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Meurtre à Sainte-Foy: accusé d’un autre meurtre

En semi-liberté, l’homme avait le droit de fréquenter des femmes à des fins sexuelles

Eustachio Gallese est accusé du meurtre de Marylène Lévesque, lui qui était en semi-liberté depuis mars dernier, soit 15 ans après avoir commis le meurtre de sa conjointe Chantale Deschesnes en 2004.
Photo Agence QMI, Marc Vallières Eustachio Gallese est accusé du meurtre de Marylène Lévesque, lui qui était en semi-liberté depuis mars dernier, soit 15 ans après avoir commis le meurtre de sa conjointe Chantale Deschesnes en 2004.

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Déjà auteur du meurtre de sa conjointe en 2004, l’homme qui aurait assassiné une jeune femme dans un hôtel de Québec avait la bénédiction de la Commission des libérations conditionnelles pour rencontrer des femmes «afin de répondre à [ses] besoins sexuels».   

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Eustachio Gallese, 51 ans, a été formellement accusé du meurtre au deuxième degré de Marylène Lévesque à la suite de la découverte du corps violenté de la femme de 22 ans mercredi soir à l’hôtel Sépia, dans le secteur de Sainte-Foy.     

La victime, Marylène Lévesque
Photo Facebook
La victime, Marylène Lévesque

 

  

Eustachio Gallese est accusé du meurtre de Marylène Lévesque, lui qui était en semi-liberté depuis mars dernier, soit 15 ans après avoir commis le meurtre de sa conjointe Chantale Deschesnes en 2004.
Photo Agence QMI, Guy Martel

Après l’homicide, l’accusé s’est spontanément rendu à la centrale de police Victoria pour confesser le meurtre.      

Il s’agissait cependant de la deuxième fois qu’Eustachio Gallese se rendait dans un poste de police pour confesser un meurtre. Ce dernier avait violemment assassiné Chantale Deschesnes, sa conjointe de l’époque, en octobre 2004 à Sainte-Foy. Jointe jeudi, la fille de Mme Deschesnes se disait choquée d’apprendre qu’il aurait encore sévi.     

Eustachio Gallese est accusé du meurtre de Marylène Lévesque, lui qui était en semi-liberté depuis mars dernier, soit 15 ans après avoir commis le meurtre de sa conjointe Chantale Deschesnes en 2004.
Photo Agence QMI, Marc Vallières

Crime violent  

Au procès à l’époque, l’accusé disait avoir complètement perdu le contrôle lors d’une dispute avec la victime, qui voulait d’abord s’en prendre à lui avec un marteau. Gallese avait désarmé la femme, puis l’avait frappée avec ce même marteau.      

Poursuivant son élan de violence, le tueur avait ensuite pris deux couteaux de cuisine pour poignarder la victime à deux mains. L’homme de 38 ans à l’époque avait reçu une peine d’emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans.      

Le juge avait parlé d’un meurtre d’une violence inouïe, mais l’accusé avait quand même tenté de renverser le verdict, sans succès, en portant la cause en appel.     

Se montrant coopératif avec les autorités carcérales, Gallese a pu reprendre graduellement sa liberté en 2016 dans le cadre de sorties supervisées.     

En s’appuyant sur un troisième épisode de violence conjugale à l’endroit de la mère de ses enfants, cette fois en 1997, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) avait estimé, en 2007, qu’il représentait «un risque élevé de violence envers une partenaire».     

Son équipe de gestion de cas (ÉGC) avait cependant révisé le risque à «modéré» depuis. En mars dernier, le détenu avait pu bénéficier d’une semi-liberté lui permettant d’habiter dans une maison de transition. Une semi-liberté qui a été prolongée de six mois en septembre.      

Eustachio Gallese est accusé du meurtre de Marylène Lévesque, lui qui était en semi-liberté depuis mars dernier, soit 15 ans après avoir commis le meurtre de sa conjointe Chantale Deschesnes en 2004.
Photo Agence QMI, Guy Martel

Assouvir ses besoins sexuels  

Fait surprenant, l’agente de libération conditionnelle a développé, avec Gallese, «une stratégie [...] afin [qu’il puisse] rencontrer des femmes, mais seulement afin de répondre à [ses] besoins sexuels», est-il écrit dans le rapport de la CLCC.     

En septembre dernier, les commissaires chargés d’évaluer le dossier ont semblé surpris par cette stratégie. «L’audience a permis de réaliser que vous entreteniez, et ce, bien qu’en ayant obtenu l’accord de votre ÉGC, des relations avec des femmes que la commission juge plutôt inappropriées». Les commissaires ont jugé qu’il fallait «réexaminer» cette situation.     

Comparution  

Eustachio Gallese a formellement été accusé de meurtre au deuxième degré jeudi après-midi devant le conjoint de Marylène Lévesque et une douzaine de proches évidemment bouleversés. Plusieurs d’entre eux ont fait la route de Chicoutimi pour assister à la mise en accusation.     

Gallese a quant à lui paru dépourvu, à la limite des pleurs dans la salle de cour. Lorsque son avocat, Me Raynald Beaudry, lui a présenté le chef d’accusation sur un document, ce dernier a tourné la tête en disant, «je ne peux pas...». Il reviendra en cour à la mi-février.     

D’ici là, il lui est impossible de communiquer avec les membres de la famille de la victime ainsi que les employés de l’hôtel.      

Extraits du rapport de la Commission des libérations conditionnelles   

  • «En audience, votre agente de libération conditionnelle a souligné qu’une stratégie a été développée afin que vous puissiez rencontrer des femmes, mais seulement afin de répondre à vos besoins sexuels. Votre ÉGC (équipe de gestion de cas) vous a permis de faire ces rencontres moyennant que vous fassiez preuve de transparence.»     
  • «Cette stratégie de gestion de risque, telle que comprise et présentée en audience, constituait paradoxalement un facteur de risque important et inquiétant.»      
  • «Bien que vous soyez toujours célibataire et que vous disiez ne pas être prêt pour entrer en relation sérieuse avec une femme, vous êtes en mesure d’évaluer efficacement vos besoins.»     
  • «Au moment de votre passage à l’acte (en 2004), vous étiez aux prises avec un problème d’impulsivité, d’agressivité et de faible tolérance à la frustration et au moins une conjointe en avait été victime (en 1997).»