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Guérison et immersion

Le «road trip» de Philippe Ducros

La cartomancie du territoire
Photo courtoisie, Maxime Côté L’acteur Marco Collin devant les images d’Éli Laliberté dans la pièce La cartomancie du territoire de Philippe Ducros.

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En janvier 2015, Philippe Ducros est monté dans sa voiture pour aller à la rencontre des communautés des Premières Nations de la Côte-Nord, du Lac-Saint-Jean et de la Gaspésie. Un « road trip » qui est devenu un spectacle.

« J’avais travaillé comme un fou. J’étais fatigué et épuisé. On retrouve, dans la spiritualité autochtone, une manière de voir le monde différente qui me fait du bien », a-t-il indiqué, lors d’un entretien téléphonique.

À l’affiche à partir de mardi au Périscope, La cartomancie du territoire se déploie à travers des images tournées par Éli Laliberté, la musique de Florent Volant et avec Marco Collin, Philippe Ducros et Kathia Rock, qui font une prise de parole sous forme de monologues, de dialogues et de réflexions.

Le colonialisme d’ici

« On suit un gars dans un road-trip avec des images extraordinaires des réserves qui défilent sur un écran qui fait toute la largeur de la scène. Les images d’Éli sont belles, et on voit le Québec comme on ne l’a jamais vu. Il y a peu de gens qui sont entrés dans les réserves. C’est très immersif et très envoûtant », a-t-il mentionné.

Après avoir travaillé sur des projets où il a abordé l’occupation de la Palestine et le rôle de minières canadiennes en République démocratique du Congo, Philippe Ducros a eu envie de réfléchir sur le colonialisme qui a eu lieu au Québec. 

« J’avais envie d’en apprendre un peu plus sur ce qui s’est passé sur notre territoire, les génocides commis envers les Premières Nations, et montrer la réalité. Celle d’un gars un peu amoché et fatigué, qui décide d’aller apprendre comment ces gens ont fait pour se décoloniser et se relever », a expliqué l’auteur et metteur en scène.

Philippe Ducros a effectué plusieurs séjours dans les réserves qu’il a visitées pour construire et nourrir La cartomancie du territoire. Il avoue qu’il n’a pas été facile d’amener ces gens à se confier.

« C’était plus simple en Palestine et au Congo. Des portes se sont fermées, lorsque je suis débarqué dans les communautés des Premières Nations. J’étais étiqueté comme la personne venant du système qui a érigé les pensionnats autochtones », a-t-il fait savoir.

  • La cartomancie du territoire est à l’affiche du 28 janvier au 8 février au Théâtre Périscope.