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Une montre écoresponsable à l’heure de l’environnement

Les Solios sont à 100% écolos, de l’emballage au bracelet en cuir végane

Alexandre Desabrais et Samuel Leroux, les cofondateurs de Solios.
Photo courtoisie Alexandre Desabrais et Samuel Leroux, les cofondateurs de Solios.

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Des montres qui fonctionnent à l’énergie solaire, ça existe déjà. Mais deux entrepreneurs québécois ont poussé le concept d’écoresponsabilité au maximum.

« On exige uniquement des matériaux synthétiques sans polyuréthane, on n’utilise aucun plastique dans le transport des pièces et nos emballages doivent être en carton réutilisable », soutient Alexandre Desabrais, qui a cofondé l’entreprise Solios avec son partenaire d’affaires Samuel Leroux.

Pousse-t-on le concept « vert » un peu trop loin ? Lors de leur première soirée de la campagne de sociofinancement sur Kickstarter, en octobre l’an dernier, les deux Montréalais ont atteint leur objectif de 25 000 $ en trente minutes ! Ils ont aussi vendu 350 montres en moins de 30 jours dans plus de 25 pays à des consommateurs responsables. 

Créer un symbole

« À partir de ce moment, on savait qu’on avait un produit gagnant », dit Alexandre Desabrais.

« Le but était de construire un symbole de consommation responsable. Plus personne n’a besoin d’une montre puisqu’on a tous des téléphones cellulaires qui indiquent l’heure. Mais des gens payent quand même des milliers de dollars pour une Rolex, par exemple. Pourquoi ? Parce que ça représente un symbole de réussite ou de performance. On souhaite créer un symbole aussi fort, mais de consommation responsable », explique-t-il. 

Les montres électroniques au mouvement Quartz exigent un changement de pile chaque deux ans en moyenne. Cela entraîne la production de plus de 300 millions de piles par année. Avec le mouvement solaire, une montre peut donc éliminer la production de 20-25 piles par montre.

« On est des gars d’affaires à la base et on avait une passion pour les montres, qu’on a voulu combiner avec notre conscience environnementale. On était tous les deux sur le marché du travail quand on a démarré le projet. Pendant un an et demi, on a travaillé là-dessus matin, soir et week-end. » 

Pour concevoir leur produit, au design chic et minimaliste, les deux entrepreneurs ont dû voyager, parcourir les foires en Europe et à Hong Kong et visiter des fournisseurs potentiels aux quatre coins de la planète. 

Si vous voulez démarrer votre propre marque de montre, ce n’est pas très difficile, explique Alexandre Desabrais. Il suffit d’aller sur Ali Baba ou dans des foires pour rencontrer un producteur de montres, et y apposer votre logo. Deux mois plus tard, on vous livre un gros inventaire. 

Dur, dur, d’être écolo !

Mais créer une montre avec des matériaux et des exigences particulières, comme le cuir végane des bracelets des montres Solios ou leur emballage recyclable, peut vite devenir compliqué.  

« On a dépensé des milliers de dollars avec des fournisseurs qui nous ont lâchés en plein milieu, parce qu’on ne rentrait pas dans leur ligne de profitabilité. C’est une industrie mature et les gens savent ce dont ils ont besoin pour faire de l’argent. Changer ces habitudes-là, c’est dur pour eux », dit Alexandre Desabrais.

La prochaine étape : la conquête de l’ouest ! 

« On veut conquérir la Californie. Pour l’instant, 80 % de nos ventes proviennent du Québec. Mais la Californie est un immense marché, où la conscience écologique est semblable à celle d’ici. Et c’est un marché que la planète au complet regarde. Si on peut bien faire les choses là-bas, ça va mettre la table pour le reste ! »