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La police et l'imam

La police et l'imam

Bloc police policier SPVM
Photo d'archives

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Je dépose ceci ici.   

La fin de semaine dernière, on apprenait que la police de Longueuil avait dépêché un contingent de patrouilleurs pour visiter une mosquée pour se "familiariser avec d'autres réalités". Ils y ont rencontré l'imam Foudil Selmoune.   

Or en 2011, dans un reportage de Radio-Canada, cet imam avait défendu la charia, la lapidation des femmes et l'amputation des voleurs.    

À l'Assemblée nationale, la députée du PQ Carole Poirier avait interpelé le ministre de la sécurité publique. Voci un extrait de leur échange:   

  

Mme Carole Poirier

Mme Poirier: Merci, M. le Président. Alors, lapider une femme ou un homme consiste à tuer une personne reconnue d'adultère. Il s'agit en fait d'un crime planifié et orchestré. Nos lois en vigueur ne prévoient aucune tolérance pour ce genre d'acte criminel. Aucune croyance religieuse, aucune pratique dite culturelle ne peut justifier le meurtre organisé d'une personne.

Or, l'imam Foudil Selmoune, du centre communautaire de Brossard, professe de la façon la plus naturelle qu'il soit que la lapidation des femmes, c'est dans la charia, et je le cite: «Ce n'est pas nous qui nous donnons ce droit, ce sont des lois de Dieu, et on ne peut pas les changer.» Ces paroles incitent à la violence et doivent être jugées comme telles.

Le ministre de la Sécurité publique peut-il nous dire en vertu de quelle loi les propos de M. Selmoune doivent être jugés, celle du Code criminel ou celle de la charia?

Le Président: M. le ministre de la Sécurité publique.

M. Robert Dutil

M. Dutil: Oui, M. le Président. Il est évident que nous condamnons les propos de M. Selmoune, et elles entrent en parfaite contradiction avec nos valeurs québécoises, mais également avec le Code criminel.

(...)

Mme Poirier: Alors, le ministre vient de nous le confirmer, M. le Président. Alors, les paroles de Foudil Selmoune concernant la lapidation et la punition d'un voleur heurtent profondément les valeurs québécoises et sont ni plus ni moins que la justification d'actes criminels condamnables.

Est-ce que le ministre de la Sécurité publique va ordonner la tenue d'une enquête concernant cet imam et intervenir efficacement contre les individus et organisations qui tiennent de tels propos?

Le Président: M. le ministre de la Sécurité publique.

M. Robert Dutil

M. Dutil: M. le Président, comme j'ai eu l'occasion de le mentionner à plusieurs reprises, les forces policières ont toute l'autonomie pour déclencher les enquêtes quand il y a des gestes criminels qui sont commis, ou des paroles criminelles, ou des incitations à la violence. D'ailleurs, sur plaintes de citoyens, en général les forces policières ont le devoir de faire les vérifications qui s'imposent. Ce n'est pas le ministre qui déclare s'il y a enquête ou s'il n'y a pas enquête. Nous, nous avons un code, nous avons des positions, et ce sont les policiers qui sont en droit et qui ont le devoir de faire respecter nos lois. "  

  

Voilà. Je dépose ça ici.   

Et je pose la question: comment est-on passé de 2011, où le ministre dénonce les propos de l'imam à 2020, où la police rend visite à l'imam pour s'abreuver de ses bonnes paroles ?