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S’empiffrer à mort

Traditional Lamington cakes or dessert for Australia Day party.
Photo Adobe Stock

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Dimanche dernier, une sexagénaire australienne est morte, non par la faute des feux qui ravagent son pays, mais après avoir tenté de ravir le titre de plus grosse mangeuse de gâteaux lamingtons, dans le cadre d’un concours organisé chaque année par un hôtel de Queensland. 

Le lamington est une friandise typiquement australienne: un gâteau éponge trempé dans le chocolat et saupoudré de noix de coco. 

Cette anecdote qui a fait le tour du monde n’a rien de comique. Cette femme est morte. Après son malaise, l’ambulance a été appelée. Son décès a été constaté sur place. Habituez-vous! Ce genre de nouvelle va se multiplier. Par ailleurs, l’été dernier en Californie, un père de famille de 41 ans est mort étouffé lors d’un concours de gavage de tacos. Il voulait tellement gagner que la nourriture a pris le mauvais chemin, celui des voies respiratoires. 

Épidémie 

Notre époque de surconsommation a donc inventé un nouveau moyen de se noyer, littéralement, dans sa nourriture! 

Nous aimons le gros. Les grosses automobiles. Les grosses maisons. Et trop manger! Ça va ensemble! Ne nous étonnons pas que nos voisins du sud, dont le génie a été résumé par le personnage d’Elvis Gratton avec la formule Think big, soient justement plus volumineux que n’importe quelle autre nation du monde. 

Décadence 

Puisque la mondialisation n’est jamais rien d’autre qu’une américanisation tous azimuts, cette mentalité du «penser gros» se répercute partout sur terre. Par un retournement bizarre de notre psyché, c’est maintenant principalement les pauvres, surtout aux États-Unis, qui souffrent de ces kilos en trop, et les riches qui ont l’obsession de la minceur. 

Bien sûr, ces concours de gavage ridicules, parfois mortels, consistent toujours à s’empiffrer de cochonneries. Imagine-t-on un concours de gavage de luzerne ou de graines pour oiseaux? Ces incidents répétitifs témoignent de notre folie et de notre décadence. Ailleurs, chez les damnés de la terre, pendant les famines, on peine à ingurgiter 500 calories par jour...