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Péchés d’orgueil

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Ça me fascine à tout coup.  

Souvent, au lieu de faire profil bas, les gens qui ont des squelettes dans le placard cherchent les projecteurs.   

Pensez à Michael Applebaum, par exemple.   

MONSIEUR MAINS BLANCHES  

Lorsque Gérald Tremblay a démissionné de la mairie de Montréal en novembre 2012, à la suite d’allégations de corruption, Michael Applebaum (qui était maire de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâces) a tout de suite sauté dans l’arène pour le remplacer.   

Sa première promesse en tant que premier maire anglophone de Montréal : lutter contre la corruption et rétablir la confiance des électeurs.   

« Je veux effacer cette tache sur notre ville », a-t-il déclaré solennellement.   

On connaît le résultat : arrêté par l’UPAC le 17 juin 2013, il a démissionné de son poste de maire le lendemain.   

Accusé de fraude, de complot, d’abus de confiance, de corruption et tutti quanti, Monsieur « Blanc-comme-neige » a été reconnu coupable de 8 des 14 chefs d’accusation qui pesaient contre lui.   

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Question quiz : pourquoi Michael Applebaum s’est-il présenté maire s’il avait tant de choses à cacher, diantre ?   

C’était quoi, le plan ?   

« La meilleure façon de faire taire les rumeurs est de me présenter comme maire » ?   

Il me semble que c’est le contraire : plus tu recherches l’attention et plus tu te présentes comme un parangon de vertu et d’honnêteté, plus la police a le goût de fouiller dans tes poubelles...   

DES TROUS DANS LE FROMAGE  

Même chose pour Lino Saputo, le Roi du fromage.   

Ça fait des années que des rumeurs circulent sur les liens que monsieur Saputo aurait entretenus avec le crime organisé.   

Au lieu de laisser courir ces rumeurs (qui ne l’ont jamais empêché d’être perçu comme un Grand Montréalais et un Grand Québécois), monsieur Saputo — Dieu sait pourquoi, par vanité, probablement — a décidé de « remettre les pendules à l’heure » en publiant son autobiographie.   

Résultat : des journalistes d’Enquête, à Radio-Canada, ont décidé de voir si le récit de l’homme d’affaires collait aux faits.   

Leur reportage, qui a été diffusé jeudi dernier, pourrait entacher la réputation de monsieur Saputo jusqu’à la fin de ses jours...   

Si monsieur Saputo n’avait pas décidé de raconter sa vie et de mettre sa photo sur la jaquette d’un livre, on l’aurait probablement laissé tranquille.   

AU CENTRE DE LA SCÈNE  

Troisième exemple d’un besoin d’attention qui risque de coûter cher : Jean Charest.   

Aucune accusation n’a été portée contre l’ex-premier ministre.   

Mais disons que ça sent mauvais. Beaucoup de Québécois ont de la difficulté à croire que monsieur Charest n’était pas au courant des initiatives de son bon ami Marc Bibeau.   

Si Jean Charest se lance dans la course à la chefferie du Parti conservateur, il se retrouvera sous les projecteurs et devra répondre aux nombreuses questions que les journalistes rêvent de lui poser depuis des années.   

Qu’un ancien premier ministre du Québec fasse l’objet d’allégations non prouvées est une chose.   

Mais un possible futur premier ministre du Canada ?   

Hmmmm, même les journalistes canadiens-anglais (qui, jusqu’ici, ne s’intéressent absolument pas à monsieur Charest) vont vouloir mettre leur nez là-dedans.   

Pas sûr que ce soit une bonne idée...   

Mais, que voulez-vous, comme dit la Bible : « Vanité, vanité, tout n’est que vanité... »

Édito de Richard Martineau