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La revanche de Rodgers?

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photo d’archives, afp Aaron Rodgers devra dégainer rapidement s’il veut échapper au front défensif vorace des 49ers.

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En 2005, quand Aaron Rodgers avait été ignoré par les 49ers au repêchage, il s’était fait demander à quel point il était déçu. « Pas autant que les 49ers seront déçus de ne pas m’avoir repêché », avait-il déclaré. Aujourd’hui, le quart-arrière des Packers a l’occasion idéale de faire de cette réplique une réalité. La mission s’annonce cependant colossale.

L’histoire est bien connue, les 49ers avaient préféré Alex Smith à Rodgers, qui lui, avait dégringolé jusqu’aux Packers, au 24e rang. Par la brillante carrière qu’il connaît, il a déjà fait regretter aux 49ers leur décision. Mais ce regret prendrait une tout autre dimension s’il leur barrait le chemin vers le Super Bowl.

En réalité, toutefois, les Niners semblent construits à la perfection pour attaquer les Packers là où ça fait mal.

La défensive des têtes fromagées accorde 4,7 verges par portée, tandis que les 49ers montrent la deuxième meilleure attaque au sol du circuit cette saison. Dans leurs 14 victoires en incluant celle en séries, ils ont accumulé au moins 130 verges au sol à huit reprises.

La semaine dernière, c’est Tevin Coleman qui a torturé les Vikings, mais il est facile d’oublier que deux autres membres du champ-arrière, Raheem Mostert et Matt Breida affichent une moyenne supérieure à cinq verges par course. De plus, ils ont les jambes fraîches puisqu’ils se partagent le boulot à trois.

De la pression

Aaron Rodgers demeure un quart-arrière dangereux, mais sa ligne offensive devra le protéger beaucoup mieux que lors de l’humiliant revers de 37-8 subi cette saison face aux 49ers. Ces derniers l’avaient attaqué à souhait avec cinq sacs.

Rodgers, malgré ses immenses qualités, a souvent l’habitude s’accrocher longuement au ballon pour laisser le temps à ses receveurs de se démarquer. Il n’aura pas ce luxe face au front vorace des 49ers.

Les exploits de la ligne défensive des 49ers font presque oublier à quel point la tertiaire a bien joué cette saison. La défensive a effectivement terminé au premier rang contre la passe, mais aussi au premier rang pour les verges par passes complétées, cette unité par les longs jeux, n’ayant accordé que 34 passes de 20 verges ou plus cette saison, le plus bas total dans la ligue.

Si Rodgers et Davante Adams font de la magie, tous les espoirs sont permis pour les Packers. Si toutefois le meilleur receveur de l’équipe est maîtrisé, les autres ne font pas suffisamment la différence.

Et Jimmy ?

Pour plusieurs, le point d’interrogation chez les 49ers réside au poste de quart-arrière. Les 14 revirements dont Jimmy Garoppolo a été responsable laissent perplexe, tout comme son manque d’expérience.

Sauf qu’avec Jimmy G, il faut regarder plus loin que les statistiques du sommaire d’un match. À sept reprises déjà, il a orchestré des poussées victorieuses au quatrième quart. Sur les troisièmes essais, 50 % de ses passes ont résulté en premiers jeux, un sommet chez les quarts-arrières.

À quatre reprises cette saison, les 49ers ont accusé des retards de 10 points ou plus, et trois fois, il a guidé les siens vers la victoire. Garoppolo a le don d’être à son meilleur dans les moments clés. C’est aujourd’hui la plus belle occasion pour faire taire ses détracteurs.

Dans les dix dernières années, sept finales de la conférence nationale ont été décidées par un écart d’une possession et quatre ont nécessité la prolongation. Le suspense devrait encore être au rendez-vous.

PRÉDICTION

  • Packers: 20
  • 49ers: 23

PRÉDICTIONS EN SÉRIES

  • 4 EN 8 (50 %)

TOTAL CETTE SAISON

  • 160 EN 264 (60,6 %)

SAVIEZ-VOUS QUE...

Packers (Green Bay)

En incluant les séries, l’entraîneur-chef Matt LaFleur revendique 14 victoires à sa première année. Dans l’histoire, seuls George Seifert (17 avec les 49ers) et Jim Caldwell (16 avec les Colts) ont fait mieux à leur première année. Les deux avaient atteint le Super Bowl.

Les Packers sont devenus la 49e équipe de l’histoire à présenter une fiche de 13-3 en saison régulière... mais la seule à avoir battu ses rivaux par moins de quatre points par match.

Avec 160 verges dimanche dernier face aux Seahawks, Davante Adams a établi un record de franchise pour un receveur des Packers, eux qui comptent 57 matchs éliminatoires dans leur longue histoire.

49ers (San Francisco)

Kyle Shanahan suit bien les traces de son père, Mike. Les deux forment l’unique duo père-fils d’entraîneurs en chef dans l’histoire à avoir atteint au moins une finale de conférence chacun.

C’est la cinquième fois que les 49ers sont semés numéros un dans la conférence nationale. Ils ont perdu en finale de conférence dans trois des quatre occasions précédentes, mais ont gagné le Super Bowl au terme de la saison de 1994.

Les trois défaites des 49ers cette saison ont été encaissées par une marge minime de 13 points au total.

5 DUELS À SURVEILLER

C’est un duel à saveur historique qui attend les amateurs pour la finale de la conférence nationale entre Packers et 49ers, deux franchises décorées. Les Packers revendiquent quatre titres de champions du Super Bowl, en plus de neuf championnats de ligue au préalable, tandis que les 49ers ont soulevé cinq fois le trophée Vince-Lombardi. Les deux équipes se sont affrontées à sept reprises en séries dans des rivalités épiques, mais une seule fois en finale de conférence, en janvier 1998. Les deux opposants ont marqué à leur façon l’histoire de la ligue et ont soif de redonner à leurs partisans un autre titre. Voici cinq duels qui détermineront qui poursuivra sa route ou non.

1.

Aaron Rodgers

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Richard Sherman

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Il y a longtemps que Rodgers n’a plus besoin de présentations et ceux qui estimaient que le quart-arrière des Packers était en déclin cette saison l’ont vu au summum de sa précision, dimanche dernier. Chez les 49ers, Richard Sherman couvre habituellement la partie gauche du terrain et ne laisse que des miettes. La semaine dernière, Kirk Cousins n’a lancé que trois fois de son côté et l’une de ses passes s’est soldée en une interception. Rodgers sera contraint de regarder davantage de l’autre côté en attaquant Emmanuel Moseley ou Ahkello Witherspoon.

2.

David Bakhtiari

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Nick Bosa

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C’est probablement le duel de la plus haute importance dans ce match. Les 49ers reviennent d’un match de six sacs du quart, dont deux par Bosa, pour amorcer les séries. Même quand Bosa ne se rend pas au quart-arrière, il est constamment dans son visage pour le déranger. David Bakhtiari est un bloqueur d’expérience et de grande qualité, mais Bosa était parvenu à exercer de la pression à six reprises dans le match plus tôt cette saison face aux Packers. La ligne offensive des Packers aura énormément de pression sur les épaules face à la dominante ligne défensive des Niners.

3.

Za’Darius Smith

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Joe Staley

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Depuis son arrivée à Green Bay comme agent libre en mars dernier, Za’Darius Smith a eu un impact monstre. Il s’est établi comme le meilleur chasseur de quarts-arrières de la défensive en plus de s’être imposé comme un leader apprécié en peu de temps. Dans le duel entre les deux équipes cette saison, le vétéran bloqueur des 49ers Joe Staley était absent et Smith en avait profité pour enregistrer 1,5 sac du quart aux dépens de Jimmy Garoppolo. Staley joue en ce moment à son mieux et il a complètement éclipsé Everson Griffen dimanche dernier.

4.

Aaron Jones

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Fred Warner

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Pas un porteur de ballon dans la ligue n’a fait mieux que les 19 touchés (course et passe) d’Aaron Jones pour les Packers. Jones a de plus franchi la barre des 1000 verges au sol pour la première fois et se révèle une menace constante dans le jeu aérien. Au cœur de la défensive des 49ers, Fred Warner, un choix de troisième ronde l’an dernier qui a rapidement pris son envol, est un secondeur très efficace contre la course et multiplie les plaqués match après match. Aaron Jones avait été limité à 2,9 verges par portée en novembre face aux 49ers.

5.

Blake Martinez

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Jimmy Garoppolo

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Les 49ers forment sans doute l’équipe la mieux équilibrée parmi les quatre dans le carré d’as. Plusieurs continuent toutefois de douter du quart Jimmy Garoppolo, qui ne compte qu’un seul départ en carrière en séries et qui a lancé 14 interceptions cette saison en incluant samedi dernier. Si Garoppolo a bien une fâcheuse manie, c’est celle de mal percevoir les secondeurs adverses en couverture au milieu du terrain. Ceux-ci en profitent pour générer des interceptions. En couverture, Martinez a toutefois concédé 58 passes complètes sur 69 lancées vers lui, selon Pro Football Focus.