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Quand la musique soigne les maux

DE la musique pour le cerveau
Photo Courtoisie

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La musique peut-elle sauver des vies ? C’est une des questions que s’est posées la réalisatrice Isabelle Raynauld tout au long du tournage de son nouveau documentaire De la musique pour le cerveau

Fruit d’un long travail de recherche qui s’est échelonné sur plusieurs années, ce film qui a pris l’affiche vendredi au Cinéma du Musée analyse les effets thérapeutiques de la musique sur des personnes souffrant de différentes maladies. 

On y voit notamment un bébé prématuré en souffrance qui s’apaise soudainement quand une musicothérapeute lui chante doucement une chanson. Le film nous montre aussi des vétérans de guerre souffrant de stress post-traumatique qui oublient temporairement leurs idées noires en grattant de la guitare ainsi que des survivants de cancers et d’accidents cérébraux vasculaires qui font des progrès étonnants dans leur processus de guérison grâce aux vertus de la musique.  

L’idée de réaliser un film sur ce sujet trotte dans la tête d’Isabelle Raynauld depuis longtemps. La réalisatrice avait déjà abordé des thèmes connexes dans son documentaire Le cerveau mystique (sorti en 2006) qui s’intéressait aux effets de la méditation et de la prière sur nos neurones. 

« Quand j’ai terminé Le cerveau mystique, j’ai eu la malencontreuse idée d’aller patiner avec mes enfants, relate-t-elle en entrevue. Je suis tombée sur la glace et je me suis fait une commotion cérébrale solide. J’ai été en arrêt de travail pendant neuf mois. Ça m’a beaucoup fait réfléchir et une des choses qui m’a aidée à remonter la pente a été la méditation et l’écoute de musique. Dès que j’ai été remise sur pied, l’idée de ce film-là était dans mon cœur. Il fallait juste que je trouve une façon de le réaliser. »

Des bienfaits méconnus

Avec l’aide de quatre étudiants qui ont fait de la recherche pendant quatre ans sur le sujet, Isabelle Raynauld a donc recueilli les témoignages de dizaines de personnes qui ont profité des bienfaits de la musique. Elle a ainsi découvert des histoires qui l’ont bouleversée. 

Difficile en effet de ne pas être ému devant le récit de cette dame américaine qui a reçu un diagnostic de cancer du pancréas il y a une vingtaine d’années. Son médecin lui a prescrit des séances d’écoute de musique pour l’aider à tolérer les traitements de chimiothérapie. Elle est encore là aujourd’hui, alors qu’on ne lui donnait à l’époque que quelques mois à vivre. 

« Je ne voulais pas faire un film sensationnaliste, mais il y a des fois où on était sur le plateau et où je me pinçais tellement c’était émouvant », confie-t-elle.

« Ce sont des histoires qu’on entend, mais on n’y croit pas vraiment tant qu’on n’a pas rencontré les gens qui les ont vécues. Je voulais que mon film aille plus loin que juste dire que la musique pouvait nous faire pleurer ou nous faire du bien. Je voulais vraiment comprendre en termes neurologiques l’effet de la musique sur des gens qui souffrent physiquement ou psychologiquement. »

En tournant le film, elle dit avoir été surprise de constater à quel point les vertus thérapeutiques de la musique étaient méconnues. 

« Ce que je trouve dommage et même inquiétant, c’est que la société occidentale est la seule qui ne se sert pas de la musique pour aider nos patients à mieux tolérer les traitements ou à s’apaiser. Mais pourquoi ? Il n’y a aucun effet secondaire à écouter de la musique et ça ne coûte pas cher. La musique, c’est comme de l’oxygène pour les neurones. Ça aide vraiment à améliorer la plasticité du cerveau et ça régénère les neurones. Ça devrait être prescrit, à la limite, par les médecins. J’ai bon espoir que mon film va permettre aux gens de voir cela différemment. » 

  • Le documentaire De la musique pour le cerveau est présenté cette semaine au Cinéma du Musée.