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Jean Charest : la leçon d’humilité

Jean Charest : la leçon d’humilité
Marc DesRosiers

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Au Québec, l’annonce faite hier par Jean Charest de sa renonciation à se porter candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada, a occupé beaucoup d’espace médiatique.  

Normal. M. Charest, après tout, est un ancien premier ministre du Québec. Qui plus est, il est particulièrement controversé – son long passage au pouvoir de 2003 à 2012 à la tête du PLQ ayant été marqué par plusieurs scandales politiques. 

Qui plus est, Jean Charest est une personnalité publique incontournable qui, au fédéral et au Québec, aura passé un grand total de 28 ans en politique active. Ce qui est vraiment beaucoup.  

D’où le grand intérêt porté ici hier à la fin du suspense. Un suspense qu’il avait créé lui-même à la fin décembre en laissant courir depuis la forte rumeur de sa candidature probable à la chefferie conservatrice. 

Or, Jean Charest est aussi un ex-chef du défunt Parti progressiste-conservateur. N’oublions pas non plus qu’avant, pendant et après le référendum de 1995, il avait même réussi à s’imposer sur la scène pancanadienne comme le nouveau «Capitaine Canada» pourfendant les «méchants séparatistes» sur toutes les tribunes.  

Son succès fut d’ailleurs tel que le PLQ lui-même est allé le chercher à Ottawa en 1998 pour le diriger face au premier ministre péquiste Lucien Bouchard.  

Et pourtant. Et pourtant... 

Ce mardi soir, il fallait quand même chercher longtemps avant de trouver le moindre signe d’intérêt des médias hors Québec envers la décision de Jean Charest de rentrer dans ses terres.  

Même le prestigieux bulletin de nouvelles de 22h00 à la CBC, The National, ne l’a mentionné qu’à 22h25. 

The National avait plutôt ouvert son bulletin sur un long reportage sur les suites de l’immense chute de neige à Terre-Neuve. Puis vinrent des nouvelles du Coronavirus, du couple royal Meghan et Harry, de l’ouverture du procès d’Harvey Weinstein, etc.  

Mais le retrait de Jean Charest? À 22h25, seulement... 

Pour un ex-premier ministre du Québec qui zieutait très sérieusement la chefferie d’un part politique pancanadien, appelons-ça une belle leçon d’humilité.