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Eminem évite (de justesse) un autre moment OK boomer

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En 2018, Eminem dévoilait Kamikaze, un album-surprise au titre équivoque.   

Eminem  

Photo courtoisie

★★★  

Music To Be Murdered By  

En plus de tirer à boulets rouges, le vétéran allait se faire qualifier de papi bourru, voire homophobe, par bon nombre de critiques et, pire encore, par ses congénères. Cerise sur le sundae : il allait mordre à l’hameçon lancé via une « diss track » signée Machine Gun Kelly, un « jeune » rappeur qui ne méritait pourtant pas son attention.Deux ans plus tard, donc, et Eminem dévoile un second LP sans tambour ni trompette au titre — une référence à Alfred Hitchcock — qui ne laisse pas indifférent. Manque-t-il la cible à nouveau ? Oui et non.       

Un peu de tout pour tout le monde  

Encore une fois, Marshall Mathers semble divisé entre Eminem, icône ultra populaire, et Slim Shady, son alter ego scabreux qui se veut plus « underground ».       

Bien qu’un LP hyper grand public (à la Revival [2017], disons) aurait été aussi lourd qu’un album « retour aux sources » où le rappeur ne fait que cracher vacheries et blagounettes adolescentes à vitesse grand V, le dosage des deux pans de sa carrière est tout de même déstabilisant ici.        

Un coup du lapin musical  

Pour chaque Darkness – une pièce à la Stan où il dénonce (maladroitement) le culte des armes à feu et la tuerie de Las Vegas de 2017 —, Eminem glisse également des titres douteux à la Those Kinda Nights qui est – par exemple – 1, paresseusement sexistes (sérieux, c’est vraiment fait que pour « choquer ») et 2, compte sur une participation inutile d’Ed Sheeran (il n’offre pas vraiment de « plus-value » à la chanson outre sa présence).       

On évite donc le marasme de Kamikaze, mais de peu. Pour fans seulement, bref (s’il en reste).       

Mac Miller  

Photo courtoisie

★★★★  

Circles  

Outre le timing qui pue le mercantilisme opportuniste (cet album posthume paraît quelques jours après le 28e anniversaire du rappeur), il y a quand même beaucoup de bien à dire sur ce LP qui devait, à l’origine, compléter Swimming (2018) selon le réalisateur Jon Brion qui a terminé Circles après la mort de l’artiste. Même en faisant fi des circonstances entourant cette production, notons que cet ultime LP de Mac Miller est aussi achevé qu’assumé et boucle Swimming avec une finale sans prétention, sympathique, voire rafraîchissante.       

Wolf Parade  

Photo courtoisie

★★★1/2  

Thin Mind  

Trois ans après Cry Cry Cry, un quatrième album qualifié de retour aux sources pour ces diplomates indie rock du fameux « son de Montréal » du début des années 2000, Wolf Parade opte pour un compromis avec Thin Mind. Au programme, donc, une réalisation irréprochable surplombant pourtant des musiques chargées de claviers qui rappellent les premiers maxis très « fais-le toi-même » du projet. Aussi à noter : une interprétation souvent bien sage du chanteur Spencer Krug. Sans être une daube, évidemment, les moments inspirants sur Thin Mind (comme Forest Green, par exemple) sont cruellement rares.       

Sophie Pelletier  

Photo courtoisie

★★★1/2  

Bye Bye  

Près de trois ans après avoir livré Les météores, un album plutôt pop folk électro éthéré s’insérant bien sagement dans le sillon du moment, l’autrice-compositrice-interprète Sophie Pelletier (connue du grand public pour son passage à Star Académie, notamment) détonne avec ce maxi plus funky. Sûrement la parution la moins collet monté de l’artiste à ce jour, Bye Bye surprend (on ne s’attendait pas du tout à cette nouvelle direction artistique pour madame Pelletier) et « frustre » à la fois (on aurait pu pousser l’exercice de style plus loin sans dénaturer son œuvre). À (re)découvrir, bref !      

Coup de coeur   

Andy Shauf  

Photo courtoisie

★★★★1/2  

Neon Skyline  

Avertissement: cet album ferait, selon une amie, « un effet qui s’apparente — de loin, mais quand même — au sentiment amoureux ». Quelques jours plus tard, je tends l’oreille et dois lui concéder que le second LP du fameux auteur-compositeur-interprète folk saskatchewanais fait bel et bien écho aux bienfaits d’un french de ruelle. Si, musicalement, Neon Skyline est un brin moins étriqué que The Party (2016), les mélodies demeurent charmantes et les textes, eux, toujours aussi happants, tournant tous autour d’une même soirée fatidique dans un bar. Les fans de Paul Simon et d’Avec pas d’casque, notamment, vont adorer.