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Déjà 100 jours du gouvernement Trudeau 2.0

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Il y a déjà 100 jours que le premier ministre Trudeau a été réélu à la tête d'un gouvernement minoritaire. Ébranlés par les résultats de l'élection, les libéraux ont dû faire un pas de recul. 

Depuis le 21 octobre, le bilan législatif du gouvernement est maigre et ses réalisations peu nombreuses. La stratégie: se faire oublier pour éviter la critique et changer son image. 

Élu minoritaire, Justin Trudeau dit avoir entendu un message des électeurs, entre autres du Québec. Il a mis un mois avant d'annoncer la formation de son cabinet. Et après avoir rejeté pendant quatre ans la possibilité de nommer un lieutenant du Québec, il a changé d'idée et nommé Pablo Rodriguez à ce poste. 

Le premier ministre a rencontré tous les premiers ministres des provinces et a investi la vice-première ministre de la mission de rebâtir les relations tendues avec les provinces, selon Patrick Taillon, professeur à la faculté de droit de l’Université Laval. 

«C’est une stratégie paratonnerre où la vice-première ministre se retrouve à jouer un rôle considérable qui va, en quelque sorte, protéger le premier ministre si les tensions venaient à s’accroître», explique-t-il. 

La ministre Freeland a pris du galon tout en continuant à gérer les relations avec les États-Unis. C'est elle qui a signé la deuxième mouture du nouvel ALENA, qui n'a toujours pas été ratifié au Canada. 

Mais c'est Justin Trudeau qui a soulevé la colère du président américain après s'en être moqué, lors de son premier voyage à l'international après sa réélection. 

«C’est un hypocrite», avait alors déclaré Donald Trump. 

La tragédie a frappé en début d'année quand 57 Canadiens ont perdu la vie lorsque leur avion a été abattu par deux missiles iraniens. Le premier ministre a promis justice et transparence. 

La démission du chef conservateur Andrew Scheer et la course à la direction du parti ont attiré beaucoup d'attention, mais selon Patrick Taillon, le gouvernement a fait le choix de travailler sans faire trop de bruit. 

«On a l'impression, après 100 jours, que le gouvernement a pris le temps de faire une pause, de se réorganiser et de moins faire parler de lui, se faire oublier dans l'espoir d'atténuer les critiques à son endroit.» 

Jusqu'à maintenant, une seule mesure législative a été adoptée: une baisse d'impôt pour la classe moyenne. 

Maintenant que les travaux à la Chambre des communes ont repris, le gouvernement promet de collaborer avec l'opposition. Il n'aura pas d'autre choix. Il se montre ambitieux en voulant faire ratifier le nouvel ALENA, modifier l'aide médicale à mourir et resserrer le contrôle des armes à feu.