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Des enjeux délicats pour l’Alzheimer

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Permettre aux personnes atteintes d’Alzheimer d’avoir accès à l’aide médicale à mourir pourrait devenir un casse-tête pour les médecins si les balises de cet enjeu ne sont pas clairement définies.

Lundi, des spécialistes étaient réunis dans le cadre d’un forum pour réfléchir à l’élargissement de l’aide médicale à mourir aux personnes qui seront inaptes à prendre la décision, comme les patients souffrant d’Alzheimer. 

« Juste le fait qu’un patient ne pourra pas revalider son choix, c’est un enjeu éthique », a expliqué la Dre Véronique Chaput, membre du groupe d’experts sur la question de l’inaptitude et l’aide médicale à mourir.

« Un patient apte est souvent ambivalent, imaginez un patient inapte », a-t-elle poursuivi.

Qui va décider que le moment est venu ? Quand le fera-t-il, et comment ? Ces questions refaisaient surface dans chacun des échanges.

Niveau de souffrance

« Qui évaluera que la personne a atteint un nouveau niveau de souffrance pour obtenir ce soin ? Si la famille est impliquée, quels membres seront considérés ? » a demandé Gina Bravo, professeure au département des sciences de la santé communautaire de l’Université de Sherbrooke.

« Il va falloir les directives les plus précises possible. Plus elles seront étoffées et moins les cliniciens auront de difficultés », a affirmé la Dre Chaput.

Débarquée de France la veille, Blandine Prévost, 46 ans, est venue livrer un témoignage-surprise qui a ému l’auditoire. Sans vouloir s’immiscer dans le débat, la mère de trois enfants atteinte d’Alzheimer depuis 10 ans a demandé de penser aussi à ceux qui ne se prévaudraient pas de l’aide médicale à mourir.

« Ça ajoute une pression énorme sur le patient. Une culpabilité de vivre. On en vient à se questionner : comment puis-je continuer à imposer ma dépendance aux soins et ses impacts financiers sur mes proches, alors que je pourrais simplement mourir ? Il ne faut pas devenir un fardeau », a plaidé Mme Prévost.