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Peter MacKay, le plan B ?

GEN-
Photo capture d'écran, TVA Nouvelles Peter MacKay avec sa famille, lors du lancement de sa campagne pour la direction du Parti conservateur, hier, en Nouvelle-Écosse.

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Vive l’invention du télésouffleur ! Peter MacKay a pu donner l’illusion au Canada anglais qu’il parle français. Mais quiconque a pris la peine d’écouter son discours pour lancer sa campagne à la direction du Parti conservateur est en droit d’avoir de sérieux doutes.

« Je serai candidat à la chefferie. » 

« Nous croyons à une meilleure protection de l’environnement. » 

« Les Canadiens en ont assez d’une diplomatie de façade. »

L’ex-ministre et grand favori a certes offert neuf phrases, bien ciblées pour permettre aux bulletins de nouvelles francophones de passer son message. Mais c’était si laborieux qu’on peine à l’imaginer expliquer le fond de sa pensée sans répéter des lignes apprises par cœur.

Or nous ne sommes plus en 2004, à l’époque où un bilinguisme de façade passait la rampe. Depuis, des leaders anglophones comme Jack Layton, Stephen Harper, Jagmeet Singh, Jason Kenney ont considérablement rehaussé le seuil minimal acceptable.

Et pourtant...

C’est d’autant plus désolant que Peter MacKay a démontré qu’il existe une solution de rechange au conservatisme froid, dogmatique et méfiant de la dernière décennie.

En misant sur les racines immigrantes du Canada, l’importance d’aider les plus vulnérables, le droit pour tous d’aimer qui ils veulent, le cofondateur du Parti conservateur moderne semble s’être libéré de l’ombre que Stephen Harper a fait planer sur sa propre vision politique.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Un Parti conservateur ancré dans la compassion, l’ouverture, la responsabilité fiscale, voilà ce que fait miroiter Peter MacKay. 

Comment appuyer le mariage gai sans s’aliéner l’aile des conservateurs sociaux ? Comment réconcilier protection de l’environnement et pipelines ? Alors qu’au Canada anglais les pressions sont fortes pour que le prochain chef conservateur s’oppose fermement à la loi 21 sur la laïcité, pourra-t-il réconcilier son respect des compétences du Québec avec sa promesse de ne « jamais [exclure] les Canadiens » et de garantir le droit de « prier en toute liberté » ?

Il est là tout le défi de maintenir l’unité du Parti conservateur en essayant d’élargir ses appuis.   

Le dilemme québécois

Pour les conservateurs québécois, le dilemme est donc de taille. Le candidat idéal, bilingue ET progressiste n’est pas en lice. Verront-ils dans Peter MacKay celui qui a enfin les moyens de recentrer le parti et de le libérer du dogmatisme de ses origines réformistes et alliancistes ?

Une chose est certaine, de longs séjours en immersion à Saguenay s’imposeront s’il espère passer un jour le test du Face-à-face et éviter de condamner le PCC à son statut marginal au Québec.