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N'arrêtez pas de recycler, svp

N'arrêtez pas de recycler, svp

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Malgré les problèmes que traverse le secteur du recyclage, malgré que ce soit imparfait, et malgré la confiance minée des citoyens, la solution n’est pas d’arrêter de recycler.  

J’ai choqué quelques personnes la semaine dernière en déclarant que le recyclage est une solution du 20e siècle. Je persiste et signe : trente ans après ses débuts, le recyclage n’est plus suffisant. Mais cela ne signifie pas qu’il faut arrêter, ça veut dire qu’il faut l’améliorer, et ajouter un paquet d’autres actions afin d’avoir un véritable impact. 

Je tiens toutefois à dire qu’au Québec, nous avons parfois tendance à nous flageller et à dire que nous sommes des pas bons. Le Québec fait très bien en comparaison à bien des états dans le monde.  

Tout n’est pas noir 

Dans les dernières années, le secteur du recyclage a traversé des difficultés importantes, notamment avec la baisse de la demande de la Chine pour notre papier. Les prix ont globalement chuté, mais les dépenses des centres de tri ont augmenté. Vendre des matières issues de nos déchets est devenu globalement moins payant.  

Nous assistons régulièrement à des nouvelles très négatives. La toute dernière nouvelle déprimante en lice : les quatre centres de tri gérés par l’entreprise française TIRU menacent de fermer. Il semble que leurs déboires de TIRU ont tendance à ternir tout le secteur. D’autres entreprises ont un bilan plus reluisant.  

Chez une organisation comme Tricentris, un OBNL qui dessert environ 200 municipalités, on indique que 80% des matières sont vendues. Pas mal, non? Il y a cinq matières traitées par les centres de tri : le papier, qui compose environs 50% de ce qui entre au centre, et qui ne vaut pas très cher; l’aluminium, le métal, plastique et le verre. Ces quatre dernières matières sont avantageuses à recycler et procurent des profits aux centres de tri. Le gros problème parmi les matières recyclables demeure le papier.  

Le gouvernement annoncera bientôt la consigne pour les bouteilles de vin en verre, il s’agit de matières plus rentables dont les centres de tri seront désormais davantage privées. Il faudra voir les impacts que cela aura sur la rentabilité de ces centres.  

Ensuite, il reste le 20% de matières rejetées. Dans cette part, les trois quarts sont composés d’objets ou de matières qui n’ont pas leur place dans le bac au départ. Et même parmi ces matières, certaines ne prendront pas le chemin du site d’enfouissement, par exemple du bois, qui n’est certainement pas une matière recyclable. Même si ce n’est pas au centre de tri à gérer cela, ils ne l’envoient pas dans la dompe ou à l’incinérateur. Le centre de tri va trouver un acheteur et le vendre.   

Réduire  

Nous produisons trop de déchets. Les tablettes d’épicerie sont remplies de produits suremballés : des paquets de biscuits avec trois couches de plastique, des légumes dans des barquettes de styromousse recouverts de pellicule plastique, parfois des matières recyclables, parfois non. 

Il faudra impérativement faire un effort de réduction. Des enveloppes de briques de fromage, des sacs de chips, des barquettes en styromousse, ce sont tous des items non-recyclables.  

On devra réglementer davantage auprès des entreprises, qui choisissent leurs emballages, et il faudra continuer de sensibiliser les citoyens qui choisissent ce qu’ils achètent et ce qui mettent les matières dans leurs bacs. Le centre de tri ne choisit pas ce qui y arrive, mais il est jugé sur ce qui en sort. Il faudra donc faire un meilleur lien entre tous ces acteurs.  

Pourrait-on interdire la vente de produits emballés par des matières non recyclables? Ou encore mieux, obliger les entreprises à s’attacher avec les centres de tri afin de voir ce qui pourrait être recyclé ou non.  

À titre d’exemple, les deux principales entreprises qui font du café en capsule, Keurig et Nespresso, ont eu des discussions avec recyc-Québec et les centres de tri afin de trouver une façon de rendre le recyclage de leurs capsules de café possible. 

Autre exemple, les responsables de Publi-Sac, très critiqué par les temps qui courent, sont allés rencontrer les centres de tri afin de voir comment faciliter le recyclage. Les centres de tri ont ainsi pu leur faire des recommandations afin d’augmenter le taux de succès.  

Il y a une foule d’actions que nous pourrions poser afin de réduire les déchets enfouis, mais arrêter de recycler n’en fait pas partie. Et nous n’avons même pas abordé la question du compostage...