/weekend
Navigation

Inspirée par la beauté du texte

La maladie de la mort
Photo courtoisie Sylvie Drapeau et Paul Savoie se partagent la scène.

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir conquis les spectateurs du TNM en fin d’année avec sa pièce Fleuve, voilà qu’un mois plus tard, l’actrice Sylvie Drapeau, qui multiplie les premiers rôles sur scène, s’apprête à monter sur les planches une fois de plus. Son nouveau défi : faire vibrer les spectateurs avec un texte de Marguerite Duras, qu’elle qualifie d’une très grande beauté et dont l’histoire est des plus sensuelles.

Sylvie Drapeau qui se voit offrir plusieurs rôles au théâtre a le privilège de choisir ses projets. Et c’est sans hésiter qu’elle a accepté la proposition de la metteuse en scène Martine Beaulne de jouer La maladie de la mort, tirée du roman du même nom. « Au départ, ça devait être un solo », explique la comédienne qui a pris part à près de 70 pièces en carrière. 

Le projet a été mis sur la glace en raison de l’actrice française Fanny Ardant qui est venue présenter cette pièce en solo. Les années ont passé et puis la metteuse en scène a eu l’idée d’en faire un duo et c’est Paul Savoie qui jouera l’amant. 

C’est principalement l’écriture de Marguerite Duras qui a attiré la comédienne dans ce projet, texte qu’elle considère admirablement bien écrit et imagé de façon puissante.

« C’est un texte poétique et d’une précision taillée au scalpel, malgré une certaine forme de cruauté », confie l’actrice. « Mais malheureusement, on y observe l’humanité. »

Désir et sensualité

Certes la pièce est d’une très grande sensualité. « Les mots sont tellement forts qu’on n’a pas à jouer la sensualité », fait remarquer Sylvie Drapeau. « Nous serons dans l’évocation sans avoir à faire l’acte. »

Campée en bord de mer, dans un hôtel, on verra deux êtres explorant le désir et toutes ses contradictions envers les sentiments amoureux. Chaque nuit, ils se retrouvent dans la même chambre sur plusieurs semaines. C’est lui qui la paie pour qu’elle le rejoigne, même si elle n’est pas une prostituée. En retour, elle doit accepter ses demandes, tandis que lui cherche à comprendre pourquoi il n’éprouve aucun sentiment. 

« Le Prospero est un endroit intime parfaitement adapté pour présenter ce genre de pièce », illustre-t-elle. « Nous sommes dans un dialogue d’une texture et d’une saveur très intime. »

Incapable d’aimer

« La maladie de la mort, c’est l’homme face à son incapacité d’aimer », explique la comédienne qui ajoute qu’il s’agit d’un homosexuel qui est en admiration devant l’écriture de cette femme qui est auteure. 

« Ce n’est pas dit, mais cette histoire est autobiographique, inspirée de la vie de Marguerite Duras et de son amoureux Yann Andréa, une relation qui a duré plusieurs années », confie la comédienne. 

Il fallait une très belle complicité entre les deux comédiens pour arriver à rendre ce texte. « Ça prenait un comédien apte à faire ressortir la beauté de la langue », souligne Sylvie Drapeau qui a travaillé avec Paul Savoie dans la pièce Richard III de Shakespeare au TNM. 

Et lorsque l’on demande à Sylvie Drapeau quelle sera la prochaine pièce où l’on pourra la voir, elle répond qu’il n’y en a pas pour le moment à son agenda. Elle vient de refuser un nouveau projet théâtral préférant se consacrer à l’écriture de son cinquième roman.

La maladie de la mort

  • Auteure : Marguerite Duras
  • Metteuse en scène : Martine Beaulne 
  • Distribution : Sylvie Drapeau et Paul Savoie
  • Du 28 janvier au 15 février
  • Au Théâtre Prospero