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Jean Charest et Gérald Tremblay, même ignorance!

Jean Charest et Gérald Tremblay, même ignorance!
Le Journal de Québec

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L’ex-premier ministre du Québec n’a pas tardé à réagir par la voix de son avocat à la décision de la Cour suprême de ne pas entendre les objections de Marc Bibeau et à prendre ses distances d’un ami devenu trop encombrant. Comme l’ex-maire Tremblay, Jean Charest plaide l’ignorance de potentiels trafics d’influence dans le financement de son parti, mais il n’a sûrement pas perdu de vue que les révélations et le tapage médiatique sont venus à bout du naïf Gérald Tremblay.

Tout ce déploiement est précurseur d’une annonce de sa candidature pour la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PCC). Monsieur Charest, un fin renard, est conscient que les militants conservateurs, qui se prononceront sur le choix du prochain chef, auront en tête l’adage préconisant l’abstention en cas de doute. Je ne crois pas que l’ex-chef libéral estime avoir de chances véritables d’arriver premier dans cette course, mais tout ce battage lui permettra de clamer pendant des mois son apparente innocence et d’apparaître en victime.

Coupable ou non d’un délit, les années de l’ancien premier ministre du Québec à la tête du PLQ lui pèsent de plus en plus lourd avec ce refus de la Cour suprême d’entendre l’ex-grand argentier Marc Bibeau. Les informations disséminées sur les méthodes de financement du parti et sur l’enquête « Mâchurer » minent de façon foudroyante la confiance à son égard.

Le Parti conservateur du Canada, qui rêve d’accéder au pouvoir au prochain scrutin, ne sera probablement pas prêt à s’embarrasser d’un chef qui pourrait éventuellement être sous enquête criminelle et se voir poursuivi. Les renseignements diffusés sur l’enquête « Mâchurer », sur la nature des mandats de perquisition et sur les témoignages de quelques acteurs sollicités pour le financement du PLQ nourrissent des doutes sur sa probité qu’il lui sera difficile d’étouffer.

Éventualité peu probable, advenant que les militants conservateurs portent l’ex-premier ministre de la province à la tête de leur parti, ils prendront le risque de trainer une bombe qui pourrait leur exploser à la figure lors du prochain scrutin fédéral. Les adversaires multiplieront les attaques sur sa probité et les concitoyens du Rest of Canada (ROC) sont particulièrement scrupuleux quant à cet aspect. On se rappellera toutes les pérégrinations du premier ministre Trudeau dans le dossier SNC-Lavallin.

Une autre source de suspicion pourrait émerger relativement au salaire que lui versait le PLQ en marge de ses émoluments comme député provincial pour lui assurer le train de vie qu’il avait au fédéral. Les révélations sur le remboursement des frais de scolarité des enfants d’Andrew Scheer par le PCC ont accéléré son départ, car l’inclination à piger dans la caisse du parti pour satisfaire des intérêts personnels passe mal chez les militants.

Le prix de 300 000$ à payer pour se porter candidat à la direction du PCC se révèle plutôt faramineux pour ce qui s’avère un baroud d’honneur de Jean Charest. Toutefois, dans un monde politique qui se nourrit aux apparences, la facture salée ne sera jamais un frein au soin de l’image!