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Selena Gomez est à prendre au sérieux

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C’est connu, les mélomanes se plaisent à jouer aux médecins légistes lorsqu’il est question de certains genres.

Selena Gomez

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★★★★

Rare

Bien qu’on annonce la mort du ska depuis les années 90, le style musical perdure tant bien que mal (yé !). Alors que le rap est « ze » genre du moment, on l’oppose au rock qui, lui, serait actuellement sur une civière, selon certaines mauvaises langues.

Pendant ce temps, la pop domine toujours. Le succès populaire et critique de Lover (2019), la plus récente offrande de Taylor Swift, en témoigne tout particulièrement. 

Bien qu’il soit évidemment trop tôt pour cerner le son de 2020 (l’esthétique nineties étant à la mode ces jours-ci, peut-on espérer un « retour » du ska ?), Rare de Selena Gomez pointe néanmoins vers une autre fournée pop relevée. 

« N’appelez pas ça un retour »

Près de cinq années après la parution de Revival, un second LP agréable, mais pas si convaincant, la chanteuse et actrice autrefois indélogeable des chroniques à potins poursuit sur sa lancée et livre ici le meilleur album de sa discographie à ce jour. 

Bien que les textes et thématiques sont souvent basiques (en gros : Gomez est en amour avec un tata), les rythmes – pop électro tendance – sont contagieux, l’interprétation est relevée et la réalisation, elle, rentre diablement au poste.

Bref : c’est à écouter... surtout avant que Rare ne devienne barbant tant ses pièces seront diffusées ad nauseam sur les ondes FM au cours de l’année !

Of Montreal

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★★★★

UR FUN

Et de 16 (!) pour la joyeuse bande électro psychédélique d’Athens menée par l’artiste multidisciplinaire Kevin Barnes. Comme annoncé en entrevues, UR FUN se veut un pastiche de la pop eighties à la Cindy Lauper où « chaque pièce pourrait se retrouver à la radio ». C’est donc fromagé à souhait, mais of Montreal évite les pièges de l’ironie et du second degré, et opte plutôt pour une œuvre assumée, captivante et sans temps mort. Un péché mignon en devenir, quoi ! 

UUBBUURRUU

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★★★★

UUBBUURRUU

Trois ans après la parution de son premier maxi, le projet rock montréalais UUBBUURRUU renchérit avec un LP bardé de pièces souvent psychédéliques, mais aussi inspirées du stoner et même du heavy metal d’antan (dans le sens que ça ressemble plus à Black Sabbath qu’à Ghost, mettons). Rassurez-vous, toutefois : bien que les gars d’UUBBUURRUU semblent être des fans de musiques des années 70, on va bien au-delà de la nostalgie ou du calque ici. C’est très bon, bref. À écouter, de préférence, avec une veste en jeans et le poing levé. 

Alex Météore

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★★★

Notre histoire n’est plus qu’un jeu de mémoire

Avant même la parution de ce premier maxi, l’auteur-compositeur-interprète se faisait remarquer auprès du grand public via sa participation, en 2018, à La Voix, puis l’année suivante à titre d’artiste à surveiller, selon le réseau IHeartRadio. Qu’en est-il alors ? Alex Météore fait notamment écho à Louis-Jean Cormier avec sa première offrande dans son interprétation, mais s’en distingue, musicalement, avec des inclinaisons un brin plus post-rock (oui, oui) et une approche plus pop rock que folk. Sympa, mais aussi diablement sage. À suivre, donc.

Coup de coeur 

AJJ

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★★★½

Good Luck, Everybody

L’Australie brûle, Trump pourrait être réélu et le Canadien n’en finit plus de décevoir ses fans. Un autre indice que 2020 pourrait être cataclysmique ? Même le combo folk punk AJJ semble perdre espoir sur ce septième plus sombre qu’amusant. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas : AJJ pourrait être le fruit d’un « one night stand » entre Mononc’ Serge et Sexe Illegal. Pour revenir à Good Luck, Everybody : si, par le passé, le projet engagé faisait rire jaune, l’album du jour s’avère incroyablement défaitiste. Tellement qu’on s’y enlise par moments (malgré la qualité des textes). Pour fans, surtout.