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«La quête d’Albert»: une première bande dessinée jeunesse d’ici primée à Angoulême

«La quête d’Albert»: une première bande dessinée jeunesse d’ici primée à Angoulême
PHOTO COURTOISIE/Dominique Lafond

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Grand honneur pour l’illustratrice québécoise Isabelle Arsenault, qui vient de remporter le Prix des Écoles au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, en France, pour son album «La quête d’Albert», publié aux Éditions de la Pastèque, une distinction remise par des enfants. 

Pour ajouter au prestige, il s’agit de la première fois qu’un titre jeunesse québécois rafle un Fauve au respecté Festival d’Angoulême, Mecque des amateurs de romans graphiques. Et c’est une deuxième récompense pour le Québec toutes catégories confondues à ce même événement, après «Paul à Québec», de Michel Rabagliati, aussi des Éditions de la Pastèque, qui y avait été décoré en 2010. 

Ce sont des tout-petits d’environ 4 à 8 ans, de quatre écoles d’Angoulême, qui ont choisi «La quête d’Albert» parmi une présélection de cinq bouquins illustrés, retenus finalistes pour leur potentiel éducatif et leurs contenus pédagogiques. Le livre est le deuxième tome de la série «La bande du Mile-End», et a été lancé en mai 2019. 

Lire en paix

Jointe au téléphone quelques heures avant que ne soit annoncée la bonne nouvelle à Angoulême, Isabelle Arsenault – qui n’avait pas fait le voyage là-bas pour accepter son Fauve sur place – s’est dite heureuse et surprise d’être ainsi saluée. Elle était étonnée de simplement figurer dans la liste finale des aspirants, elle l’est d’autant plus d’avoir été sacrée gagnante. 

«C’est un festival vraiment important, connu mondialement dans le milieu de la bande dessinée et du livre, et c’est un prix qui donne beaucoup de visibilité», a exprimé la créatrice, fière que soit ainsi remarqué le «message subtil» qu’elle souhaitait transmettre dans «La quête d’Albert», sans y mettre trop d'emphase. 

«La quête d’Albert»: une première bande dessinée jeunesse d’ici primée à Angoulême
PHOTO COURTOISIE/Éditions de la Pastèque

L’histoire, dont elle a imaginé le scénario, est celle du petit Albert, qui se réfugie dans une ruelle pour y lire en paix, inspiré par le paysage d’une plage déployé dans un cadre sous ses yeux. 

«Ça aborde le thème de l’importance de la lecture, de la facilité avec laquelle on peut se plonger dans différents univers juste en ouvrant un livre, a dépeint Isabelle Arsenault. J’aime mettre ça en contraste avec l’omniprésence des écrans. Les livres restent essentiels, et propager le goût de la lecture, c’est quelque chose que je trouve important. Je suis contente que les élèves français aient reconnu ça et adhéré à mon propos, qu’ils s’y soient reconnus. J’aime bien qu’il n’y ait pas trop de technologie dans mes livres, que ça soit intemporel.» 

La dessinatrice est de surcroît émue que ses illustrations aux teintes sobres, dans les tons de noir et blanc, d’orange et de vert menthe, aient triomphé sur d’autres réalisations aux couleurs criardes. 

«Ils ont choisi quelque chose qui est un peu différent de la norme, et ça me touche d’autant plus.» 

Habituée aux éloges, Isabelle Arsenault avait reçu le Prix des libraires du Québec, catégorie 0-5 ans, en 2018, pour le premier tome de «La bande du Mile-End», «L’oiseau de Colette». Vivant de ses crayons depuis bientôt 20 ans avec des ouvrages en français et en anglais, elle a été trois fois lauréate du Prix littéraire du gouverneur général en illustration, et le «New York Times» a répertorié trois de ses œuvres dans sa compilation des meilleurs livres illustrés de l’année. Elle figure en outre sur la courte liste du Prix Hans Christian Andersen 2020, plus prestigieux prix international pour les auteurs et illustrateurs jeunesse, dont les gagnants seront connus le 30 mars.