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Couper ou planter des arbres pour sauver la planète?

Joyful handsome man looking at the tree
Viacheslav Iakobchuk - stock.adobe.com

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Qui croire? 

Dans tout ce débat endiablé sur la protection de l’environnement et le réchauffement climatique en général et le rôle des forêts en particulier, nous sommes en présence de deux groupes aux points de vue diamétralement opposés. Il y a, d’un côté, les scientifiques, les écologistes, l’ONU, le poète Richard Desjardins, la jeune militante Greta Thunberg et de l’autre, François Legault et ses ministres de la Coalition avenir Québec (CAQ), le président du Brésil Jair Bolsonaro, le patronat et ses organismes commandités comme l’Institut économique de Montréal (IEDM), l'industrie forestière et aussi Donald Trump qui, récemment au Forum économique mondial tenu à Davos en Suisse, a encore mis certains socialistes radicaux à leur place y allant d’une autre de ses sorties intempestives : «Trump fustige les «prophètes de malheur» devant Greta Thunberg ».  

Alors, qui croire, je vous le demande? Pas facile, n’est-ce pas?  

À Davos, tout le monde à la mode veut planter des arbres 

Dans la même journée, pourtant, un autre article dit le contraire : «À Davos tout le monde veut planter des arbres ».  

Vraiment mêlant de lire ça alors que la CAQ et l’industrie forestière nous disent qu’il faut plutôt couper des arbres et même des forêts pour sauver la planète : «Couper plus de forêts... pour réduire les GES ».  

Selon le patron de l’éditeur de logiciels Salesforce, monsieur Marc Benioff, «les arbres sont l’un des meilleurs moyens de capter le gaz carbonique et d’arrêter les pires effets du changement climatique». À Davos, plusieurs politiciens et gens d’affaires, contrairement à d’autres, croient que planter des arbres sert à compenser les émissions de CO2. Mais attention : couper cent fois plus d’arbres que d’en planter, parfois pour l’apparence et pour se donner bonne confiance, n’est pas la solution et peut servir seulement de diversion qu’ont prévenu les écologistes. Encore plus, lorsque l’on sème des essences à croissance rapide (eucalyptus ou pins) susceptibles de perturber les écosystèmes locaux, incluant l’habitat de nombreux animaux, de plantes et de marécage : «Planter des arbres n’est pas une panacée préviennent les écologistes» (Le Devoir, 22 janvier 2020).  

Pour la CAQ et l’industrie forestière, il faut couper 

Envers et contre bien du monde sérieux, et même à l’encontre de toute logique et du gros bon sens, les forestières et la CAQ maintiennent leur «boutte», tel qu’illustré dans un dossier de deux pages publié dans le Journal de Montréal du 18 janvier dernier intitulé : «Le gouvernement Legault met la scie mécanique dans la protection des forêts ».  

Et du caribou itou. Un texte que je vous invite à lire avec ses sections intitulées : «Couper plus de forêts réduit les GES», dit Dufour (le ministre caquiste des Forêts); «votre gouvernement généreux avec les forestières (et avec d’autres); «L’abandon du caribou»; «Des cadeaux (pas juste à Noël) à des entreprises» et enfin «Le déclin de l’accès au territoire», dorénavant octroyé aux forestières sur le bras des fonds publics et de l’État qui verse chaque année plusieurs millions de dollars pour l’aménagement et l’entretien de grosses routes en forêt, pour le reboisement, pour la formation du personnel, pour l’électricité, etc.   

Le ministre des Forêts Pierre Dufour, comme François Legault d’ailleurs, n’est pas fort pour rédiger des études sérieuses qui viendraient appuyer leurs prétentions parfois suspectes. Ils préfèrent se baser sur les études commandées par l’industrie comme dans le cas du transport par pipeline du gaz naturel obtenu par fracturation en Alberta et de la construction d’une usine de liquéfaction au Saguenay. Le caquiste Pierre Dufour n’aime pas être contrarié. Voilà pourquoi il a qualifié de «torchon» les déclarations de Richard Desjardins pour qui la forêt boréale québécoise est toujours en péril et a vertement critiqué, du haut de son pragmatisme inné et de sa science infuse le scientifique Martin-Hugues St-Laurent, reconnu pour son expertise sur le caribou, qui a osé ne pas penser comme lui et l’industrie. Ça leur apprendra!  

Des études, ça donne quoi? 

C’est par souci de mettre plus d’argent dans les poches des Québécois que souvent la CAQ préfère fonder ses opinions et ses décisions sur les études du patronat plutôt que de faire les siennes. Voici deux exemples juste pour vous : «Caribou : Québec a pris sa décision (de ne pas le protéger) sans étude préalable ».  

Et celle-là émanant du ministre de l’Environnement : «3e lien et environnement : Benoit Charrette n’a pas besoin d’études pour le convaincre ».  

Comme pour GNL, Uber, les coupes à blanc, les pesticides et le troisième lien à Québec, les caquistes et l’industrie nous répètent sans cesse que tout ça c’est bon pour l’environnement. Ça fait même partie de leur notion de développement durable. Même si la CAQ a aussi autorisé la coupe d’arbres sur l’île d’Anticosti, le ministre Charrette tient malgré tout à qualifier ce trésor public «d’aire protégée d’utilisation durable ».  

Pour notre gouvernement caquiste, des coupes à blanc relèvent du concept vert de développement durable. Ce n’est pas comme si la CAQ était la seule à penser que couper beaucoup d’arbres c’est bon pour sauver la planète, qui sera ainsi plus verdoyante pour les générations futures. Le président d’extrême droite du Brésil, le climatonégationniste Jair Bolsonaro, pense comme la CAQ, ce qui l’autorise à varger dans l’Amazonie pour le bien de tous.   

La frime environnementale de la CAQ 

Alors, quand notre premier ministre affirme ceci, il faut en rire : «Legault veut une CAQ «verte», mais (et surtout j’oserais dire) «pragmatique ».  

Et quand le ministre caquiste des Finances, Éric Girard, prétend «qu’il faut reconnaître que les grandes entreprises ont fait un gros effort depuis 1990», il faut se questionner (Le Devoir, 25 septembre 2019). On veut des noms!   

Mes deux meilleurs pour finir sont celles-ci : «L’environnement fait partie de l’ADN de la CAQ, assure le président de l’aide jeunesse ».  

Et «À la CAQ pour défendre l’environnement », les motifs profonds qui ont incité la nouvelle députée Agnès Grondin à se joindre aux caquistes.  

Alors c’est quoi la réponse à ma question : couper ou planter des arbres? Pouvez-vous m’aider à y voir plus clair?