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Des rumeurs d’enlèvements d’enfants provoquent des incidents à Libreville

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Des incidents secouent plusieurs quartiers de Libreville depuis jeudi, provoqués par des rumeurs sur une vague d’enlèvements d’enfants fermement démenties par les autorités.  

Des messages sur des kidnappings de mineurs fusent sur les réseaux sociaux depuis plus d’une semaine, ravivant les craintes récurrentes de crimes rituels au Gabon et provoquant la colère des habitants.   

Sur l’un des principaux axes routiers de la ville qui traverse les quartiers populaires de la capitale gabonaise, au niveau du quartier PK7, les habitants avaient organisé des blocages jeudi soir, brûlant des pneus et des poubelles.   

Vendredi après-midi, la gendarmerie avait repris le contrôle de ce quartier, mais de nouveaux blocages avaient été organisés le long de la route, où de la fumée noire s’élevait encore, a constaté un journaliste de l’AFP.   

La gendarmerie du quartier voisin, le PK9, avait fermé ses portes afin d’aller «chercher un homme qui était en train de se faire lyncher par la population, et nous l’avons transporté jusqu’à l’hôpital militaire», selon un officier s’exprimant sous couvert d’anonymat.   

Plus loin, la circulation était totalement bouchée. «Ils ont monté un barrage pour vérifier que personne ne cache des enfants dans les voitures», a expliqué un habitant du quartier.   

«Le Gabon n’est pas un endroit où on peut ramasser des enfants pour faire des crimes rituels», s’emporte David, habitant du PK11 en prenant des gendarmes à partie.   

«Le pouvoir a déjà pillé le pays, qu’il nous laisse notre liberté» de contester, lance une mère de famille à ses côtés.   

Vendredi en fin d’après-midi, des gendarmes continuaient d’arriver, parfois pris à partie par des habitants, arrêtant des camions entiers de manifestants.   

Ne pas céder à la «psychose»  

«Il n’y a pas de vague d’enlèvements d’enfants», a martelé vendredi le porte-parole de la présidence, Jessye Ella Ekogha, lors d’une conférence de presse. Il a appelé «les populations à la responsabilité» et à ne pas céder à la «psychose».    

«Nous comprenons les appréhensions de la population, mais elles sont exacerbées par différentes fausses informations qui circulent sur internet», a-t-il ajouté.   

Les rumeurs concernant une série d’enlèvements d’enfants au Gabon se sont propagées sur les réseaux sociaux, après la disparition, le 12 janvier, d’un garçon de 3 ans prénommé Rinaldi dans un village situé dans le nord du pays.    

Une enquête a été ouverte et est actuellement en cours, a précisé le porte-parole de la présidence, insistant sur le fait que, ces dernières semaines, «une seule plainte a été déposée pour un cas d’enlèvement», celle des parents du «petit Rinaldi».   

Les accusations de crimes rituels prennent régulièrement de l’ampleur au Gabon. En 2012 et 2013, la découverte de plusieurs corps mutilés avait provoqué la colère populaire.   

Début 2019, un homme a été condamné à perpétuité pour meurtre en 2012 et son complice à douze ans de prison pour avoir mutilé le cadavre, les deux criminels ayant reconnu avoir passé un contrat pour «fourniture d’organes humains».