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Un géant québécois des assurances verra le jour

La Capitale et SSQ Assurance veulent fusionner leurs activités d’ici trois ans

Le chef de la direction de La Capitale, Jean St-Gelais, et le PDG chez SSQ Assurance, Jean-François Chalifoux, ont annoncé la fusion, mercredi, dans la capitale nationale. La future entité, dont le siège sera situé à Québec, sera la plus grande mutuelle au pays.
Photo Jean-François Desgagnés Le chef de la direction de La Capitale, Jean St-Gelais, et le PDG chez SSQ Assurance, Jean-François Chalifoux, ont annoncé la fusion, mercredi, dans la capitale nationale. La future entité, dont le siège sera situé à Québec, sera la plus grande mutuelle au pays.

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Un nouveau géant dans le monde de l’assurance verra le jour au Québec. La Capitale et SSQ Assurance souhaitent fusionner leurs activités.

Cette alliance, dont les pourparlers entre les deux directions ont débuté en juin dernier, permettra la création d’une entreprise de plus de 4700 employés avec des actifs sous gestion d’environ 20 milliards de dollars.

La Capitale et SSQ Assurance formeront ensemble, à parts égales, la plus grande mutuelle canadienne avec 3,5 millions de membres et clients. 

Mercredi, les entreprises ont annoncé la nouvelle à leurs employés en précisant que le siège social de la nouvelle compagnie sera à Québec. Elles ont également assuré qu’elles étaient en bonne santé financière.

Le chef de la direction de La Capitale, Jean St-Gelais, et le PDG chez SSQ Assurance, Jean-François Chalifoux, ont annoncé la fusion, mercredi, dans la capitale nationale. La future entité, dont le siège sera situé à Québec, sera la plus grande mutuelle au pays.
Photo Jean-François Desgagnés

Plan d’expansion

Les deux organisations estiment que cette fusion leur permettra d’être plus compétitives et d’investir davantage dans de nouvelles technologies. Elles souhaitent aussi prendre « rapidement » de l’expansion à travers le Canada. 

« Ensemble, nous pourrons mieux faire face aux enjeux de compétitivité, de polyvalence, de main-d’œuvre et de technologies d’aujourd’hui », a indiqué le PDG chez SSQ Assurance, Jean-François Chalifoux. 

« Nos concurrents deviennent de plus en plus grands. On voit aussi de nouveaux joueurs des États-Unis. On peut également anticiper l’arrivée éventuellement d’un Google ou d’un Amazon de l’assurance », poursuit-il.

Le chef de la direction de La Capitale, Jean St-Gelais, et le PDG chez SSQ Assurance, Jean-François Chalifoux, ont annoncé la fusion, mercredi, dans la capitale nationale. La future entité, dont le siège sera situé à Québec, sera la plus grande mutuelle au pays.
Photo Jean-François Desgagnés

Approbations

La Capitale se spécialise, entre autres, dans le secteur de l’assurance de dommages alors que SSQ se spécialise en assurance collective. 

« Ce n’était pas une question de survie, mais les perspectives pour l’avenir étaient beaucoup moins intéressantes sans cette fusion », a indiqué Jean St-Gelais, chef de la direction à La Capitale. Il deviendra président du conseil d’administration dans la nouvelle entité. 

Son vis-à-vis chez SSQ Assurance, M. Chalifoux, conservera le titre de PDG. 

Les deux organisations espèrent avoir complété leur mariage d’ici trois ans.

Mais avant d’aller plus loin, l’alliance doit être approuvée par les autorités réglementaires, comme le Bureau de la concurrence, et des modifications aux lois privées qui constituent les deux mutuelles doivent être apportées.

Pas de licenciements

Quant aux 4700 travailleurs, les patrons des entreprises ne prévoient pas de vague de licenciements. Ils concèdent toutefois qu’un « réaménagement de postes » pourrait être nécessaire dans certains départements.

« Notre objectif est de générer de la croissance et d’assurer la viabilité de nos organisations », avance M. Chalifoux. « Par conséquent, on sera davantage en mode création d’emplois. On anticipe tout de même au cours des prochaines années plus de 500 départs à la retraite », poursuit-il.

Un processus pour déterminer le nom et l’image de la nouvelle entreprise sera prochainement lancé. 

En juin dernier, La Capitale et LEDOR Assurances avaient aussi décidé de regrouper leurs activités.

Quelques statistiques sur la nouvelle compagnie

  • 1er assureur en assurance collective au Québec et 5e au Canada   
  • 3e assureur de dommages au Québec et 13e au Canada   
  • 6e assureur en individuelle au Québec et 7e assureur en individuelle et en épargne au Canada      

La Capitale

  • Fondée en 1960   
  • 2700 employés   
  • Un actif sous gestion de 7,4 milliards $      

SSQ Assurance

  • Fondée en 1944   
  • 2000 employés   
  • Un actif sous gestion de 12 milliards $ 

Les données personnelles de 3,5 millions de clients à protéger

Conscients de la sensibilité des consommateurs pour la protection des données personnelles, La Capitale et SSQ Assurance affirment avoir augmenté les investissements en matière de sécurité depuis la fuite chez Desjardins.

« Maintenant, dans tous nos projets informatiques, le volet sécurité prend davantage de place qu’avant. C’est clair », indique le chef de la direction à La Capitale, Jean St-Gelais.

« C’est certain qu’on va mettre en place dans la nouvelle entité des processus rigoureux pour protéger les renseignements personnels de tous nos clients », ajoute pour sa part le grand patron chez SSQ Assurance, Jean-François Chalifoux.

L’entreprise qui émergera de l’alliance entre La Capitale et SSQ Assurance sera responsable des données de plus de 3,5 millions de personnes au Canada.

Nouvelles technologies

Au cours des cinq prochaines années, la nouvelle compagnie prévoit d’ailleurs injecter « des centaines de millions de dollars » pour développer de nouvelles technologies. 

Et la sécurité sera une priorité, assurent les patrons.

La Capitale prévoit notamment moderniser ses systèmes en assurance de dommages.

Du côté de SSQ Assurance, des investissements devront être effectués pour améliorer les systèmes en assurance collective.

« On fait face à des joueurs avec des moyens. Si on veut demeurer pertinent à long terme, il faut investir », répond M. St-Gelais.

Baisse des prix

Selon les deux dirigeants, cette fusion devrait se traduire pour les clients par des économies lors la signature ou le renouvellement d’un produit d’assurance.

« À court terme, il n’y a rien qui va changer. Par contre, en mettant nos opérations ensemble [...] cela devrait permettre de dégager des économies. En augmentant nos volumes, cela va nous permettre d’offrir des tarifs plus intéressants aux consommateurs que si on demeurait deux organisations séparées », conclut M. St-Gelais.