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«Corps célestes»: vivre en venant

«Corps célestes»: vivre en venant
PHOTO COURTOISIE/Valérie Remise

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Venir pour vivre. Vivre pour venir. Le sexe est le catalyseur d’une famille qui se retrouve dans une maison perdue en forêt et dont la quiétude est menacée par la guerre et la fin du monde dans la pièce Corps célestes, présentée au Théâtre d’Aujourd’hui.  

Cette création de Dany Boudreault veut abattre les barrières de la morale et déstabiliser le public en plongeant dans un univers sombre et dénudé où le désir vient combler l’abîme. La mise en scène d’Édith Patenaude réussit, dès le début, à installer une ambiance mystérieuse où tout semble pouvoir survenir.  

«Corps célestes»: vivre en venant
PHOTO COURTOISIE/Valérie Remise

Le récit s’articule autour d'une réalisatrice de films pornographiques, interprétée par Julie Le Breton, qui revient chez elle après une longue absence pour voir sa mère paralysée (Louise Laprade). Sur place, elle rencontre sa sœur (Évelyne Rompré), le mari de cette dernière (Brett Donahue) et leur fils (Gabriel Favreau) qui habitent là.  

Tous ces personnages portent en eux une instabilité et une imprévisibilité qui viennent pimenter la première partie de cette production.  

Sensuelle Le Breton  

En tête d'affiche, Julie Le Breton offre une performance sensuelle, sans verser dans l’excès. Elle se glisse dans la peau de cette entrepreneure du sexe qui semble à la fois très détachée vis-à-vis son métier, mais qui reste tout de même enchaînée à ses propres ardeurs.  

À l’opposé, sa sœur dégage une énergie chargée et masculine qui en fait une bombe à retardement. Évelyne Rompré l’incarne à merveille, mais il est inexplicable qu’elle livre ses dialogues en accentuant la prononciation comme si elle montait sur les planches pour la première fois.  

«Corps célestes»: vivre en venant
PHOTO COURTOISIE/Valérie Remise

Brett Donahue campe adéquatement son mari, un père anglophone littéralement castré par la vie, qui n’arrive pas à asseoir son autorité et ses appétits. De son côté, son fils se laisse aller à sa curiosité et ses vulgaires pulsions sans aucune gêne ni peur. Cet électron libre est joué avec conviction par Gabriel Favreau.  

Le texte de Dany Boudreault contient quelques perles et son rythme plaît à l’oreille. La sexualité y est souvent abordée avec intelligence et originalité. La trame se déroule rondement et la mise en scène est pigmentée d’ingéniosités. Toutefois, à force de courir après sa queue, l’histoire s’embourbe dans la vacuité de la libido et l’obsession des protagonistes.  

Les amateurs d’étrangetés et de limites repoussées apprécieront certainement cette pièce. D’autres ressentiront la déception que peut provoquer un coït interrompu ou sans émotion.  

L'œuvre Corps célestes est présentée jusqu’au 15 février au Théâtre d’Aujourd’hui.