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Meurtre d'une travailleuse du sexe à Sainte-Foy: «ça dépasse l’entendement», dit l’ex-juge Nicole Gibeault

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L'ancienne juge Nicole Gibeault ne s’explique pas la décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) qui a autorisé la semi-liberté d’Eustachio Gallese, accusé du meurtre de Marylène Lévesque survenu mercredi soir dans un hôtel de Québec.  

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«Ce cas-là va ébranler la Commission des libérations conditionnelles», a fait savoir vendredi l’ex-juge, en entrevue à TVA Nouvelles, estimant «qu’on l’a échappé».  

Après avoir lu le rapport des commissaires, elle en est venue à cette conclusion. «Ils ont fait leur travail. Le problème, c’est que ce n’est pas nécessairement les commissaires qui l’échappent, mais on a un système qui est peut-être trop permissif pour ce genre de criminel», a-t-elle expliqué.  

«Il faut comprendre qu’on a un type de criminel qui s’en prend à des femmes, qui est violent de façon répétitive sur certaines périodes», a-t-elle poursuivi, soulignant que toxicomanie et drogue étaient aussi liées dans ce dossier.  

Mme Gibeault s’interroge à savoir s’il y a eu une évaluation psychiatrique et psychologique. «Quand on mêle ceci, on peut penser à un problème mental, a-t-elle souligné. Est-ce qu’on a pris toutes les mesures?»  

Eustachio Gallese, 51 ans, était en semi-liberté avec des conditions à respecter depuis mars dernier, soit 15 ans après avoir commis le meurtre de sa conjointe Chantale Deschesnes en 2004. L’homme avait reçu une peine d’emprisonnement à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans.  

Photo Agence QMI, Marc Vallières

Si la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) avait estimé, en 2007, qu’il représentait «un risque élevé de violence envers une partenaire», son équipe de gestion de cas (ÉGC) avait depuis révisé le risque à «modéré».  

L’homme pouvait également rencontrer des femmes, «mais seulement afin de répondre à [ses] besoins sexuels», est-il écrit dans le rapport de la CLCC. Les relations devaient toutefois être déclarées.  

«Ce sont de belles conditions, mais elles ne sont pas encadrées», a déploré l’ex-juge Gibeault, s’expliquant mal comment il était possible de faire cette gestion-là.  

En mars dernier, le détenu avait pu bénéficier d’une semi-liberté lui permettant d’habiter dans une maison de transition. Une semi-liberté qui a été prolongée de six mois en septembre.  

À la question de savoir si Eustachio Gallese était une bombe à retardement, l’ex-juge a répondu: «clairement».  

«On n’enlèvera pas les libérations conditionnelles, mais est-ce qu’on peut les gérer à la pièce sérieusement. [...] On est jamais trop prudent pour ce genre de crime là», a-t-elle ajouté.  

Rappelons que l’accusé s’est spontanément rendu dans un poste de police de Québec pour confesser le meurtre, survenu mercredi soir, à l’Hôtel Sépia, dans le secteur de Sainte-Foy. Il a été accusé de meurtre au deuxième degré, jeudi, au palais de justice de Québec. Marylène Lévesque était travailleuse du sexe.  

Après un troisième épisode de violence conjugale à l’endroit de la mère de ses enfants, en 1997, Eustachio Gallese a violemment assassiné Chantale Deschesnes, sa conjointe de l’époque, en octobre 2004 dans le secteur de Sainte-Foy. Le juge avait alors parlé d’un meurtre d’une violence inouïe.