/news/health
Navigation

Coronavirus: 25 échantillons suspects sous analyse

Coronavirus: 25 échantillons suspects sous analyse
AFP

Coup d'oeil sur cet article

TORONTO | Les scientifiques du laboratoire national de microbiologie de Winnipeg analysent présentement 25 échantillons de patients pour vérifier s'ils sont atteints par le nouveau coronavirus, a révélé l'Agence de santé publique du Canada lundi.

Ces échantillons proviennent d'un peu partout au pays, a révélé l'administrateur adjoint de la santé publique, le Dr Howard Njoo, lors d'un point de presse.

«Nous nous attendons à trouver d'autres cas au pays dans les prochains jours», a d'ailleurs reconnu la Dre Theresa Tam, chef de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC). Selon elle, plusieurs provinces enquêtent sur des cas douteux, sans pouvoir préciser lesquelles.

Malgré tout, les autorités assurent que les Canadiens n'ont aucune raison de paniquer. Tout porte à croire que le virus se transmet lors d'un contact prolongé entre un hôte contaminé et une autre personne, par exemple au sein d'une même famille. «Les Canadiens n'ont pas à craindre d'attraper le virus lorsqu'ils sont à l'aéroport ou dans un autre endroit public», a assuré catégoriquement la Dre Tam.

Celle-ci a, malgré tout, invité ses concitoyens à prendre des mesures de précaution de base, comme se laver fréquemment les mains et rester à la maison s'ils sont malades.

Interrogés à l'aéroport

Par ailleurs, les autorités ont indiqué que le quinquagénaire torontois infecté par le virus et sa conjointe fort probablement atteinte par la même maladie avaient été rencontrés par les douaniers à l'aéroport Pearson de Toronto lors de leur arrivée au pays, le 22 janvier.

Le couple de voyageurs arrivait de la ville de Wuhan, considérée comme l'épicentre de l'épidémie du 2019-nCoV. «Ils ont rempli le questionnaire à l'entrée, confirmant qu'ils arrivaient de la région de Wuhan, et ont été questionnés par les agents pour déterminer s'ils avaient des symptômes. Comme l'homme souffrait d'une toux modérée, ils se sont fait dire quoi faire s'il développait des symptômes dans les jours à venir, ce qui leur a permis de contacter les autorités sanitaires rapidement», a expliqué la Dre Theresa Tam.

L'homme avait alerté les autorités sanitaires le lendemain de son arrivée au pays pour révéler qu'il éprouvait des symptômes s'apparentant à ceux causés par le virus. Il avait ensuite été placé en isolement à l'hôpital Sunnybrook de Toronto. Des tests menés au laboratoire de microbiologie de Winnipeg ont ensuite permis de confirmer officiellement qu'il a bel et bien été infecté par le coronavirus.

Sa conjointe, pour sa part, a développé des symptômes quelques jours plus tard, ont dévoilé les autorités sanitaires de l'Ontario lundi matin. «La femme était déjà en isolement chez elle lorsque ses symptômes sont arrivés. Par conséquent, le risque de transmission est faible», a toutefois souligné la Dre Tam. 

Rien à craindre, martèle l'ASPC

Malgré la présence de deux cas de coronavirus à bord du vol CZ311, les autres passagers n'auraient pas grand-chose à craindre.

«Normalement, le mode de transmission [d'un coronavirus], c'est par gouttelette, donc quelqu'un qui tousse, donc pas au-delà de deux mètres», a expliqué le Dr Howard Njoo. Pour cette raison, les autorités sanitaires ontariennes cherchent principalement à contacter les passagers qui se trouvaient tout près du couple dans l'avion.

L'ASPC était toutefois incapable de préciser lundi si ces passagers ont pu être retrouvés et contactés.

Dur d'identifier les malades

La Dre Tam a aussi reconnu qu'il est difficile d'identifier les voyageurs potentiellement malades à leur arrivée au pays. Compte tenu de la période d'incubation du virus évalué à 14 jours, un patient pourrait être contaminé et contagieux, même s'il n'éprouve aucun symptôme.

C'est pour cette raison que les autorités misent avant tout sur leur questionnaire pour identifier les voyageurs provenant de la région à risque de Wuhan. Des ressources additionnelles ont été déployées dans les aéroports de Vancouver, Toronto et Montréal, a souligné l'ASPC.

La Dre Tam a aussi indiqué qu'un comité consultatif spécial fédéral-provincial sur le coronavirus sera mis en place dès mardi pour mieux coordonner les efforts des autorités de la santé au pays face à cette maladie. D'autres questions seront également ajoutées au questionnaire dans les aéroports.

À ce jour, le virus aurait infecté environ 4000 personnes et fait 106 morts en Chine, selon les données fournies par le gouvernement chinois. La maladie s'est propagée ailleurs dans le monde, avec quelques cas recensés notamment en Australie, en France et aux États-Unis.