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L’environnement, principal risque pour le monde en 2020, selon le Forum Économique Mondial

Quels impacts pour l’économie?

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AFP

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Chaque année, à l’approche des rencontres de Davos, le Forum Économique Mondial publie un rapport portant sur les grands risques qui pèsent sur le monde pour l’année à venir.   

Pour 2020, les feux en Australie et les sermons de Greta Thunberg ne laissent aucun doute; c’est l’environnement qui arrive au premier rang des menaces mondiales.   

  

Des leaders inquiets    

L’étude en question se fonde sur un sondage auquel ont répondu 1047 leaders et jeunes acteurs internationaux dans les milieux politique, économique, intellectuel et associatif. Ces derniers devaient notamment classer les risques selon leur probabilité et leur impact pour les 10 prochaines années.    

Le résultat est sans équivoque. Pour la première fois, le haut de tableau est presque monopolisé par des risques liés au changement climatique. On retrouve ainsi, tant en termes d’impact que de probabilité, le péril de conditions météorologiques extrêmes, de perte de biodiversité et de crises liées à l’eau. Pour les leaders mondiaux, le risque au plus grand impact est l’échec dans l’action pour le climat.    

D’autres menaces impliquent les migrations involontaires, l’instabilité sociale, le vol de données et les cyberattaques.    

À plus court terme, les jeunes acteurs sollicités continuent de voir dans l’environnement un sujet pressant dont l’impact risque d’augmenter dès 2020. Les leaders considèrent que la possibilité de confrontations économiques et de polarisations politiques à l’intérieur des pays précède le climat et annoncent de l’instabilité cette année.    

Alors que des risques interconnectés pèseraient sur le monde, les divisions se creuseraient et empêcheraient de fait la mise en place d’actions collectives.    

Cinq aires d’impact climatique    

Le changement climatique, au-delà de la détérioration de la biodiversité et de la nature, influera également sur le système économique mondial, tant à l’échelle des facteurs de production que dans la vie économique quotidienne des humains.      

Une étude de la firme de conseils McKinsey publiée en janvier rapporte d’importants impacts dans le monde des affaires en se basant sur le scénario le plus risqué de changement climatique.    

Cinq aires d’impact sont recensées qui permettent d’évaluer les répercussions multiples du réchauffement climatique.    

Les conditions de vie et de travail pourraient connaître des perturbations importantes. L’augmentation des températures dans certaines régions affecterait notre capacité à travailler en plein air et risquerait même d’augmenter les vecteurs de maladie et atteindre à notre santé.    

La production agricole serait altérée. Les conditions extrêmes que peut provoquer le réchauffement climatique, allant des températures extrêmes aux sécheresses et aux inondations, risquent d’affecter les récoltes. En parallèle, le changement climatique pourrait améliorer la performance agroalimentaire de certaines régions.    

Les immeubles et actifs physiques qui meublent nos villes et abritent notre économie sont également à risque puisque les conditions météorologiques pourront les endommager davantage, ce qui force à revoir les modalités de leur entretien.    

Plus particulièrement, les infrastructures sous-tendant des services publics pourraient se détériorer et perturber leur fonctionnement. Par exemple, une importante chaleur peut causer une baisse de productivité des systèmes énergétiques. En plus d’une influence directe, les secteurs dépendants de ces services seront affectés.    

La dernière aire d’impact est bien sûr le capital naturel. La destruction de glaciers, de forêts, d’écosystèmes océaniques peut avoir des conséquences irréversibles sur les habitats humains, et donc porter atteinte à l’activité économique.    

Les sociétés les plus à risque sont celles qui sont proches d’atteindre des seuils critiques en matière de climat. L’étude de McKinsey s’intéresse particulièrement à l’Inde, où des centaines de millions d’habitants pourraient souffrir d’éventuelles vagues de chaleur les empêchant notamment de travailler à l’extérieur. Également l’Afrique, où d’importantes incertitudes surgissent pour le système agricole.    

Ainsi, des inégalités persistent, envenimées par le réchauffement climatique.    

La réaction des marchés financiers    

L’économie réagit fortement aux facteurs de risque. Les marchés financiers ont d’ailleurs été bâtis pour gérer un certain seuil de risque qui pourrait éventuellement être dépassé à cause des conditions climatiques.    

À mesure que les risques en lien avec le changement climatique augmentent, la réaction des marchés mondiaux pourrait fortement affecter certaines régions du monde. La hausse pourrait engendrer des conséquences sur l’allocation de capital, ainsi qu’une augmentation des coûts d’assurance.    

Au niveau de la production, les systèmes en place seraient vulnérables. Les chaînes d’approvisionnement par exemple, plus axées sur l’efficacité des processus que sur la résilience des systèmes, pourraient ainsi échouer à affronter les menaces climatiques.    

Des actions à entreprendre       

Les experts de McKinsey proposent de mettre en place des systèmes d’analyse qui prennent plus en compte les facteurs climatiques, tant dans le secteur public que privé. Les sociétés doivent s’adapter plus rapidement et à plus grande échelle au réchauffement, à travers des mesures fondamentales prenant en compte la protection des citoyens et la résilience des infrastructures.    

Au regard de ce diagnostic, 2020 semble être une année charnière pour aborder les grandes menaces de notre temps. S’il n’est pas forcément possible d’effacer les conséquences du changement climatique, des solutions pourraient être implantées afin d’en réduire l’impact sur la vie quotidienne et l’économie. Pour cela, il faudrait s’entendre.    

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