/finance/news
Navigation

Plaidoyer pour une hausse des seuils d’immigration

Le développement d’une entreprise manufacturière freiné par les politiques

GEN - GEORGE AMBARTSOUMIAN
Photo Martin Alarie George Ambartsoumian, président fondateur de GA International, un fabricant d’étiquettes cryogéniques pour le milieu médical, dans son usine de Laval.

Coup d'oeil sur cet article

GA International, une entreprise de Laval, a mis sur la glace ses projets de recrutement à l’international. Après avoir recruté en France, l’entreprise s’apprêtait à mettre le cap sur le Brésil pour embaucher la main-d’œuvre spécialisée qu’elle ne trouve pas ici.

C’était avant que le gouvernement du Québec projette de modifier la liste des métiers associés au Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

« On a craint alors de perdre nos deux travailleurs français parce que le métier d’opérateur de presse flexographique n’était pas sur la liste des métiers », explique George Ambartsoumian, président fondateur de GA International. 

Même si le gouvernement revoit actuellement sa politique d’immigration, cela a entraîné un climat d’incertitude qui freine le dirigeant.

« Ce n’est jamais facile de changer de pays. Je ne vois pas comment je pourrais offrir un poste à une personne sans qu’elle ait de garantie pour obtenir son statut de résident permanent », ajoute M. Ambartsoumian.

Marché en plein essor

Faute de travailleurs qualifiés, le dirigeant doit ralentir la production ou renoncer à des projets de développement. Cela se produit alors que le marché de l’étiquetage spécialisé, en particulier celui des étiquettes cryogéniques, qui résistent à l’azote liquide, est en plein essor présentement, et ce, partout dans le monde.

GA International affiche une croissance annuelle de 40 % depuis deux ans. Pour pallier la rareté de personnel, elle a mis en place un programme de formation à l’interne, dont une partie des coûts est subventionnée par Emploi Québec.  

« Former un pressier, ça prend environ un an. Il faut donc bien prévoir nos besoins de recrutement. On a déjà formé quatre personnes et deux autres suivent actuellement le programme », explique le dirigeant.

Pas que des travailleurs d’usine

Ce dernier plaide fortement pour des actions concrètes du gouvernement afin de favoriser l’immigration. Il est d’ailleurs un des signataires de la lettre ouverte publiée par les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) en décembre dernier, qui demandaient de hausser « de toute urgence » les seuils d’immigration à 60 000 personnes par année et d’assouplir les exigences en matière d’apprentissage du français.

« Avec la main-d’œuvre nécessaire, on pourrait aller plus vite et plus loin », assure M. Ambartsoumian.

Il n’y a pas que pour la production que GA International connaît des difficultés de recrutement. Récemment, elle a mis beaucoup de temps pour pourvoir un poste au département de marketing, qui avait besoin d’un expert en référencement naturel (SEO). Elle a finalement réussi à trouver la perle rare, une personne originaire du Pakistan arrivée au Canada depuis peu. 

« Il faut vraiment en faire plus pour faciliter la venue de travailleurs immigrants afin de résoudre les problèmes engendrés par la pénurie de main-d’œuvre. Quand on embauche, c’est pour plusieurs années. On veut donc être sûr de pouvoir conserver notre monde. Pour les entreprises, la stabilité est essentielle », soutient M. Ambartsoumian.

Concours

Encourager les filles pour des postes de gars

La 24e édition du concours Chapeau, les filles ! vient d’être lancée. Cette initiative vise à encourager les filles qui optent pour un métier ou une profession à prédominance masculine à persévérer dans leurs études. 

Le concours s’adresse aux étudiantes inscrites à temps plein dans un programme de la formation professionnelle ou de la formation technique qui mène à un métier non traditionnel. Il comporte également un volet Excellence Science qui vise les étudiantes inscrites à temps plein dans un baccalauréat en sciences ou en technologies. Elles ont jusqu’au 6 mars 2020 pour déposer leur candidature. Le formulaire d’inscription est disponible sur le site du ministère de l’Éducation.

L’emploi atteint un sommet au Québec

L’emploi a progressé au Québec en 2019, alors que le taux de chômage a diminué pour atteindre 5,1 %, soit un nouveau creux historique depuis 1976. À ce chapitre, la province fait mieux que l’ensemble du Canada, à 5,7 %, et que l’Ontario (5,6 %).

Selon le plus récent Bulletin sur le marché du travail au Québec publié par Emploi Québec, il y a eu l’an dernier une création nette de 77 700 nouveaux emplois, en hausse de 1,8 %. Cette croissance concerne aussi bien l’emploi à temps plein (+1,4 %) que celui à temps partiel (+3,5 %).

Ainsi, la population active compte 4 571 700 personnes, un sommet historique. 

En décembre seulement, il y a eu création de 21 100 postes (+0,5 %). Les secteurs qui ont favorisé cette croissance sont les services d’hébergement et de restauration (+12 700), la fabrication (+7700), le secteur de la finance, assurances, services immobiliers et de location (+5000). Quelques secteurs ont enregistré une baisse de l’emploi, soit les services aux entreprises (-6100), l’enseignement (-5900), les administrations publiques (-2000) et la construction (-2000).

Chaque samedi, Le Journal traitera des enjeux touchant la pénurie de main-d’œuvre. Comment les entreprises s’ajustent à cette nouvelle réalité. Comment les travailleurs, jeunes, immigrés et plus âgés, s’y préparent. 

Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à yves.daoust@quebecormedia.com