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À glacer le sang

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Je me trouvais sur le bord de mon beau lac Saint-Jean cette semaine alors que les très vaillants policiers de la SQ se trouvaient déjà à fouiller la rivière Grande Décharge pour retrouver les victimes de la terrible tragédie qui s’y est déroulée mardi soir.

De visu, j’ai pu constater que les gens de ma région sont sonnés par ce drame survenu sur notre lac généralement si hospitalier. 

Chez nous, on est fiers de notre accueil et de la beauté de nos paysages, été comme hiver. La dernière chose qu’on veut pour nos visiteurs, c’est qu’ils y trouvent la mort ou le deuil.

Arrachement 

Beaucoup de monde, j’en suis, a initialement cru reconnaître dans cette histoire le fait de villégiateurs inexpérimentés, mal orientés par quelqu’un venu de la ville. À mesure qu’on apprend le récit du drame, on constate qu’il n’en est rien. Non seulement le guide Benoit Lespérance connaissait le territoire, mais il semble qu’il ait trouvé la mort en tentant de sauver ceux dont il avait la responsabilité.

Sur les photos des cinq victimes venues de France, on reconnaît le visage et l’expression de tant d’amateurs de sports motorisés bien de chez nous. 

Que ces amoureux de l’hiver québécois aient connu ici leur fin, ça nous brise le cœur. On voudrait accueillir leur famille comme on l’aurait fait pour leurs hommes, si on ne présumait pas que la simple évocation de notre coin de pays qui leur est lointain rime désormais pour eux avec arrachement. 

À perte de vue 

C’est sans doute en évitant de trop penser à ce drame dont la seule évocation suffit à glacer le sang, mais tout en redoublant de prudence, que les motoneigistes ont continué à arpenter le lac en fin de semaine. Surtout que cette neige à perte de vue, on veut continuer de la faire découvrir au plus grand nombre, en espérant que cela ne rime plus jamais avec tragédie.