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De Lévis aux Olympiques: Lauriane Genest s'est vite hissée dans l'élite mondiale

Lauriane Genest
Photo Alain Bergeron « Même avant que je ne fasse du patinage artistique, j’avais 2 ans quand mes parents m’ont mis sur des skis alpins. Je descendais les pentes et je savais que j’irais aux Olympiques », se souvient Lauriane Genest, ici à l’entraînement au vélodrome de Milton.

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MILTON | Lauriane Genest s’exerçait encore à perfectionner ses axels en patinage artistique quand elle avait 16 ans. Cinq ans plus tard, seul un imprévu l’empêchera de s’élancer aux Jeux olympiques de Tokyo... sur la piste inclinée du vélodrome.  

L’athlète originaire de Lévis emprunte un parcours peu banal depuis qu’elle s’est initiée au cyclisme — d’abord sur route — en 2015.   

Des aptitudes innées de sprinteuse l’ont propulsée en peu de temps parmi les meilleures spécialistes de la vitesse de la planète, comme le démontre son quatrième rang au classement mondial à l’épreuve du keirin.   

«C’est arrivé vite, mais je n’ai pas l’impression d’avoir sauté des étapes et d’être arrivée trop rapidement où je suis rendue. Ça s’est fait dans l’ordre des choses. Je suis faite pour ce mode de vie», nous disait la cycliste de 21 ans, la semaine dernière, lorsqu’on l’a rencontrée au centre national d’entraînement du vélodrome de Milton, en banlieue de Toronto.   

Conquise par la piste  

On est déjà loin de l’adolescente qui pratiquait le patinage artistique depuis une dizaine d’années et qui commençait à en avoir assez d’un sport qui l’obligeait à chausser les patins même en été.   

À 16 ans, l’achat d’un vélo de route pour aller rouler avec son père allait déterminer son niveau d’intérêt à retourner sur une patinoire. Sa réponse est vite arrivée.   

Au bout d’un premier été en Coupe du Québec, à force de semer la concurrence dans les enjeux marqués d’un sprint, une suggestion de son entraîneur a déclenché quelque chose : « Ça ne te dirait pas d’aller essayer la piste à Bromont ? »   

«À la fin de cette saison-là, on est allé à Bromont et j’ai décidé que la route, ça ne me tentait plus trop!», dit-elle en riant aujourd’hui.   

«Le présent et l’avenir»   

Sa nouvelle carrière s’est emballée dès l’été suivant : après ses premiers championnats nationaux en octobre 2017, elle est passée avec l’équipe canadienne et a terminé quatrième à la vitesse individuelle aux Jeux du Commonwealth en 2018.   

Maintenant à sa deuxième saison en Coupe du monde, son deuxième rang à Cambridge le 8 décembre ainsi que sa médaille d’or aux championnats panaméricains en septembre dernier ont bonifié son statut de championne canadienne au keirin.   

Sa qualification imminente pour les Jeux olympiques a bousculé des échéanciers à Cyclisme Canada.   

«Quand j’ai joint l’équipe nationale, au début, je n’avais vraiment pas ça en tête [les JO de 2020]. Je pensais beaucoup plus à 2024. Mais en voyant où je suis rendue, je sais maintenant que j’ai le niveau pour y aller», estime la Québécoise, qui participera à la dernière Coupe du monde de la saison à Milton, en fin de semaine.   

«Elle représente le présent et l’avenir au Canada», observe Franck Durivaux, entraîneur du sprint de l’équipe canadienne.   

En bonne position pour Tokyo  

MILTON | Ses résultats probants, sa rapide progression et l’opinion favorable qu’elle suscite font de Lauriane Genest une candidate incontournable pour participer aux Jeux olympiques de Tokyo.Affichant de la réserve sur ses chances de se procurer l’un des deux postes féminins aux épreuves de vitesse dont le Canada devrait disposer, la Québécoise est pourtant l’une des deux athlètes ayant contribué à les obtenir.   

Au keirin autant qu’à la vitesse individuelle, le Canada occupe le 5e rang au classement ciblé du top 8 des pays, ce qui assurerait une participation aux Jeux dans chacune de ces deux disciplines.   

Genest se démarque surtout au keirin — deux tours et demi d’une course lancée à 45 km/h après avoir suivi un engin motorisé —, là où elle occupe le 4e rang mondial.   

À la vitesse individuelle, l’Albertaine Kelsey Mitchell est 7e. Or, à moins de performances désastreuses de leur part aux championnats du monde à Berlin, du 26 février au 1er mars, le Canada conservera ces deux acquis.   

Restera ensuite à mettre des noms sur les deux places, mais Lauriane Genest ne jure de rien tant qu’il n’y a pas de confirmation.   

«J’essaie juste d’apprécier l’expérience pour me rendre jusque-là. C’est sûr que si ça ne fonctionne pas et que ça ne s’est pas déroulé comme on le voulait, je serais quand même déçue de ne pas participer aux Jeux», avoue la cycliste.   

Préjugés favorables   

Entre-temps, elle pourra se nourrir de la réponse de l’entraîneur à la piste de l’équipe canadienne, Franck Durivaux, quand on lui a demandé d’identifier les deux cyclistes ayant une longueur d’avance.   

«Pour le moment, ce serait clairement Lauriane et Kelsey si on regarde les résultats», observe-t-il.