter le duo de Laurence Fournier-Beaudry et Nikolaj Sorensen, mis entre parenthèses à la suite d’une opération à un genou subie par le patineur à la mi-décembre. 

« Bien sûr qu’ils ont leur place aux mondiaux ! » a tranché sans équivoque Patrice Lauzon, l’un des entraîneurs des jeunes Lajoie et Lagha après leur prestation. 

Entre joie et réserve  

Le numéro suivant qu’ils nous ont servi dans l’aire des médias a été plus amusant lorsque Marjorie Lajoie, à la question de savoir s’ils mériteraient de participer au prestigieux événement au Centre Bell, a répondu illico. 

« Ben oui ! » a échappé spontanément l’athlète de Boucherville. 

« Non, non, non », l’a vite corrigée son partenaire en lui interdisant de manifester autant d’assurance. 

« Beaucoup de monde mérite d’y aller parce que beaucoup de monde s’entraîne fort. On a terminé deuxième et maintenant, ce sera à la fédération de décider qui mérite le plus d’y aller. Mais tout ce qu’on peut dire, c’est que, oui, on aimerait y aller », a enchaîné le patineur de Saint-Hubert. 

Bilodeau, « contre-performance »  

Leur succès commun est ressorti de performances moins heureuses de patineurs québécois. Il y a eu Alicia Pineault, qui a terminé quatrième de son épreuve individuelle, même si elle avait enlevé le programme court de vendredi. 

En soirée, il y a aussi eu Charlie Bilodeau et sa partenaire Lubov Ilyushechkina, qui a chuté deux fois dans leur programme libre en couple. Deuxième au programme court la veille, le duo a dû se résigner au troisième rang (186,71 points) derrière les Ontariens Kirsten Moore-Towers et Michael Marinaro, champions avec 215,67, et Evelyn Walsh et Trent Michaud (196,29). 

Sachant que seulement deux paires participeront aux mondiaux dans cette épreuve, cette déveine est mal passée. 

« On ne peut pas cacher notre déception, a avoué Bilodeau. Les championnats canadiens représentaient une étape importante pour nous. C’est quelque chose qu’on peut appeler comme une contre-performance, mais entre-temps, il faut espérer que les décisions en prévision des mondiaux et des championnats des quatre continents seront prises avec une vue globale de notre saison. » 

 

Le Québec manque d’amphithéâtres 

Charlie Bilodeau et sa partenaire Lubov Ilyushechkina ont dû se contenter du 3e rang samedi soir lors du programme libre en couple.
Photo USA TODAY Sports
Charlie Bilodeau et sa partenaire Lubov Ilyushechkina ont dû se contenter du 3e rang samedi soir lors du programme libre en couple.

Le Québec est devenu une planète inaccessible pour y présenter les championnats canadiens de patinage artistique. 

Il faut remonter aussi loin qu’en 1989 à Chicoutimi pour trouver la dernière année durant laquelle la province a tenu cet événement. Durant les trois décennies suivantes, ces championnats ont été présentés à notre gauche et à notre droite sur la carte du pays, dont cinq fois à Ottawa et souvent à Vancouver, Saskatoon, London, Halifax et Moncton. 

Québec et Montréal  

Ce n’est pas un manque de volonté des dirigeants québécois de ce sport qui explique ce long carême, semble-t-il. Il faut plutôt y voir un nombre insuffisant d’amphithéâtres d’une capacité d’au moins 6000 spectateurs, selon Patinage Québec (PQ). 

« Il n’y a pas beaucoup de villes qui se qualifient, d’autant plus qu’il faut qu’elles disposent d’un nombre important d’hôtels disponibles et d’un aéroport dans un rayon acceptable. Il reste donc Québec et Montréal », résume la directrice de cette fédération provinciale, Any-Claude Dion, présente aux championnats à Mississauga. 

Seule option : la Place Bell  

Dans le cadre de sa stratégie de grands événements lancée en 2014, la fédération a réussi à frapper de grands coups, à commencer par l’obtention des championnats mondiaux à Montréal en mars prochain ainsi qu’une épreuve du Grand Prix à Laval en 2018 et les championnats nationaux de patinage synchronisé au Pavillon de la Jeunesse de Québec en 2015. 

Pour les nationaux comme ceux qui se sont terminés samedi à Mississauga, par contre, une tentative n’est pas écartée d’ici 2026. Mais les options se limitent à la Place Bell de Laval, jusqu’à nouvel ordre. 

« Je ne dis pas que c’est impossible de les tenir dans une ville à l’extérieur des grands centres, mais ça deviendrait plus difficile pour une réussite financière en s’assurant de vendre un nombre important de billets », explique la DG.  

Et le Centre Bell ou le Centre Vidéotron, alors ? 

« Quand on tient ce type d’événements dans un aréna trop grand, c’est plus difficile de créer une ambiance », tranche-t-elle. 

Emily Bausback : une héritière de Joannie Rochette 

La magie de Joannie Rochette opère encore. La nouvelle championne canadienne Emily Bausback avait 7 ans lorsqu’elle a vu à la télé pour la première fois la patineuse québécoise. C’était aux Jeux olympiques de Vancouver – dans sa propre ville – et elle dit être tombée à ce moment sous le charme de celle qui a remporté la médaille de bronze dans des circonstances hautement émotives après le décès de sa mère. 

« Elle a toujours été ma préférée. J’aimais la façon dont elle attaquait ses sauts », a exprimé la jeune fille, encore d’âge junior. 

Couple Soucisse-Firus : une troisième placeen danse 

Une chute de Shane Firus durant le premier tiers de leur numéro dans le programme libre de samedi, a contraint le duo qu’il forme avec Carolane Soucisse à se contenter du troisième rang de l’épreuve de danse. 

Ce résultat ne garantit pas, toutefois, que ce couple sera l’un des trois choisis par Patinage Canada pour participer aux championnats du monde de Montréal dans cette épreuve. Il reste à la fédération nationale d’évaluer la remise en forme de Nikolaj Sorensen, partenaire de Laurence Fournier-Beaudry, qui se remet d’une opération à un genou subie en décembre. 

Terminer troisième n’aide peut-être pas leur cause, par contre, reconnaît Carolane Soucisse, qui n’a pas caché l’attrait que suscitent les mondiaux dans sa ville. « C’est certain que ça nous jouait dans la tête. On voulait la deuxième place et elle était au bout de nos doigts. C’est un peu décevant, mais on a fait des erreurs et on accepte notre troisième place. Qui sait, on ne sait jamais ce qui peut arriver. On va aller aux quatre continents dans deux semaines, on a encore beaucoup de choses à prouver et on va laisser le temps faire les choses », a commenté la Québécoise. 

Alicia Pineault : déception pour la patineuse de Varennes 

L’expression de son visage que projetait l’écran géant, au terme de son programme libre, trahissait toute la déception d’Alicia Pineault. Le verdict est tombé quelques minutes plus tard : son pointage de 102,62, le cinquième parmi les 18 concurrentes du jour, est venu bousiller le premier rang qu’elle détenait après le programme court de vendredi. 

Peinée, elle ne s’est pas présentée dans l’aire des médias. 

Au cumulatif, la patineuse de Varennes termine au pied du podium derrière Emily Bausback, de la Colombie-Britannique, et les Ontariennes Alison Schumaker et Madeline Schizas. 

Véronik Mallet, originaire de Sept-Îles, a terminé 7e, suivie des Québécoises Kim Decelles (11e), Béatrice Lavoie-Léonard (13e), Viviane Fontaine-Maltais (15e) et Valérie Giroux (16e). 

 

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