/news/currentevents
Navigation

Meurtre à Sainte-Foy: «c’est un monstre», dit son employeur

L’employeur d’Eustachio Gallese en veut à celui à qui il avait « donné une chance »

FD-SUSPECT-MEURTRE-QUEBEC
Photo d’archives, Agence QMI Eustachio Gallese lors de sa comparution au palais de justice, la semaine dernière.

Coup d'oeil sur cet article

Le propriétaire du restaurant où travaillait Eustachio Gallese pendant sa semi-liberté regrette d’avoir donné une chance à celui qu’il qualifie aujourd’hui de « monstre ».  

• À lire aussi: Meurtre à Sainte-Foy: Un syndicat et la maison défendent la «stratégie»  

• À lire aussi: Meurtre à Sainte-Foy: appel à la générosité pour les funérailles de Marylène Lévesque  

Luigi Leone, propriétaire du restaurant Parmesan dans le Vieux-Québec, a embauché Eustachio Gallese quelque temps après sa sortie de prison, au printemps 2019.  

  • ÉCOUTEZ Yanick Chicoine, fondateur de l'association des Salons de massages érotiques du Québec, concernant la sécurité des travailleuses du sexe, en entrevue à QUB radio:

Ami de longue date de la famille Gallese, le restaurateur a tout simplement voulu donner une chance à un homme qu’il croyait repentant.    

«Son père était un grand ami. C’est une très bonne famille. J’étais au courant de ce qui s’était passé [le meurtre de Chantale Deschênes], mais je me disais qu’il avait payé sa dette à la société. J’étais prêt à lui donner une chance», raconte M. Leone, qui ne décolère pas depuis qu’il a appris la mort de Marylène Lévesque.   

«Comme on dit en québécois, je suis en beau tabarnak, parce qu’il a trahi ma confiance. [...] C’est un fou, un monstre.»   

Gallese avait été embauché par le Parmesan au printemps 2019 au tout début de sa semi-liberté. Il y travaillait comme serveur. «Au début, tout allait très bien, il avait beaucoup de classe avec les clients», assure Luigi Leone, précisant que ses relations avec les autres employés étaient tout aussi bonnes.   

Payant  

Selon M. Leone, l’accusé aurait travaillé de façon intensive durant la saison estivale. Avec son salaire de base et les nombreux pourboires de la saison touristique, Eustachio Gallese a pu accumuler une somme importante d’argent qui lui aurait permis de fréquenter les salons de massage et d’offrir des cadeaux à Marylène Lévesque.   

«Ce sont de bons emplois. [...] Après environ trois mois, il m’a dit : “Je suis très content, M. Luigi, c’est une vraie mine d’or ici. Je suis rendu avec 15 000 $ à la banque”», se rappelle le restaurateur. «Et moi, j’étais content pour lui. Il se reprenait en main.»   

D’autre part, Gallese avait affirmé devant la Commission des libérations conditionnelles, en mars 2019, posséder une «somme substantielle en banque» et n’avoir aucune dette.   

Les services correctionnels ont également confirmé au Journal que jamais de l’argent public n’avait servi à payer les services sexuels de l’accusé.   

«Le recours à des services sexuels n’est pas une pratique que nous soutenons dans la gestion de cas des délinquants. Par conséquent, ce type de service n’est pas remboursé par le SCC», a indiqué la porte-parole de l’organisme, Véronique Rioux.   

Dépressif  

Si tout allait donc bien à l’embauche de Gallese, la situation aurait changé après quelques mois.   

Son patron est d’ailleurs du même avis que l’ex-conjointe de l’accusé qui confiait au Journal plus tôt cette semaine que l’homme semblait « en grosse dépression ».   

«Il disait souvent qu’il ne dormait pas. Ça arrivait qu’il parte en milieu de service», confie M. Leone, ajoutant que l’homme de 51 ans n’avait pas souvent travaillé au cours des derniers mois.    

«On a tout fait pour l’aider comme son père a pu m’aider par le passé. Je connaissais sa famille et j’étais prêt à lui donner une chance, mais il m’a triché. On a vécu avec un monstre», se désole le restaurateur italien.