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Excursion mortelle en motoneige au Lac-Saint-Jean: deux motoneiges trouvées au fond de l'eau

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Deux motoneiges ont été retrouvées dans l’eau dans le cadre des recherches pour retrouver les cinq touristes français disparus depuis mardi soir au Lac-Saint-Jean.   

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La découverte a été faite dans l'embouchure de la rivière Grande Décharge en fin d'après-midi. Les engins se trouvaient toujours au fond de l'eau en soirée et devraient être extirpés jeudi.  

D'importantes recherches, avec l'aide de plongeurs et de deux hélicoptères, ont été menées toute la journée. Elles devraient se poursuivre toute la nuit, a précisé Béatrice D'Orsainville, porte-parole de la Sûreté du Québec.  

Seules les recherches sous-marines et par hélicoptère seront suspendues dans la soirée et reprendront jeudi.  

Un mort et cinq disparus   

La randonnée a tourné au drame pour le groupe de huit touristes français ainsi que leur guide qui se trouvaient dans un secteur non balisé de Saint-Henri-de-Taillon, au Lac-Saint-Jean.      

Le guide du groupe, un Montréalais de 42 ans, Benoît Lespérance, est tombé à l'eau lorsque la glace a cédé sous le poids des motoneiges, et cinq des huit touristes originaires de France sont portés disparus. Les trois autres sont sains et saufs.                         

Le groupe n’avait «rien de particulier»  

Partis de Saint-Michel-des-Saints lundi matin, les huit motoneigistes français et leur guide, Benoît Lespérance, ont séjourné lundi soir au Relais 22 Milles, non loin de La Tuque. Alexandre, un employé de ce relais, affirme que le groupe n’avait «rien de particulier».                    

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec la porte-parole de la Sûreté du Québec, Béatrice Dorsainville, à l'émission Les Effrontées, sur QUB radio.   

«Ça n’a pas viré de grosse brosse», illustre-t-il, indiquant que les touristes et leur guide se sont couchés assez tôt pour repartir mardi matin vers le Lac-Saint-Jean. Quant au guide Benoît L’Espérance, l’employé du relais affirme que c’était son deuxième passage depuis le début de l’hiver.             

«Un gars ben correct, comme toi pis moi», a simplement mentionné Alexandre. Le groupe a pris la route mardi, vers Roberval puis vers l’Auberge des Îles, à Saint-Gédéon, où ils n’ont malheureusement jamais passé la nuit.            

Photo Agence QMI, Roger Gagnon

La police alertée par deux des touristes  

La police a été alertée par deux des touristes qui venaient de récupérer l'un des leurs dans les eaux glacées. Sa motoneige avait percé la glace alors qu'ils traversaient une zone «hors piste» sur une rivière se jetant dans le lac Saint-Jean, a précisé à l'AFP un porte-parole de la Sûreté du Québec, Hugues Beaulieu.                 

  

ÉCOUTEZ l'entrevue de Marc Thibault, chroniqueur pour le site motoneige.ca et pour le magazine Sports motorisés, sur QUB radio:  

La police et l'armée ont immédiatement été appelées en renfort. Elles ont secouru le guide de l'expédition, qui n’a malheureusement pas survécu.                        

«La Sûreté du Québec, avec ses motoneiges, va continuer à faire une recherche sur des berges, des chalets à proximité, parce qu'il reste la possibilité que [les touristes disparus] aient pu traverser et prendre refuge», précise Hugues Beaulieu, de la Sûreté du Québec.                      

Le porte-parole n'écarte pas la possibilité que ces cinq touristes aient trouvé refuge dans un chalet pendant la nuit, même si cette hypothèse est «assez improbable» selon lui.                        

«Ce secteur ne faisait pas partie d'un sentier balisé, ils étaient en hors-piste», a précisé le porte-parole.                  

Les motoneiges louées par les touristes provenaient de l'entreprise Location de motoneiges Haute-Matawinie, située à Saint-Michel-des-Saints.                   

Le propriétaire, François Laplante, a indiqué que l’entreprise avait uniquement loué les véhicules au groupe de touristes.                  

Photo Agence QMI, Roger Gagnon

«Ce n’était pas un guide de chez nous ni notre organisation qui s’occupaient du voyage», a-t-il brièvement commenté, sans vouloir donner plus d’informations.                  

Recherche du haut des airs  

Mercredi, deux hélicoptères de la Sûreté du Québec décollaient et atterrissaient en alternance pour survoler les lieux du drame, à la recherche d’indices.                

La zone, qui compte plusieurs petites îles, a été survolée à basse altitude, les policiers voulant s’assurer que les disparus n’aient pas trouvé refuge sur l’une de ces étendues de terre.               

Photo Agence QMI, Roger Gagnon

Équipés de puissants appareils photo et de caméras, les policiers ont aussi pris des images du haut des airs afin de pouvoir estimer où les motoneigistes auraient pu sombrer dans les eaux glaciales.               

Deux «zodiacs» de la SQ sont installés sur les berges, en attente d’un signal pour naviguer sur les eaux.           

Photo Agence QMI, Roger Gagnon

«En termes de personnes sur les lieux, c’est difficile à estimer, parce qu’il y a des enquêteurs, des gens dans le poste de commandement mobile, deux personnes dans chacun des hélicoptères, deux équipes de quatre plongeurs, des motoneigistes, des gens de recherche et sauvetage, etc.», explique Béatrice Dorsainville, porte-parole de la SQ.         

Équipe de plongeurs de la SQ
Photo Roger Gagnon
Équipe de plongeurs de la SQ

Au-delà des recherches toujours en cours, il s’agirait de la pire tragédie à survenir selon la Fédération des clubs de motoneigistes (FCMQ) et deux autres sources consultées par Le Journal.   

Voici quelques faits saillants      

  • On recense plusieurs accidents de motoneige avec deux morts, mais très peu de tragédies avec davantage de victimes.   
  • Un accident de motoneige a causé la mort de trois hommes en 2017 au Nunavut.   
  • Selon la FCMQ, le nombre de décès en motoneige est en baisse depuis le lourd bilan de la saison 2014-2015 où il y a eu 35 décès.    
  • On recense 22 morts durant la saison 2018-2019, selon la FCMQ.   
  • En moyenne, 27 motoneigistes sont impliqués dans des accidents mortels chaque saison depuis 2012-2013.   
  • La motoneige est une industrie de 3,27 G $ et l’activité est en augmentation de 5% par année depuis trois ans.   
  • Au Québec, plus de 30 000 touristes viennent chaque année expérimenter la motoneige.      

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean cette saison   

  • Le 29 décembre, un homme de 22 ans est décédé après une embardée en motoneige près de Métabetchouan-Lac-à-La-Croix.   
  • Le 21 décembre, un garçon de 4 ans est happé dans la cour du chalet familial dans les Monts-Valin, au Saguenay.      

Plusieurs touristes français décédés   

  • Le 24 février 2019, une touriste française et son fils de 11 ans se sont noyés en motoneige dans la rivière au Loup, en Mauricie.   
  • Le 8 mars 2018, une touriste française de 25 ans, Marion Rigaut, est morte dans un accident de motoneige à Lac-Beauport.   
  • En mars 2015, Philippe Vincke, un Français de 62 ans, est mort après avoir percuté un arbre avec une motoneige louée à Lac-Beauport.   
  • En février 2009, une touriste française de 32 ans et son amie sont mortes après avoir loué une motoneige à Lac-Beauport. Les voyageuses avaient reçu une « très courte » formation selon le coroner qui conclut à une mort «de nature strictement accidentelle et évitable », notamment en raison de « l’inexpérience de la conductrice ».   
  • En 2005, un touriste français de 51 ans est mort à Rivière-à-Pierre dans Portneuf.       

– Avec la collaboration de Jean-François Racine, de Pierre-Paul Biron et de Nicolas Saillant