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La police enquêtait déjà sur le père accusé de meurtre

Le travailleur social qui aurait tué sa conjointe avait écrit des textos inappropriés à une ado

GEN - BENOIT CARDINAL ACCUSÉ
Photo Martin Alarie Benoit Cardinal, un père de six enfants, a été escorté par deux policiers à son arrivée au palais de justice de Joliette, hier.

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Accusé hier d'avoir tué sa conjointe et mère de ses six enfants, le présumé meurtrier de Mascouche était déjà visé par une enquête policière depuis qu’il avait été surpris le mois dernier à échanger des textos inappropriés avec une adolescente du centre jeunesse où il travaillait. 

Benoit Cardinal était travailleur social pour la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) depuis une dizaine d’années. Il avait eu des ennuis avec son employeur récemment, après que celui-ci eut découvert des conversations hors normes entre l’intervenant et une jeune du Centre jeunesse de Laval.  

Ce n’était d’ailleurs pas la première fois qu’il s’attirait les foudres de ses patrons. 

Démission 

À la fin décembre, Cardinal avait été suspendu à la suite de l’ouverture d’une enquête de la police de Laval.  

Le 10 janvier, lors d’une rencontre à ce sujet, le père de 33 ans a plutôt décidé de remettre sa démission à ses supérieurs.  

À la suite de cette décision, son employeur lui avait offert du soutien psychologique, a confirmé hier le Centre intégré de santé et de services sociaux.  

Selon nos informations, l’enquête sur ses agissements professionnels suit son cours et n’a débouché sur aucune accusation criminelle pour le moment.  

Contactée hier, la police de Laval n’a pas voulu commenter le dossier. 

Violente dispute 

Les enquêteurs de la Sûreté du Québec tentent de savoir si ces récentes allégations sont au cœur de la dispute qui aurait mené à la mort de Jaël Cantin, 33 ans.  

La mère de six enfants a été trouvée gravement blessée dans la résidence familiale du chemin des Anglais, jeudi matin vers 4 h. Elle a été conduite à l’hôpital, où elle a succombé à ses blessures.  

Les enfants du couple étaient dans la maison lors du drame et certains en ont même été partiellement témoins, ont indiqué nos sources. 

Cardinal, lui aussi blessé, aurait tenté de masquer son crime en tentant de faire croire aux enquêteurs qu’ils avaient été victimes d’une entrée par effraction qui aurait mal tourné. Il a finalement été arrêté jeudi en fin de soirée.  

L’intervenant jeunesse a été formellement accusé du meurtre non prémédité de sa conjointe de longue date hier midi au palais de justice de Joliette.  

Accompagné par trois agents correctionnels, le présumé meurtrier est arrivé en fauteuil roulant dans la salle de cour.  

Un interdit de contact avec ses six enfants et d’autres membres de sa famille a été prononcé.  

– Avec Claudia Berthiaume et Cédérick Caron 

♦ Une campagne de sociofinancement a été lancée hier midi sur le site Gofundme afin de recueillir des fonds pour soutenir les six enfants orphelins de Jaël Cantin. En soirée, 7500 $ avaient été amassés. 

Il avait connu des épisodes dépressifs 

Le père de famille qui aurait tué la mère de ses six enfants avait eu des épisodes dépressifs dans les dernières années. 

Benoit Cardinal avait dû prendre au moins deux congés de maladie au cours des dernières années en raison de problèmes de santé mentale, selon nos informations.  

Le dernier remonte à l’été, durant lequel la famille en avait profité pour faire un voyage à Walt Disney World, en Floride.  

Stress 

Selon des proches qui ont préféré ne pas dévoiler leur identité, l’homme de 33 ans disait être soumis à un niveau de stress intolérable dans le cadre de son travail d’intervenant au Centre jeunesse de Laval.  

Il souffrait également d’anxiété sévère. 

Qui plus est, les méthodes employées par Cardinal pour communiquer avec les adolescentes du centre déplaisaient grandement à son employeur.  

Langage de rue 

« Benoit avait un langage de rue, confie un grand ami de l’homme sous le couvert de l’anonymat. C’était sa façon à lui de développer une relation de confiance avec les jeunes et de les aider. Et il m’avait souvent confié que ses supérieurs le confrontaient par rapport à ses méthodes atypiques. » 

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE SOS VIOLENCE CONJUGALE   

www.sosviolenceconjugale.ca  

1 800 363-9010    

Centre d’aide aux victimes d’acte criminel   

www.cavac.qc.ca  

1 866 le CAVAC (532-2822)   

Ligne québécoise de prévention du suicide   

www.aqps.info  

1 866 APPELLE (277-3553)