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La petite révolution de l’intelligence artificielle dans le monde du travail

La petite révolution de l’intelligence artificielle dans le monde du travail
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Marie-Eve Shaffer - 37e AVENUE

 

On a longtemps brandi l’épouvantail de l’intelligence artificielle (IA), mais il semble que la menace ait été exagérée. La transformation des emplois par l’IA offre aussi de nouvelles possibilités d’innover, croit le professeur de psychologie du travail et des organisations de l’Université de Montréal Jean-Sébastien Boudrias.

« Comme l’Internet, l’IA va modifier nos vies. Elle sera incorporée dans notre travail. Elle le facilitera, mais il y a des aspects qui disparaîtront », détaille ce chercheur qui s’intéresse depuis deux ans aux conséquences de l’implantation de l’IA dans le monde du travail.

Des tâches cléricales ou manuelles facilement automatisables seront confiées à des ordinateurs, ce qui causera la disparition de certains emplois. Dans quelle mesure ? Les chercheurs ne s’entendent pas. Une étude de l’Université d’Oxford, produite en 2014 par les chercheurs Carl Benedikt Frey et Michael A. Osbourn a statué que 47 % des emplois seraient automatisés dans un horizon de dix à vingt ans. Quatre ans plus tard, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) publiait une étude rapportant que 14 % des emplois présentaient un haut risque d’automatisation.

Jean-Sébastien Boudrias convient de son côté que des emplois seront éliminés, mais il pense que l’IA permettra surtout à de nombreux travailleurs d’être plus efficaces. « Elle va supprimer des tâches qui ne sont pas plaisantes à faire et ça va amener de nouvelles possibilités », souligne-t-il. Il donne comme exemple un planificateur financier qui, grâce à des algorithmes, aura rapidement sous la main des analyses exhaustives des marchés. Il pourra ainsi se concentrer à étudier les situations qui n’auront pas été paramétrées par l’IA et à conseiller ses clients.

L’IA ne remplacera pas l’humain, insiste-t-il toutefois. Elle ne pourra pas se substituer aux interactions humaines empreintes d’empathie, de compréhension et d’altruisme.

Dans tous les cas, la programmation entourant l’arrivée de l’IA dans le marché de travail devra nécessairement être faite par un humain. Et les programmeurs devront faire en sorte que l’IA demeure utile pour l’humain, pas asservissante. Ce sera un défi, d’après Jean-Sébastien Boudrias.