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Ses réponses passées au peigne fin

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Jean Charest a beaucoup fait parler de lui cette semaine à la suite de l’entrevue qu’il a accordée à Radio-Canada.

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L’ex-premier ministre a affirmé qu’il ignorait les pratiques douteuses de financement sectoriel au sein du parti qu’il dirigeait.  

Il s’est également dit convaincu que son bon ami Marc Bibeau n’exerçait pas de pressions indues sur les patrons de firmes de génie et de construction à qui il sollicitait des contributions politiques. 

Mais surtout, il s’est livré à une attaque en règle contre l’UPAC et ses enquêteurs, qu’il a accusés de se livrer à une « partie de pêche » à son endroit et d’échafauder des théories douteuses.  

Il décline nos demandes 

Il faut savoir que ni M. Charest ni son avocat Michel Massicotte n’ont voulu répondre à nos questions au cours des dernières semaines. Nous les avions également sollicités sans succès, en 2019, dans le cadre de la rédaction de PLQ inc., un livre de notre Bureau d’enquête. 

À défaut de pouvoir interviewer M. Charest, nos journalistes et recherchistes ont analysé les déclarations qu’il a faites à l’animateur Patrice Roy.  

  • Nous avons consulté plusieurs documents inédits de l’enquête Mâchurer. Ils permettent de mieux comprendre l’influence qu’aurait exercée M. Bibeau au sein du gouvernement, selon des témoins qui se sont confiés à la police. 
  • Nous nous sommes rendus à la bibliothèque de l’Assemblée nationale pour consulter des volumes qui font plusieurs centaines de pages. Ils contiennent les rapports de financement des partis politiques au fil des années. 
  • Nous avons revisité les dizaines de témoignages publics de la commission Charbonneau, ainsi que le rapport final. 
  • Nous avons consulté des archives qui remontent à 2011 sur des déclarations de Jean Charest en point de presse. 
  • Nous avons consulté le Code criminel et les chefs d’accusation invoqués pour justifier les perquisitions auprès de M. Bibeau.  

Nouvel éclairage 

Qu’avons-nous découvert ?  

Que certaines des affirmations de l’ex-premier ministre sont vraies, mais méritent des nuances. D’autres réponses sont carrément incomplètes. 

Ni Jean Charest ni Marc Bibeau ne font l’objet d’accusations à ce jour, et les allégations présentées par les policiers n’ont pas fait l’objet d’une preuve devant un tribunal.  

Mais les éléments que nous vous présentons dans les pages suivantes jettent un nouvel éclairage sur l’enquête Mâchurer et la sortie publique de cette semaine. 

 

Jean-Louis Fortin, Directeur du Bureau d’enquête