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Fernand Daoust: «le grand champion du français dans les lieux de travail»

Fête Nationale de la Saint-Jean-Baptiste Jacques Parizeau
Photo d'Archives

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Le syndicaliste Fernand Daoust fut «le grand champion» du français sur les lieux de travail, dont il a fait l’un des combats de sa vie, a rappelé son biographe au lendemain de son décès à l’âge de 93 ans. 

• À lire aussi: Le syndicaliste Fernand Daoust meurt à 93 ans 

Ironiquement, même s’il avait été élevé par une mère monoparentale dans l’ancien quartier du Faubourg à m'lasse, à Montréal, puis sur la rue Saint-Denis, on lui trouvait une allure d’aristocrate du fait qu’il parlait un bon français, a rapporté l’auteur de la biographie de Fernand Daoust, André Leclerc, en entrevue. 

Dès ses débuts au sein du mouvement syndical, en 1950, comme militant au Syndicat des chapeliers et puis au Congrès du travail du Canada, Fernand Daoust développe des convictions nationalistes. 

«Il a très vite été choqué de voir que les travailleurs syndiqués québécois étaient souvent obligés de travailler en anglais. Pour lui, ça faisait partie des droits des travailleurs de travailler en français», a expliqué André Leclerc. 

Au moment de son élection à titre de secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), en 1959, Fernand Daoust y fait d’ailleurs adopter une politique de la langue. 

Celle-ci se retrouvera d’ailleurs en substance dans la Charte de la langue française (mieux connus sous le nom de la loi 101) adoptée par le Parti québécois en 1977 et dont les impacts ont été nombreux pour la société québécoise contemporaine. 

«Ses convictions nationalistes et souverainistes, il les a fait partager par ben du monde», a souligné, à juste titre, André Leclerc. 

La même année, Fernand Daoust devenait membre du conseil d’administration de l’Office de la langue française. 

«Évidemment, ce que je retiens de lui, c’est qu’il fut un ardent et fervent défenseur de l’usage de la langue française dans les milieux de travail», a d’ailleurs souligné, en entrevue, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, vendredi. 

«Je trouvais singulier notamment qu’il réfère à l’usage du français comme argument pour réduire la fréquence des accidents de travail», a-t-il noté également. 

Fernand Daoust est mort à l’âge de 93 ans, a annoncé la centrale syndicale jeudi. Celui qui a été secrétaire de la FTQ de 1969 à 1991, avant d’en devenir président jusqu’en 1993, a marqué l’histoire syndicale au Québec. 

Fernand Daoust en quelques dates:  

  • 26 octobre 1926: Naissance, à Montréal 
  • 1950: Commence à militer au sein du Syndicat des chapeliers 
  • 1969: Élu secrétaire général de la FTQ 
  • 1977: Devient membre du conseil d’administration de l’Office de la langue française 
  • 1991: Élu président de la FTQ 
  • 2001: Reçoit le titre de Chevalier de l’Ordre national du Québec 
  • 23 janvier 2020: Décès