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Québec-Lévis: un métro tant qu’à y être!

Francois Bonnardel
Photo d’archives, Simon Clark Le ministre Bonnardel affirmait en juin que le projet avait trois objectifs : « réduire la congestion aux heures de pointe », « favoriser l’utilisation du transport collectif » et « optimiser le transport des marchandises ».

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Rarement promesse électorale aura suscité autant de volte-face.

Elle était formulée ainsi dans la plateforme de la CAQ en 2018 : « La mise en chantier dès le premier mandat d’un troisième lien entre Québec et Lévis ».

Les coûts potentiels en font un dossier d’intérêt national. Normal quand on dépense entre 4 et 11 milliards de dollars (pour l’instant, on ignore les coûts !) des taxes et impôts de l’ensemble des contribuables québécois.

Fini « l’Est »

Hier, donc, le gouvernement Legault a encore une fois changé d’idée sur un aspect clé du projet, le tracé.

Depuis plusieurs années, les ténors de la CAQ dans la capitale le martelaient pourtant. Éric Caire, en 2017 : « On a un préjugé favorable à l’Est. Absolument ». Plus tard, il mettait son siège en jeu : « S’il y a un recul de la CAQ, je démissionne ». (On verra s’il estime que le déplacement du tracé, annoncé hier, constitue un « recul »...)

Discours inaugural de 2018, François Legault se veut créatif. Le troisième lien pourrait être une occasion d’embellir l’île d’Orléans en démantelant « les pylônes d’Hydro-Québec qui défigurent le paysage [en faisant] passer les câbles électriques par le troisième lien ».

Hypothèse rapidement abandonnée puisque techniquement impossible !

Ah oui : le péage a toujours été exclu du projet. Jusqu’au mois d’août, où le ministre François Bonnardel s’est dit « ouvert » à l’idée, malgré des prévisions d’achalandage maigres (10 000 véhicules environ).

De l’Est à l’Ouest

En juin, le gouvernement annonçait officiellement que ce serait un tunnel et qu’il relierait la Rive-Sud de Québec à l’Est, près de l’extrémité de l’île d’Orléans. Mais hier, le gouvernement a confirmé avoir abandonné l’Est : il veut désormais relier les centres-villes de Lévis et de Québec.

On devine pourquoi : les coûts à l’Est, où le fleuve est très large, auraient été prohibitifs.

Entre les deux centres-villes, les « eaux se rétrécissent » et le terrain est plus propice. On ferait des bouches afin de permettre aux piétons, véhiculés par autobus, de sortir à différents endroits.

Exit les autos

Ce scénario semble déjà un peu plus sensé que le machin pharaonique évoqué jadis.

Cependant, puisqu’il demeure autoroutier, il devrait être très large (au moins six voies). Les sorties de tunnel auraient des effets dévastateurs, notamment pour le quartier Saint-Roch déjà affreusement affecté par la folie des autoroutes à Québec. Celle-ci « compte le plus haut ratio de kilomètres d’autoroutes par 1000 habitants au Canada, soit 1,49 km », écrit un expert.

Sur la Rive-Nord, la sortie de tunnel anéantirait le parc Victoria, essentiel lieu de verdure à Québec.

Bref, bonne idée de relier les centres-villes de manière sous-fluviale, mais pourquoi ne pas faire comme à Longueuil ou à Laval : un métro ?

Le ministre Bonnardel affirmait en juin que le projet avait trois objectifs : « réduire la congestion aux heures de pointe », « favoriser l’utilisation du transport collectif » et « optimiser le transport des marchandises ».

Un métro Québec-Lévis permettrait de les atteindre tous sans renier la promesse de 2018. Une dernière volte-face s’impose !