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Se connecter à la vie plutôt qu’au WiFi

Ecolier
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Mère de quatre enfants, titulaire d’un doctorat en éducation et psychologie, Catherine L’Écuyer explique à quel point il est crucial de préserver l’émerveillement chez les enfants dans son best-seller traduit en huit langues, Cultiver l’émerveillement. Elle rappelle qu’il faut se méfier de l’hyperéducation et de la surstimulation et suggère de se brancher sur la vie plutôt que sur le WiFi.

Bien des parents souhaitent que leur enfant ait envie d’apprendre et persévère à l’école, qu’il soit aussi capable d’introspection, qu’il parvienne à se concentrer facilement et qu’il ne tienne jamais rien pour acquis.

Catherine L’Écuyer montre dans son livre que notre époque est remplie de pièges et que les enfants tombent très vite dedans : bruits incessants, écrans, rythme de vie effréné. En plus, ils doivent faire face à des attentes de plus en plus élevées, à des journées à rallonge et une scolarisation précoce.

<strong><em>Cultiver l’émerveillement</em></strong><br>Catherine L’Écuyer<br>Québec Amérique
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Cultiver l’émerveillement
Catherine L’Écuyer
Québec Amérique

L’émerveillement, qui représente le désir de connaître, explique-t-elle, est pourtant présent chez chaque enfant, dès la naissance. « Il s’agit de quelque chose d’inné chez les êtres humains. Comme l’intérêt d’apprendre s’appuie sur ce désir de connaître, protéger l’émerveillement de l’enfant est absolument nécessaire au processus d’apprentissage », commente-t-elle, dans une entrevue par courriel.

« Les enfants voient absolument tout ce qui les entoure comme un cadeau ou un miracle. Cette attitude fait en sorte qu’ils soient reconnaissants, ouverts à la réalité. Le contraire de l’émerveillement serait le cynisme, l’ingratitude, qui tient tout pour acquis. »

Les stimuli

L’émerveillement se perd, ajoute-t-elle, lorsque la vitesse, l’intensité et le bruit de stimuli externes entravent notre élan interne porteur du désir de connaître. « Ces stimuli deviennent en quelque sorte une agression à laquelle nous nous habituons sans nous en rendre compte. Nous en devenons même éventuellement dépendants. »

La solution ? « Réduire les bruits et la vitesse des stimuli (surtout technologiques, mais aussi dus à la surconsommation), à reconnecter avec la nature et la beauté du réel en prenant pleinement conscience des relations personnelles et des expériences sensorielles que nous offrent le quotidien. »

La connexion humaine

Peut-elle donner des trucs aux parents pour que leurs jeunes décrochent des téléphones intelligents, des tablettes et des ordinateurs ? « Je suis d’avis que les “trucs” ne fonctionnement pas, malheureusement ! », assure-t-elle.

Les jeunes et leurs parents ont besoin d’un changement radical d’attitude par rapport à la technologie. « Il ne s’agit pas de lutter contre son enfant, mais contre une industrie extrêmement puissante, aux ressources marketing illimitées, qui a réussi à captiver toute une génération avec ses dispositifs, plateformes et applications où la monnaie d’échange est principalement l’attention de nos enfants. »

Catherine L’Écuyer ajoute que les enfants disent qu’ils ont besoin de cela pour se faire des amis, mais les études prouvent le contraire. L’une d’elles, réalisée par YouGouv, montre que 22 % des « milléniaux » (nés entre 1981 et 2001) américains affirment n’avoir aucun ami, et 27 % reconnaissent ne pas avoir d’amis proches. « Nous devons aider nos jeunes à comprendre la différence entre la connexion WiFi et la connexion humaine. »


  • Originaire du Québec, Catherine L’Écuyer est docteure en sciences de l’éducation et psychologie.
  • Cultiver l’émerveillement a été publié en huit langues, dans 60 pays.