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La motion en vue de la ratification du nouvel ALENA adoptée

La motion en vue de la ratification du nouvel ALENA adoptée
AFP

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OTTAWA | La motion du gouvernement Trudeau pour le dépôt d’un projet de loi en vue de la ratification du nouvel ALENA a été adoptée aux communes, mercredi. 

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Les élus bloquistes ont voté contre, mais 290 députés ont voté en faveur, permettant ainsi aux libéraux d'aller de l'avant. 

À sa sortie de la Chambre, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet a continué d’exiger une protection supplémentaire pour le secteur de l’aluminium. 

«On souhaite l’adoption du traité, [mais] on souhaite aussi une façon d’assurer en amont une protection équivalente à l’acier pour l'aluminium et il y a des façons de le faire qui ne requièrent pas l’ouverture de l’entente», a-t-il dit, en précisant être en pourparlers avec les libéraux sur une proposition en ce sens. 

Plus tôt mercredi, le parti politique présentait une étude d’impact économique qui soutient qu’un manque de protection pour l’aluminium dans l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) prive le secteur québécois d’investissements de 6,2 milliards $. 

Cette somme équivaut aux montants qui doivent être alloués à six projets de construction d'alumineries au Saguenay-Lac-Saint-Jean et que plusieurs intervenants de la région jugent compromis. Ainsi, on estime que 30 539 emplois directs, indirects et induits sont menacés. 

«Le milieu socioéconomique régional a assez écopé au cours des dernières années. [...] Assez, c’est assez», a lancé le maire d’Alma, Marc Asselin, qui s’est rendu sur la colline parlementaire mercredi au moment du dévoilement de cette étude commandée par le Comité deux villes/deux alumineries et la Société de la Vallée de l’aluminium. 

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Entouré de représentants syndicaux du secteur de l’aluminium et d’autres élus de la région, le maire a rencontré la vice-première ministre Chrystia Freeland et le lieutenant du Québec Pablo Rodriguez. 

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a parlé d’une «rencontre positive» et a précisé que Mme Freeland s’est montrée ouverte à trouver une façon d’assurer une bonne traçabilité de l’aluminium qui entre dans la fabrication de voitures des trois pays signataires de l’ACEUM. 

Les élus municipaux n’ont pas obtenu d’engagements sur papier, mais sont confiants que la discussion se poursuivra avec le fédéral. La mairesse Néron propose notamment qu’Ottawa débloque de l’argent qui dort dans une enveloppe financière octroyée par Ottawa quand l’administration Trump avait imposé une surtaxe sur ses importations canadiennes d’acier et d’aluminium. 

«On demande au gouvernement de rendre disponible ce montant-là au Québec pour pouvoir soutenir de nouveaux projets», a expliqué Mme Néron. 

La nouvelle mouture de l’ALENA vient renforcer les règles d’origine de l’aluminium entrant dans la fabrication des voitures. Le Mexique doit ainsi faire son approvisionnement en Amérique du Nord, à hauteur de 70 %. 

On déplore toutefois qu'un flou demeure dans la définition même de ce qui permet de dire que l’aluminium provient d’Amérique du Nord, alors qu’une clause éclaircit la question pour l’acier. On craint que de l’aluminium acheté au rabais auprès de la Chine, puisse, après une légère transformation, être déclaré de provenance nord-américaine. 

Le lieutenant québécois Pablo Rodriguez a de son côté assuré que les discussions avec les intervenants du secteur de l’aluminium se poursuivront. 

Plus tôt mercredi, le premier ministre québécois François Legault a réitéré son souhait que l’ACEUM soit ratifié rapidement. Il a du même souffle sommé le Bloc québécois de changer de position.