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Des conservateurs québécois veulent laisser la chance à MacKay de mieux parler français

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OTTAWA | Plusieurs conservateurs québécois s’avouent déçus du piètre niveau de français affiché par Peter MacKay au lancement de sa campagne pour la chefferie du Parti conservateur, mais souhaitent laisser la chance au coureur.  

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«C’est vrai que lorsqu’il a lu son texte [...], c’était boiteux par moments», a convenu lundi le député de la région de Québec Pierre Paul-Hus, qui se range derrière la candidature de M. MacKay.  

Il a toutefois ajouté que M. MacKay, considéré comme le meneur dans la course à la direction du PCC, a fait preuve d’une meilleure maîtrise du français dans les discussions qu’il a eues avec lui en privé.  

Même son de cloche du côté des députés Luc Berthold et Bernard Généreux, qui ont formellement accordé leur appui à M. MacKay lundi. Cet ex-ministre sous Stephen Harper a une longueur d’avance dans la course au leadership, avec une quinzaine de membres du caucus conservateur qui le soutiennent.  

«On a parlé pendant 30 minutes en français sans arrêter et sans hésitation», a insisté M. Berthold, tout en admettant que M. MacKay a des croûtes à manger.  

Le sénateur Claude Carignan parle carrément d’une «dichotomie» entre les capacités que M. MacKay semble avoir dans des discussions «ad lib» et celles qu’il a eues samedi.  

«Je suis un peu estomaqué de voir le français lu dans ses discours, avec des erreurs de structure», a-t-il dit en entrevue. Il relève toutefois qu'Erin O’Toole, qui s’annonce comme le principal adversaire de M. MacKay, doit aussi améliorer son français. Le montréalais d’origine a lancé sa campagne lundi en Alberta.  

La faute de la nervosité?  

Plusieurs députés mettent sur le dos de la nervosité les multiples accrocs à la langue de Molière que M. MacKay a cumulés durant le lancement de sa campagne, samedi, en Nouvelle-Écosse.  

«Certains diront qu’on n’a pas deux chances de donner une première impression, mais je pense que les gens ont le droit d’avoir une chance», a commenté le lieutenant conservateur pour le Québec, Alain Rayes.  

Tous s’entendent pour dire que le véritable test se fera lorsque les candidats devront débattre d’idées en français durant la course au leadership ou en mêlée de presse, quand ils devront répondre du tac au tac aux journalistes.  

Quoi qu’il en soit, le magazine Maclean’s soulignait, lundi, que M. MacKay n’est pas un nouveau venu en politique fédérale et qu’il avait largement eu le temps de peaufiner son français depuis une vingtaine d’années.  

Il a été élu pour la première fois en 1997 et avait accès gratuitement à de vastes programmes de formation dans la langue de Molière. Peter MacLay a été le dernier chef en date du Parti progressiste-conservateur et a orchestré la fusion de la formation politique avec l’Alliance canadienne pour créer l’actuel Parti conservateur.  

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