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Canam redevient québécoise après l’aventure américaine

Le montant de la transaction s’élève à 840 millions de dollars canadiens

Quebec
Photo Stevens Leblanc

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Près de trois ans après avoir accueilli un fonds d’investissement américain comme actionnaire majoritaire, la division canadienne du Groupe Canam est de nouveau la propriété de joueurs québécois.   

L’entreprise beauceronne a annoncé, hier, avoir racheté l’ensemble des parts au Canada du fonds d’investissement American Industrial Partners (AIP).  

Pour y parvenir, la famille Dutil (Placements CMI) s’est associée avec la Caisse de dépôt et placement du Québec et au Fonds de solidarité FTQ.  

La transaction qui s’élève à 840 millions $ CA comprend également l’acquisition de certains actifs du côté des États-Unis. La nouvelle société sera détenue en parts égales par les trois actionnaires.  

« Cela a toujours été le but de redevenir québécois », indique Marcel Dutil, président du conseil d’administration de Groupe Canam. L’entreprise est aujourd’hui dirigée par son fils Marc. « On veut maintenant continuer à prendre de l’expansion », poursuit-il.  

Dès 2020, des investissements de 20 M$ seront entre autres réalisés pour améliorer les installations du fabricant de structures d’acier dans la capitale.  

La nouvelle société détiendra les usines de Canam Bâtiments situées à Saint-Gédéon-de-Beauce, Boucherville, Mississauga et Calgary, et celles de Canam Ponts à Québec, Laval et Shawinigan (TecFab).  

Elle sera aussi propriétaire des bureaux en Roumanie et en Inde, des activités d’installation de Stonebridge au New Jersey ainsi que des actifs de Canam Bridges à Claremont au New Hampshire.   

Mesure temporaire  

En 2017, la direction du Groupe Canam s’était tournée vers le fonds d’investissement privé new-yorkais AIP pour se retirer de la Bourse.   

La firme américaine était alors devenue actionnaire à 60 % du fleuron québécois fondé en 1960. La Caisse, la famille Dutil et le Fonds de solidarité FTQ se partageaient les 40 % restant. L’achat de la totalité des actions représentait une valeur d’environ 875 millions $, incluant la dette. Ce partenariat devait durer entre « cinq et sept ans ».   

Cette stratégie avait aussi été utilisée par la famille Dutil lors de la privatisation, en 2015, du constructeur de semi-remorques Manac.  

Le fonds d’investissement AIP demeurera tout de même copropriétaire avec le trio québécois des filiales Canam Steel Corporation et FabSouth, qui possèdent six usines. Groupe Canam espère aussi un jour racheter ses actifs.  

« Nous n’avons pas acheté ces divisions, car le prix demandé était trop élevé », répond M. Dutil. « Au bon prix, oui, on peut penser qu’on pourrait les racheter au cours des prochaines années », dit-il.  

Canam   

  • 4900 travailleurs, dont environ 2000 au Canada   
  • 25 usines au Canada et aux États-Unis  
  • Des bureaux en Inde et en Roumanie  
  • 2,1 milliards $ de chiffre d’affaires  
  • Siège social à Saint-Georges, en Beauce    

Une participation à un chantier de près de 6 milliards $  

L’usine Canam de Québec qui a participé à la construction de la structure d’acier du pont Samuel De-Champlain, dans la métropole.
Photo Stevens Leblanc
L’usine Canam de Québec qui a participé à la construction de la structure d’acier du pont Samuel De-Champlain, dans la métropole.

Groupe Canam investira 20 millions $ pour moderniser les installations de son usine à Québec. Cet établissement et celui de Laval participeront à la construction du pont de près de 6 milliards $, baptisé Gordie-Howe, qui reliera Windsor, en Ontario, à l’État du Michigan, aux États-Unis.  

« Notre gros projet d’investissement cette année va être à Québec. Il va aussi en avoir à Laval et à Shawinigan », a expliqué au Journal Marcel Dutil, président du conseil d’administration de Groupe Canam.  

Pont Detroit-Windsor  

L’entreprise beauceronne prévoit notamment d’investir entre 7 et 8 M$ pour agrandir ses installations dans la capitale nationale afin de répondre à la demande. Une douzaine de millions serviront également pour l’achat d’équipements.  

« À Québec, nous avons de l’ouvrage pour presque les trois prochaines années », note M. Dutil.   

Le chantier du Groupe Canam pour la construction des pièces de la structure reliant Windsor et Detroit, nommée en l’honneur du légendaire hockeyeur, devrait débuter en mai ou en juin.   

De retour dans les stades  

Par ailleurs, Groupe Canam songe aujourd’hui à se relancer comme chef d’orchestre dans la construction de stades sportifs en Amérique du Nord.  

La compagnie avait abandonné cette avenue en 2017, dans le cadre de la réévaluation de l’ensemble de ses activités aux États-Unis. Des pépins lors de la construction du stade des Falcons d’Atlanta dans la NFL avaient miné les finances de la multinationale.  

« On va sûrement retourner dans la grosse charpente métallique et les stades », confirme M. Dutil. « Notre réputation est toujours excellente. Cela n’arrivera pas demain matin, mais on devrait être là dans les prochaines années », espère-t-il.  

  • Depuis sa fondation, Groupe Canam a participé à la construction d’environ 75 amphithéâtres sportifs.